Paris Climat 2015 : Conférence au CEREFREA

L’Ambassade de France en Roumanie et le Centre Régional Francophone de Recherches Avancées en Sciences Sociales (CEREFREA) ont organisé le vendredi 3 avril la conférence : « Paris Climat 2015 : les engagements de la France et de la Roumanie face aux défis de la COP21 ».

La conférence a été ouverte par M. François SAINT-PAUL, Ambassadeur de France en Roumanie, Mme Medeea MARINESCU, « Ambassadrice Paris Climat 2015 » pour la Roumanie et M. Ioan PANZARU, directeur du CEREFREA Villa Noël.

A l’occasion de cette conférence, plusieurs experts ont été invités, parmi lesquels Mme Odette TOMESCU-HATTO, chef du Pôle Changement climatique au ministère français des Affaires étrangères et du Développement international, responsable de la coordination interministérielle de la Task Force COP21, Mme Alina BOLDEA, chef négociateur roumain et point de contact national pour la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques au ministère roumain de l’Environnement, des Eaux et des Forêts et M. Narcis JELER, membre de l’équipe de négociations, expert « changement climatique » et conseiller pour les Affaires européennes au ministère roumain de l’Environnement, des Eaux et des Forêts .

M. Alfred VESPREMEANU-STROE et Mme Liliana ZAHARIA, professeurs à la faculté de géographie de l’université de Bucarest ont soutenu une présentation sur "l’impact des changements climatiques en Roumanie : l’enjeu des ressources hydriques et du littoral".

La conférence a bénéficié de la présence d’une soixantaine d’invités, d’analystes et de représentants de la société civile, parmi lesquels le député Remus Cernea, M. Valentin Negoita, président Ecotic, Mme Anca Bolohan, de 0 Waste Europe.


- Lire le discours de l’Ambassadeur de France à l’occasion de cette conférence


- Lire ci-dessous le discours de Mme Medeea Marinescu, ambassadrice « Ambassadrice Paris Climat 2015 » pour la Roumanie :

Mesdames, Messieurs,
Tout d’abord, j’aimerais vous dire que je suis honorée par l’invitation émise par l’Ambassade de France à Bucarest, en la personne de son Excellence Monsieur l’Ambassadeur François Saint-Paul, me proposant de devenir Ambassadrice Paris Climat 2015, d’autant plus que ma relation avec la France, ces dernières années et à travers mon métier, est une relation profonde, respectueuse et durable.
J’ai la chance - à travers ce nouveau « rôle » pour lequel j’ai été choisie - de pouvoir être active, comme l’est de manière évidente une actrice, dans ce processus extrêmement important duquel dépendent avant tout nos vies.
J’ai entendu ces 10 dernières années, des mots très clairs et alarmants lors les discutions qui portent sur le changement climatique, le réchauffement global provoqué par les émanations de gaz à effets de serre, la gestion calamiteuse des ressources naturelles, des ressources d’eau potable en premier lieu, de celle de la production des déchets, de la pollution due à nos infrastructures énergétiques actuelles. J’ai été, comme beaucoup d’entre vous, une simple spectatrice alarmée et désarmée face à cette réalité de plus en plus inquiétante. Alarmée, car depuis quelque temps j’évoluais dans un milieu où j’avais du mal à respirer, alarmée car je ne comprenais pas (tout comme je ne comprends toujours pas) comment faisons-nous pour gaspiller avec une telle nonchalance, nos ressources en eau, en papier (nos arbres, donc notre oxygène) ces ressources essentielles à la vie, comment faisons-nous pour nous noyer avec tant de sérénité dans les émissions toxiques de nos propres voitures, lesquelles bien sûr, nous offrent confort et gain de temps. Alarmée parce que la plupart du temps, je me heurte à cette mentalité de type « après nous le déluge » ou encore « Pourquoi se fatiguer si je suis le seul à le faire ? » … et désarmée car, alors même que nous continuons (que je continue moi-même) cet exercice normaliste et civilisé qui consiste à faire le tri sélectif de mes déchets, utiliser l’eau avec parcimonie (c’est tellement facile de couper l’eau lorsqu’on se brosse les dents) être attentif à ma consommation d’énergie, utiliser ma voiture moins souvent (un véhicule qui pourtant respecte les normes européennes en matière d’émissions CO2), à prendre soin de mon petit coin d’oxygène en face de chez moi en plantant des arbres et les entretenant, mais surtout en enseignant tous ces gestes à mon fils, dans les limites de sa compréhension actuelle, insistant sur le POURQUOI du geste, c’est alors que je réalise la portée infime de ces gestes, véritables petites goutes dans l’océan, que je me demande si ce ne sont pas tout simplement des gestes naïfs destinés à apaiser mes craintes lies à l’avenir de notre planète. Il est certain que pour sauver notre planète d’un désastre écologique, des reformes claires, d’envergure, doivent être menées, au niveau économique, dans le but précis de ralentir le réchauffement global et les dérèglements climatiques, ces réformes ne pouvant être menées que par les organismes et forums habilités à le faire. L’Organisation des Nations Unies a dédiée l’année 2015 à la question des changements climatiques et au réchauffement global. Les Conférences qui se tiendront cette année seront le centre des débats sur les objectifs à atteindre ainsi que des négociations qui porteront sur la mise en application de ce processus complexe par les pays concernés.
Les objectifs de chaque Etat membre ont comme référentiel l’année 1990, et en perspective, l’année 2030. Ceux-ci prévoient :
-  Une diminution des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% ;
-  Augmenter la part des énergies renouvelables afin d’atteindre un seuil de 27% dans la diversité énergétique ;
-  Améliorer le rendement énergétique du pays de 27%, et réduire l’intensité énergétique qui mesure la quantité d’énergie nécessaire pour la production d’une unité de valeur ajoutée, ou son équivalent positif.
Nous ressentons chaque jour un peu plus les effets du changement climatique. Ils influent sur notre santé physique et mentale, sur notre qualité de vie, sur les ressources de nourriture, d’eau, et menacent notre survie sur cette planète. Peut-être avons-nous évolué dans un sens, profitant de tous les avantages de la civilisation moderne, faisant fi du prix à payer. Arrive un moment où nous devons prendre conscience, devenir responsables et solidaires face aux problèmes qui nous concernent tous en égale mesure.
Et moi ? Que puis-je faire en tant que membre de ce système ? Je pourrai attendre le résultat des négociations puis porter un œil critique sur les décisions qui seront prises. Ou bien - comprenant que ces décisions m’impacteront également, moi, nous, vous tous, que NOUS sommes ceux qui devrons les prendre en compte, les appliquer et les respecter par la suite - je peux devenir dès aujourd’hui un membre actif de ce processus, laissant le rôle de simple spectateur alarmé et adoptant celui d’acteur motivé par ma propre conscience. Je crois que chacun de nos gestes, conscients et engagés, afin de protéger l’environnement, peut devenir dans le temps, grâce à la persévérance et à la fermeté de nos démarches, le plus précieux héritage que nous lèguerons à nos enfants.


Galerie photos :
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Mme Medeea MARINESCU, « Ambassadrice Paris Climat 2015 » pour la Roumanie

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M. François SAINT-PAUL, Ambassadeur de France en Roumanie

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Mme Odette TOMESCU-HATTO, chef du Pôle Changement climatique au ministère français des Affaires étrangères et du Développement international

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M. Narcis JELER, membre de l’équipe de négociations, expert « changement climatique » et conseiller pour les Affaires européennes au ministère roumain de l’Environnement, des Eaux et des Forêts

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Mme Liliana ZAHARIA, professeur à la faculté de géographie de l’université de Bucarest

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M. Alfred VESPREMEANU-STROE, professeur à la faculté de géographie de l’université de Bucarest

Dernière modification : 16/11/2016

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