Déclaration du Président de la République au Sommet des pays méditerranéens de l’UE

Athènes, Grèce – Vendredi 9 septembre 2016

LE PRESIDENT : Aujourd’hui nous sommes réunis à Athènes, avec les pays de l’Union européenne qui appartiennent à l’espace méditerranéen. Non pas pour faire une fraction mais au contraire pour en appeler à l’unité de l’Europe.

L’Europe, c’est ce qui fait son sens, comporte des pays qui sont à l’est, au nord et au sud. Ils doivent tous être conscients des enjeux. L’enjeu c’est la protection de nos frontières. Aujourd’hui ce sont les pays du Sud qui en assurent la garantie et qui doivent être donc aidés, renforcés pour justement permettre qu’il puisse y avoir le droit d’asile, mais qu’il puisse y avoir aussi un contrôle efficace de l’immigration, et l’application des accords qui ont été passés notamment avec la Turquie.

Nous sommes réunis aussi parce que les pays d’Europe du Sud sont des pays qui connaissent des situations économiques qui méritent que l’on mette la croissance au coeur des priorités. Je pense à l’Espagne, à l’Italie, à la Grèce mais aussi à la France où nous avons toujours fait prévaloir la priorité de la croissance même si nous respectons un certain nombre de disciplines qui valent pour l’ensemble de l’Europe.
Enfin il y a une troisième dimension. Les pays de l’Europe du Sud sont des pays méditerranéens qui ont conscience que nous devons régler les questions d’immigration en aidant considérablement les pays africains. Je ferai entendre notamment cette voix ici, parce qu’il y a des fonds qui ont été mobilisés, il y a des engagements qui ont été pris, y compris lors de la COP21, et nous devons soutenir le développement de l’Afrique et éviter que les pays qui sont les plus pauvres puissent soutenir des courants migratoires qui seraient au détriment de l’intérêt commun.

Enfin, il y a la question de la lutte contre le terrorisme. Nous savons que non loin d’ici, au Moyen-Orient ou en Afrique, il y a des groupes qui se sont installés - je pense à la Libye, je pense à la Syrie, je pense à l’Irak, mais je pense aussi à l’Afrique de l’Ouest. Ces groupes terroristes qui se sont installés exigent qu’on les combatte et que l’on puisse ensemble nous coordonner pour lutter contre les réseaux qui peuvent à un moment frapper nos pays, et je pense notamment à ce qui s’est produit en France.

Voilà le sens de cette réunion : protéger nos frontières, favoriser la croissance, lutter contre l’immigration mais en même temps faire des politiques de développement, et agir ensemble contre le terrorisme.

Journaliste : Monsieur le Président beaucoup de bonbonnes de gaz ont été retrouvées en France ces dernières heures, quelle est votre réaction là-dessus ?

LE PRESIDENT : Nous avions des informations qui nous ont mis en alerte et conduit à des arrestations, celles qui ont eu lieu hier. Un attentat a été déjoué. Le ministre de l’Intérieur a donné un certain nombre de faits qui étaient incontestables. La justice est saisie, le Procureur de la République fera des déclarations cet après-midi. En tant que Président de la République je veux saluer, féliciter les services de renseignement.
Bien sûr qu’il y a des attentats qui ont eu lieu dans notre pays et qui ont frappé durement, mais il y aussi toute une action silencieuse, efficace, par tous les services de renseignements, par nos policiers, par nos gendarmes, par nos militaires qui font aussi preuve d’une très grande vigilance.

Je veux dire aux Français que nous pouvons agir dans le cadre du droit actuel, compte tenu des moyens que nous avons mobilisés, compte tenu des lois que nous avons pu faire voter, et qui donne à nos services la possibilité justement d’empêcher un certain nombre d’actes.

La vigilance doit être renforcée autant qu’il est nécessaire, cela fait partie bien sûr de l’engagement de l ’Etat, mais de l’engagement de toute la société, parce qu’il faut avoir cette mobilisation, cette conscience et cette vigilance.

Aujourd’hui - sans que nous puissions baisser la garde à aucun moment - il y a là un groupe qui a été annihilé. Mais il y en a d’autres et nous devons à chaque fois pouvoir agir avant qu’il ne soit trop tard. Et c’est ce que nous faisons.

Dernière modification : 23/11/2016

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