Discours à l’occasion de la remise des insignes de Chevalier des Arts et des lettres à Mme Gabriela ADAMESTEANU (le 11 avril 2014)

Chère Gabriela Adamesteanu,

Nous sommes réunis ce soir à la Résidence de France non seulement pour honorer une des voix les plus importantes de la littérature roumaine, romancière, auteure de nouvelles et par ailleurs aussi journaliste, mais également pour vous remercier de l’amitié que vous entretenez depuis longtemps avec notre pays. C’est un grand plaisir pour moi de vous accueillir aujourd’hui, en présence de vos amis et de vos proches. Nous sommes en effet réunis pour vous exprimer la gratitude de mon pays en vous distinguant dans l’Ordre des Arts et Lettres, décoration octroyée par notre Ministère de la Culture. La République française reconnaît ainsi votre talent d’écrivain mais aussi la qualité des liens que vous avez su tisser entre nos deux pays et la grande disponibilité dont vous avez toujours fait preuve lorsqu’il s’est agi de travailler à nos côtés pour une meilleure connaissance de notre littérature en Roumanie, comme vous l’avez fait récemment pour la 1ère édition du Choix roumain du Goncourt..

Née à Targu Ocna, fille d’un professeur d’histoire, diplômée de l’Université de Bucarest en philologie, vous avez d’abord travaillé dans l’édition pendant le régime communiste.
Après la Révolution, vous avez dirigé l’hebdomadaire indépendant de culture politique « Revue 22 », édité par le Groupe pour le Dialogue Social, puis son supplément culturel, « Bucurestiul Cultural ».
En 2002, vous recevez le Prix Hellman-Hammett du journalisme accordé par Human Rights Watch.
Vice-présidente (2000-2004) puis présidente (2004-2006) du Centre roumain du Pen-Club, vous vous êtes successivement rendue au Collège International des traducteurs littéraires à Arles (déc. 2000- jan.2001), à la Maison des Ecrivains Etrangers et Traducteurs littéraires à Saint-Nazaire ( jan.-fevr.2004) et à la Villa Marguerite Yourcenar (sept.-oct.2010) puisque vous parlez couramment le français et êtes aussi traductrice, notamment d’Hector Bianciotti et de Guy de Maupassant
En 2005, vous étiez dans l’équipe des écrivains roumains invités par le Centre National du Livre dans le programme « Belles Etrangères. »
Et, comme je le mentionnais précédemment, en 2013, vous avez été la Présidente d’honneur de la première édition du Prix Goncourt roumain, qui a connu le succès que l’on sait, succès auquel vous avez bien sûr largement contribué.

Vos œuvres de fiction ont gagné les plus importants prix littéraires en Roumanie, ont été constamment rééditées et sont traduites et publiées dans 15 pays (la France mais aussi beaucoup d’autres pays d’Europe ou hors d’Europe, aux Etats-Unis notamment).
Dramatisé pour la scène et monté avec un grand succès au Théâtre Bulandra de Bucharest(1986), votre roman Dimineata pierduta,1984 / Matinée perdue est devenu un grand classique, vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires en Roumanie. Publié par Gallimard en 2005 puis nommé pour le Prix de l’Union Latine (2006), il a reçu un accueil très élogieux de la presse française. Très bien reçu aussi par la critique française, votre roman, Drumul egal al fiecarei zile, Vienne le jour (Gallimard,2009) a été nommé pour le Prix Jean Monnet de Littérature Européenne en 2010.
Le plus récent, Provizorat, 2010/ Situation Provisoire, toujours chez Gallimard, juxtapose les destinées individuelles et l’histoire de votre pays pendant les dictatures.
Je n’épuiserai pas toute votre bibliographie mais je citerai encore un roman, La Rencontre, et deux recueils de nouvelles (Offrons-nous un jour de vacances, et Eté-printemps) où vous mettez en scène les mini-drames d’individus quelconques vivant dans un monde sans horizon. Votre œuvre est saluée par notre pays qui vous invite aux côtés de Norman Manea au Salon du livre de Paris dédié à la Roumanie en Mars 2013
Enfin, j’ai déjà mentionné deux autres talents que vous avez largement manifestés. Traductrice de Maupassant (Pierre et Jean) et de H. Bianciotti (Sans la misericorde du Christ), vous êtes aussi auteur de livres de journalisme, Obsesia politicii, 1995 (Obsession de la politique) et Cele doua Romanii, 2000 (Les deux Roumanies), ouvrages qui vous ont valu des articles élogieux dans d’importantes publications françaises, Le Monde, L’Express, Lire, Le Magazine Littéraire, La Quinzaine Littéraire et j’en oublie certainement…

Chère Gabriela Adamesteanu, pour l’ensemble de votre œuvre, pour votre contribution au rayonnement des arts et des lettres en Roumanie
et dans le monde, pour la créativité artistique qui vous anime en un mot, pour votre talent et aussi, en particulier ce soir, pour toute cette amitié qui vous lie à mon pays, au nom de la Ministre de la Culture, je vous fais Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Dernière modification : 22/04/2014

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