Discours à l’occasion de la remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Mme Alexandra BADEA (26 avril)

Seul le prononcé fait foi

Doamnelor, Domnilor,
Distinși invitați,
Dragi prieteni,

Este pentru mine o mare onoare și o imensă plăcere să vă am ca invitată, dragă Alexandra BADEA, însoțită de familia, de prietenii și de invitații dumneavoastră, dar și de profesioniștii din lumea culturală, mai ales cea a Teatrului, pentru a aduce omagiu carierei dumneavoastră, deja strălucitoare și pentru a vă oferi însemnele de Cavaler al Ordinului Artelor și Literelor.
Dumneavoastră reprezentați în ochii noștri noua generație de talente care constituie în prezent viața culturală și cooperarea artistică între Franța și România.

Exact această vitalitate, această creativitate și această contribuție atât la cunoașterea Franței cât și a României este ceea ce vrem să punem în valoare, în seara aceasta, prin această decorare.

Chère Alexandra BADEA, permettez-moi de retracer un peu votre parcours : vous êtes née en 1980 en Roumanie et vous cultivez aujourd’hui, à 36 ans, la passion à la fois d’un metteur en scène, d’un scénographe et d’un auteur.

Vous avez suivi une formation de metteur en scène à l’Université nationale d’art théâtral et cinématographique Ion Luca Caragiale à Bucarest.
Puis en 2003, vous obtenez un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en Arts du spectacle, à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, sous la direction de l’académicien français Georges BANU, avec la mention très bien.
Et c’est depuis cette période, 2003, que vous vous installez à Paris et que vous décidez de travailler en tant que metteur en scène entre la France et la Roumanie.

Vous monterez ainsi des textes du bien connu Matei Visniec, de Sonia Chiambretto, de Biljana Srbljanovic, de Sarah Kane, d’Igor Bauersima, de Mihaela Michailov, ou encore de l’auteur moldave Nicoleta Esinencu, ainsi que vos propres textes.

En 2003, vous avez d’ailleurs reçu pour la mise en scène de « Lebensraum » de Israël Horowitz, votre première récompense à savoir le Prix du Meilleur Spectacle au Festival de Pietra Neamt et le Prix pour la virtuosité dans l’expression d’une idée contemporaine au Festival des jeunes metteurs en scène de Buzau.

En 2008, vous fûtes accueillie comme artiste en résidence, section arts de la scène, au Centre International d’Accueil et d’Echanges des Récollets, subventionnée par le ministère des Affaires Etrangères et la Mairie de Paris.

Ainsi, depuis 2003, vous ne cessez de travailler entre la Roumanie et la France avec des comédiens français, roumains, polonais ou d’autres nationalités encore.

Peut-être parce qu’en confrontant votre culture et votre langue à la culture et à la langue de l’autre, c’est à l’universalité de la condition humaine que vous voulez toucher et faire jaillir de vos créations.

En parlant de langue, Chère Alexandra BADEA, c’est en français que vous choisissez, en 2009, de rédiger vos premières pièces : elles prendront le titre de « Contrôle d’identité », de « Mode d’emploi » ou encore de « Burnout ».

A propos de l’écriture, vous dîtes vous-même : « Ecrire c’était un acte d’urgence (..), j’avais besoin d’écrire à un moment donné où j’étais dans un moment de crise, par rapport à mon identité, à cette double culture. »

« Mon écriture théâtrale est ancrée dans le monde dans lequel on vit et dans les choses concrètes. J’ai besoin au théâtre d’écrire en réaction à quelque chose. Le théâtre est pour moi un espace où cette violence que j’emmagasine par rapport à tout ce qui se passe autour de moi dans la société peut être déversée ».

C’est cette force dans l’écriture qui a été reconnue en 2013 avec l’attribution en France du Grand Prix de Littérature Dramatique pour votre pièce « Les Pulvérisés ». Le thème de cette pièce est né lors d’une résidence d’artistes en Rhône-Alpes : avec cette pièce choc à la construction étonnante, vous nous livrez une série de portraits et décortiquez sous nos yeux le système qu’ont généré la mondialisation et ses rouages.

Les critiques de théâtre diront que « Les Pulvérisés » constitue une expérience théâtrale à découvrir absolument.

A propos des Pulvérisés, vous soulignez :
« Il ne s’agissait pas pour moi de dénoncer les conditions de travail, mais d’explorer les rapports entre les vies intimes et professionnelles dans nos sociétés mondialisées. »

Avec l’appui de l’Institut français de Roumanie, le public roumain aura pu découvrir ce texte mis en scène par Frédéric FISBACH et présenté au festival « Temps d’images » à Cluj en octobre 2015.

Votre parcours professionnel comprend aussi une collaboration riche avec l’Institut français de Bucarest : vous avez participé il y a quelques semaines à un projet de Bibliothèques Vivantes en sélectionnant six ouvrages destinés à enrichir les rayonnages de la bibliothèque L.I.R., une installation littéraire numérique conçue par le directeur de théâtre Joris Mathieu.
Le choix de ces textes, certains polémiques - comme la pièce de la dramaturge moldave Nicoleta Esinencu « Fuck you, eu.ro.Pa ! -, tous engagés, se justifie par votre volonté de présenter au public roumain des livres, des thèmes et des personnages dont on parle peu en Roumanie.

Je salue votre pratique professionnelle résolument tournée vers la création artistique, votre courage pour ce soutien sans faille à l’écriture dramaturgique engagée en français, votre détermination à faire vivre les relations franco-roumaines par des dynamiques de collaboration et d’échanges.
Vous êtes est une artiste « de terrain » qui va à la rencontre des gens et se nourrit de leurs histoires pour construire vos pièces.

Enfin, vous explorez également les différentes formes artistiques liées au théâtre et à l’écriture théâtrale : des scénarios, de la mise en scène, de la réalisation de courts métrages, des mises en voix de vos pièces et même un premier roman, « Zone d’amour prioritaire », publié en 2014 aux éditions de l’Arche.

Pentru această bogăție artistică ;
Pentru acest parcurs care leagă cu o coerență și cu o voință excepțională « talent artistic, scriitură angajată și dragoste de Francofonie » ;
Pentru toți acești tineri, acest public și acești artiști pe care ați știut să îi atrageți în multiplele dumneavoastră pasiuni cu o energie debordantă ;

Pentru răspândirea pe care o oferiți limbii noastre pentru bogăția pe care o aduceți culturii noastre și această dublă cultură ;
Pentru că ați creat o realitate pentru acest citat al lui George BANU : « Limbajul artei teatrale este un limbaj al apropierii. Pe măsura Omului », și deci pentru acest umanism pe care îl împărtășiți ;

Dragă Alexandra BADEA, în numele Ministrului Culturii și Comunicării, și în virtutea puterilor care mi-au fost oferite, vă ofer însemnele de Cavaler al Ordinului Artelor și Literelor.

Dernière modification : 17/10/2016

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