Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de l’inauguration du cimetière de Slobozia

Madame la ministre,
Monsieur le préfet,
Monsieur le président du conseil de Judeti,
Monsieur le Maire,
Messieurs les vétérans de Guerre,
Chers collègues ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,
Chère Taous,

Il y a deux ans, peu après ma prise de fonction, je suis venu ici me recueillir, dans ce cimetière, auprès des 211 militaires français qui y sont enterrés aux côtés de militaires allemands, anglais, indiens, roumains et turcs.

Tous ces militaires sont morts ici, à Slobozia ou dans sa région, alors qu’ils étaient prisonniers des Allemands. La plupart, étaient d’origine algérienne. Il y avait aussi parmi eux des Sénégalais et un Français de métropole.

Ils ont partagé ici le sort des soldats d’origine indienne de l’armée britannique, prisonniers comme eux.

J’avais été impressionné par leur histoire peu connue en France et j’avais proposé alors aux autorités locales, qu’à l’occasion du centenaire du déclenchement de la première Guerre mondiale, nous rénovions leurs tombes et que nous fassions, en 2014, une cérémonie internationale pour marquer cet anniversaire si important pour la France et pour le monde.

Je suis heureux que nous ayons pu réaliser cet objectif. Je tiens d’ailleurs à remercier tous ceux qui ont contribué à ce projet et notamment l’Office pour le culte des héros du ministère de la défense roumain et la mairie de Slobozia.

Je me réjouis aussi de voir qu’à l’occasion de ce centenaire, de nombreux historiens s’intéressent à l’histoire du camp de Slobozia et veulent la faire connaître.

Naturellement nous avons tous un très grand regret. Nous ne possédons pas l’identité exacte de ces militaires sauf pour l’un d’entre-eux, Mohamed Gherainia dont les Roumains ont fait un prince et pour qui ils éprouvent un profond respect en raison de son dévouement au service des blessés et des malades du camp et de la ville.

La fiche militaire de Mohamed Gherainia est aujourd’hui accessible sur le site internet du ministère français de la défense. Ce n’est malheureusement pas le cas des autres militaires enterrés ici. Nous ne possédons pas de liste des prisonniers de Slobozia. Nous ne possédons que les noms et les prénoms qui ont été relevés à différentes époques sur les stèles funéraires des prisonniers décédés. Ces noms ont donc subi de multiples déformations au fil du temps. Lorsque plusieurs variantes d’un même nom sont connues elles ont été reportées sur les stèles.

Je formule donc le vœu que les historiens parviennent un jour à retrouver les listes officielles des prisonniers.

J’ai aussi tenu à ce que, à l’occasion de ces travaux de rénovation, nous puissions expliquer davantage aux personnes qui viennent se recueillir ici, et en particulier aux jeunes générations, l’histoire de ce camp. C’est pourquoi nous avons obtenu l’autorisation de placer un panneau explicatif à l’entrée du cimetière.

Je voudrais enfin vous dire ma joie simple et sincère que ma collègue, son Excellence Madame Taous DJELLOULI, l’ambassadeur d’Algérie, ait accepté de présider cette cérémonie à mes côtés, accompagnée de son attaché de défense le colonel Khaled Aissa El-Bey. C’est un très bel hommage que nous rendons ainsi à ces militaires venus d’Algérie, mourir pour la France en Roumanie.

Je vous remercie.

Dernière modification : 22/04/2014

Haut de page