Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de la première réunion du groupe de travail franco-roumain (Paris, 4 juin 2014)

Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’être avec vous ce matin pour la première réunion du groupe de travail franco-roumain, représentant les collectivités des deux pays.

Prolongation et conséquence directe des assises de Constanta, il y a maintenant un an, et signe d’une volonté mutuelle d’aller plus loin encore dans le partage et l’échange au niveau de nos autorités locales, cette rencontre marque une étape supplémentaire dans le partenariat extrêmement riche entre la France et la Roumanie.

Je souhaite remercier vivement Bogdan MAZURU pour son invitation et son accueil au sein de cette magnifique Ambassade de Roumanie, mais également la Présidente du réseau français, Mme Christiane BRUNNET et les vice-présidents ici présents, ainsi que les représentants des associations de collectivités roumaines qui ont fait le déplacement jusqu’à Paris.

Sans revenir sur les assises, auxquelles vous avez participé en juin dernier, je souhaite rappeler l’importance qu’a eue cet évènement dans la relance des échanges en matière de coopération décentralisée et le message fort qu’il a porté.

A la lecture des conclusions des travaux des assises et à travers les diverses discussions que j’ai eu à ce sujet depuis mon arrivée, j’ai pu constater combien la volonté de poursuivre cette coopération était vivante et partagée par les élus des deux pays. Ces assises ont montré que les problèmes et enjeux auxquels sont confrontées les collectivités françaises et roumaines se rejoignent sur bien des domaines : que cela concerne les questions qui se posent en matière de développement économique, de développement rural, aux questions de la gestion de l’eau de l’énergie des déchets, ou bien encore concernant les politiques sociales dédiées à la jeunesse ou aux populations défavorisées. Les approches divergent parfois, et les niveaux d’avancement peuvent aussi différer, mais la finalité des politiques locales et de l’investissement des élus locaux reste la même : un développement plus important et mieux équilibré de leur territoire et la garantie d’un cadre de vie amélioré pour l’ensemble de sa population.
Je pense toutefois que la coopération décentralisée franco-roumaine est aujourd’hui à un tournant et qu’elle doit trouver de nouveaux modes de développement. Les « nouveaux partenariats » qui sont en train d’émerger mettent l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération au sein même de l’Union européenne, au niveau des autorités locales, niveau le plus proche des citoyens. La construction européenne et le « vivre ensemble », c’est d’abord la démocratie locale et les partenariats entre collectivités y contribuent directement. Le groupe de travail ici réunit doit être porteur de cette nouvelle approche et d’initiatives concrètes.
Les collectivités des deux pays ont des attentes fortes concernant la dynamique bilatérale et de ce groupe de travail. L’enjeu de la réunion d’aujourd’hui est certes de mettre en place une méthodologie de travail et de décider d’un cadre commun pour vos prochains échanges. Mais je sais que des pistes émergeront rapidement pour de futures rencontres et activités communes, qui pourraient prendre la forme d’ateliers thématiques, sur les sujets que vous définirez ensemble. Dans cette perspective, je ne peux que vous encourager à explorer de nouvelles voies de partenariat, et notamment celles qu’offrent les fonds européens, que cela s’inscrivent dans le cadre des fonds structurels ou programmes communautaires.

Il convient en effet de tirer bénéfice de tous les outils qui sont mis à notre disposition, et nous le savons : la coopération décentralisée franco-roumaine doit se développer dans un cadre résolument européen. Les collectivités ont une responsabilité forte en termes de développement économique et social de nos deux pays, mais également à l’échelle du territoire européen. Les défis auxquels font face les collectivités sont partagés et leurs intérêts se rejoignent à bien des égards ; la coopération décentralisée apparaît comme un outil essentiel pour travailler ensemble sur enjeux communs (populations défavorisées, gestion des fonds européens, développement durable, etc.) et peut servir de levier à des projets et fonds européens, dans le cadre de dynamiques qui dépassent la simple relation bilatérale.

Inutile de rappeler également que vos discussions s’inscrivent dans un contexte de réflexion sur la réforme territoriale (tant en France qu’en Roumanie) qui aura sans doute ses conséquences dans l’évolution de la coopération décentralisée, compte tenu notamment de la redéfinition éventuelle de nouveaux échelons territoriaux et des compétences territoriales. Mais ces changements apporteront aussi, j’en suis sûr, de nouveaux sujets de coopération et d’échange.

Enfin, je tenais à vous assurer, Mesdames, Messieurs, que l’Ambassade de France en Roumanie, et en particulier son Service de Coopération, demeure à votre disposition pour accompagner vos démarches et pour soutenir vos initiatives. En accord avec le réseau français des collectivités, nous continuerons à apporter un appui administratif et technique, notamment dans la mise en place d’une plateforme internet commune, qui servira de base pour les échanges et le partage concret d’informations. Toutefois, la constitution du réseau français de collectivités et la mise en place d’un groupe de travail franco-roumain marquent clairement un passage de relai dans l’animation et le suivi de la coopération décentralisée franco-roumaine qui doit en premier lieu revenir aux collectivités et à leurs représentants.

Je vous souhaite une fructueuse journée de travail
Je vous remercie./

Dernière modification : 01/10/2014

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