Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de la réunion de travail "Rénovation urbaine" (11 juillet)

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le vice Premier Ministre,
Madame et Monsieur les Secrétaires d’Etat,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,

Je souhaite tout d’abord remercier vivement le MDRAP, et plus particulièrement Mme VRABETE, pour l’initiative de cette réunion qui permet de relancer les discussions autour des questions de rénovation urbaine. J’espère qu’elle permettra également de poursuivre les échanges avec les différents partenaires français engagés dans différentes actions de coopération. C’est pour moi un signe positif de relance d’un dialogue ouvert avec l’ensemble des acteurs tant au niveau central que local, autorités publiques ou société civile, dans le nouveau contexte politique issu des dernières élections locales.
Je suis très heureux de pouvoir ouvrir cet atelier car j’estime que la question du développement urbain est un enjeu majeur aujourd’hui pour l’ensemble des villes de Roumanie, et tout particulièrement pour Bucarest, qui impacte de manière directe le développement du pays au sens large.
L’urbanisation peut, si elle est maîtrisée, favoriser une croissance durable en renforçant la productivité, en permettant l’innovation et en faisant émerger de nouvelles idées. Toutefois, elle s’accompagne de nombreux défis. Il faut notamment répondre à l’accroissement de la demande de logements abordables, de réseaux de transport bien connectés et d’autres infrastructures et de services essentiels et d’emplois, en particulier pour les citadins les plus démunis et ceux vivant dans des quartiers souvent fortement dégradés et isolés en termes d’inclusion urbaine.
C’est un défi que nous partageons en France, où nous avons mis en place une « politique de la ville » afin de revaloriser les zones urbaines en difficulté et de réduire les inégalités entre les territoires. Cette politique, inscrite dans une loi, est portée au plus haut niveau et se traduit par des actions interministérielles avec l’appui de tous les acteurs concernés, un ensemble de dispositifs opérationnels et des moyens financiers importants consentis par l’Etat. L’Agence nationale pour la Rénovation Urbaine (= l’ANRU) a été créée en 2003 pour mettre en œuvre cette politique.
La France n’est bien sûr pas un modèle, cependant la coopération initiée depuis quatre ans avec le ministère français compétent, l’ANRU et la ville de Paris a permis de partager nos expériences, mais aussi des outils et des méthodologies de travail. Je souhaite réitérer mon soutien aux démarches entreprises par l’Etat roumain et encourager la poursuite de notre coopération bilatérale, tant au niveau ministériel, en lien avec l’ANRU, au niveau des collectivités, et je remercie les deux représentantes de la ville de Paris pour leur présence aujourd’hui.
Dans la perspective de vos travaux, et à la lumière des échanges de ces deux dernières années, permettez-moi de partager avec vous les points qui me semblent clés pour l’élaboration d’un cadre réglementaire relatif à la rénovation urbaine et la mise en place de projets concrets :
1. Concernant l’élaboration d’une loi sur la rénovation urbaine, il me paraît essentiel d’envisager une approche intégrée et interministérielle. Elle doit traduire un projet politique et une vision partagée à long terme du développement urbain, en identifiant clairement les territoires et populations ciblées. Elle sera nécessairement en concordance avec la politique nationale de l’habitat, les orientations des fonds européens, les politiques sociales, etc. La première étape sera d’en définir les objectifs, pour ensuite identifier les rôles et responsabilités de chacun, et décider de moyens financiers, techniques et réglementaires adéquats pour sa mise en œuvre. La constitution d’un comité de pilotage (réunissant notamment ministères, collectivités locales, experts techniques et académiques et société civile) et d’un calendrier apparaît une priorité pour conduire ce projet.

2. S’agissant du quartier de Ferentari (comme d’ailleurs tout autre quartier défavorisé), de nombreuses études ont permis de bien identifier les problèmes de développement local et le temps est venu d’engager des actions concrètes et cohérentes dans le cadre d’un projet intégré (urbain, économique, social, éducatif, environnemental), y compris à court terme afin d’engager une réelle dynamique de transformation de ce quartier stigmatisé. Ce projet ne pourra se faire un engagement politique fort de haut niveau tant à l’échelle nationale que locale. En effet, des moyens financiers et techniques devront être consentis à la hauteur des enjeux. La mise en place d’un comité de pilotage partenarial et la désignation d’un chef de projet apparaît comme une première nécessité, ainsi qu’une mobilisation des fonds européens existants.
Dans ce contexte, la France continuera à être aux côtés de la Roumanie pour l’appui à la réalisation de ces projets. Concrètement, l’ANRU est en lien régulier avec le MDRAP, et elle est disposée à poursuivre son soutien à l’élaboration de la loi. Un atelier spécifique est d’ailleurs prévu en septembre, à Bucarest, avec différents experts français. Le partenariat avec la ville de Paris est aussi un atout essentiel pour les autorités locales et pourrait se développer autour d’une action précise. Enfin, l’Ambassade reste à votre écoute pour envisager ensemble de prochaines actions de coopération, en fonction des choix qui seront décidés.
Je vous remercie./

Dernière modification : 18/10/2016

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