Discours de l’Ambassadeur de France en Roumanie à l’occasion du Xème anniversaire du réseau des classes bilingues franco-roumaines (12 mars 2014)

Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les inspecteurs,
Mesdames et Messieurs les directeurs,
Mesdames et Messieurs les professeurs,
chers élèves du bilingue, chers amis de la francophonie,

C’est un plaisir pour moi de vous recevoir aujourd’hui dans cette maison de France, à l’occasion du mois de la francophonie mais surtout aujourd’hui à l’occasion du Xème Anniversaire de ce projet pilote « De l’enseignement bilingue vers les filières francophones », projet officialisé par un accord de coopération entre nos deux pays, qui a permis depuis lors la création d’une mention bilingue francophone du baccalauréat roumain.

L’importance de l’existence de ces sections bilingues franco-roumaines dans le pays le plus francophone de la région n’est plus à démontrer. Ce cursus permet d’abord à l’évidence aux jeunes qui le suivent d’acquérir un excellent niveau en français grâce à un horaire renforcé et à des cours de langue en classe dédoublée. Mais cela va beaucoup plus loin que le simple, (si j’ose dire car c’est déjà beaucoup) que le simple donc disais-je apprentissage de notre langue. Ces filières permettent de préparer l’élève à des études en français ou dans des filières francophones, en leur donnant des méthodes de travail différentes. Je citerai brièvement à cet égard un passage de notre accord bilatéral qui dit, dans l’annexe 1 : « Le projet permet aux élèves d’acquérir des compétences dans les domaines suivants : traitement de l’information, conduite d’une approche interdisciplinaire et travail en équipe. La démarche adoptée rend l’élève acteur de sa propre formation et le prépare à l’apprentissage tout au long de la vie ».
Tout est dit dans ces quelques lignes, le projet est ambitieux en effet mais l’objectif essentiel si l’on veut maintenir une formation de qualité pour ces jeunes francophones et francophiles qui resteront, tout au long de leur vie professionnelle, les mieux placés pour continuer à faire vivre les liens étroits qui unissent nos deux pays, à la fois liens d’amitié et de coopération dans de très nombreux domaines. Bien entendu, ce réseau bilingue franco-roumain qui compte aujourd’hui 27 établissements ne doit pas se reposer sur ses lauriers, aussi nombreux soient-ils, ni rester figé dans une société, dans un monde qui bouge et se transforme. Ce réseau doit évoluer comme évolue la situation des langues en Roumanie et partout ailleurs en Europe. Le français LV1 n’occupe plus la place qu’il occupait lors de l’expérimentation des premières sections bilingues. Le français étant majoritairement enseigné comme LV2 au collège, il est nécessaire de porter toute notre attention sur les niveaux primaire et collège et même chez les tout-petits, par le développement du français précoce, secteur sur lequel notre coopération éducative fait également porter ses efforts.
L’autre maillon essentiel au maintien de la qualité de notre réseau, c’est d’assurer un niveau de formation suffisant pour les enseignants de ces sections. Professeurs de français bien sûr mais aussi –et j’allais dire surtout- professeurs des disciplines non-linguistiques. Si j’insiste sur ce point, c’est qu’il n’existe pas de formation spécifique pour ces enseignants hormis celles proposées par notre service de coopération et l’on sait qu’enseigner une DNL exige plusieurs compétences et un investissement considérable de la part de ces professeurs.
Je salue à cet égard la décision du Ministère roumain de prendre en compte ces fonctions et ces formations pour la promotion et la gradation au mérite des enseignants.
Enfin, je sais que l’expertise du réseau touche presque à sa fin et que ses conclusions donneront lieu à d’autres débats : comment renforcer aujourd’hui l’attractivité de cette mention bilingue francophone ? Comment éviter que ces sections ne deviennent très majoritairement littéraires comme si le cursus bilingue n’était lié qu’à l’acquisition d’un bon niveau en langue, en oubliant cette formation aux compétences plus larges dont je parlais tout à l’heure ?

D’autres interrogations vont sans doute surgir à l’issue de ces deux années d’expertise complète du réseau mais je suis confiant dans notre volonté et capacité communes de préserver un enseignement de qualité du français pour les 3000 élèves concernés et de faire vivre des projets éducatifs riches autour de la langue française et du module interdisciplinaire notamment. Je terminerai donc en remerciant pour leur implication nos partenaires du Ministère roumain et toutes les équipes d’enseignants et de direction engagées dans ce dispositif et dont nous avons pu mesurer sur le terrain lors de cette expertise le dynamisme et l’investissement de chaque jour.

Dernière modification : 13/03/2014

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