Discours de l’Ambassadeur de France à l’occasion de la cérémonie de décoration de Mme Luminita Odobescu

Seul le prononcé fait foi

Chère Luminita,
Chers invités,

Je suis particulièrement heureux ce soir de vous recevoir à la résidence de France pour vous distinguer devant vos hôtes. Ce, pour plusieurs raisons, et j’en citerai trois en introduction : premièrement parce que vous êtes l’une des ambassadrices en titre dont la Roumanie peut être fière ; deuxièmement, parce que vous êtes depuis plusieurs années l’un des principaux piliers diplomatiques de la relation bilatérale entre nos deux pays ; troisièmement, parce que jeune et au milieu de votre carrière, de belles ascensions vous attendent encore !

Chère Luminita, votre parcours professionnel est caractérisé en effet par un lien discret mais soutenu avec la France. Il a été considéré que ce trait d’union, fort et régulier avait été l’un des atouts majeurs de la relation diplomatique bilatérale entre la Roumanie et la France ces dernières années, mais également la base d’une étroite coopération entre nos deux pays au sein de l’union européenne. Ainsi, pour définir en quelques mots votre rôle, vous aurez été l’une des pièces maîtresses de notre belle amitié diplomatique. Je forme le vœu, vous vous en doutez, pour que vous cultiviez longtemps encore cette particularité qui vous honore.

Vous êtes née en mai 1969 à Bucarest, un an après la visite historique du Général De Gaulle en Roumanie, et deux mois avant qu’Apollo 11 ne réussisse l’exploit de déposer les premiers hommes sur la Lune, en direct, démontrant finalement la suprématie américaine en matière de conquête spatiale sur l’Union soviétique. Quelle meilleure époque pour voir le jour en Roumanie, alors que le régime fraîchement installé du premier secrétaire du parti communiste Nicolae Ceausescu est à son apogée, après le refus de s’associer à l’invasion de la Tchécoslovaquie l’année précédente.

Vous êtes docteur en relations économiques internationales, diplômée de l’académie d’études économiques de Bucarest, la célèbre ASE (prononcer assé), de la promotion 1992. Dès 1995, vous vous ouvrez les portes de la construction européenne en faisant un premier stage de quatre mois à Bruxelles, puis vous enchaînez l’année suivante par un cours sur la problématique de l’Union européenne au collège de l’Europe de Bruges. Trois ans plus tard, vous consolidez votre formation professionnelle en suivant un second stage de quatre mois auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce à Genève.

Chercheuse à l’institut national « Virgil Madgearu », du nom de ce grand économiste roumain de l’entre-deux guerres, c’est en 1992 que vous entrez au ministère de l’économie et du commerce au grade d’experte. Vous devenez conseillère, puis vous décidez en 1999 de quitter ce ministère pour embrasser la carrière diplomatique.

A la trentaine, votre carrière s’étoffe : vous occupez pendant un an un poste de chef de service au secrétariat général du gouvernement, avant de vous envoler pour votre premier poste à l’étranger : à Bruxelles, en toute logique où vous êtes première secrétaire. Vous enchaînez comme conseillère « Mertens » jusqu’en 2005. Puis, de retour à Bucarest, vous faites un petit détour par le ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, du tourisme et des professions libérales jusqu’en 2007.

A l’approche de la quarantaine, elle s’accélère : en août 2007, vous réintégrez le ministère des affaires étrangères, que vous ne quitterez plus. Conseillère à la direction générale de l’Union européenne, vous êtes nommée en décembre de la même année directrice générale. Vous occuperez ce poste jusqu’en juin 2008.

2008 est la date de votre consécration : on vous propose le poste de secrétaire d’Etat chargée des affaires européennes. Vous accomplissez cette fonction jusqu’en février 2012, avec pour lourde tâche de guider les premiers pas de votre pays au sein de l’Union. La Roumanie est alors, en effet, un nouvel Etat membre âgé de six mois.

Vous intégrez ensuite la chancellerie du Premier ministre et devenez conseillère d’Etat en novembre de la même année. Enfin, on vous octroie l’année dernière le titre d’Ambassadeur.

Chère luminita, durant votre carrière exemplaire, votre lien avec notre pays s’est formé et consolidé peu à peu, influencé probablement par l’appui diplomatique que la France au début des années 2000 a accordé à la Roumanie, pour l’aider à franchir les derniers obstacles à son adhésion à l’OTAN et à l’Union. Votre francophilie a fait le reste. Je ne rentrerai pas dans les détails nombreux qui jalonnent vos décisions. Je dirai simplement que vous aurez souvent soutenu les positions diplomatiques françaises, notamment lorsque vous étiez directrice générale. Et que c’est sous votre impulsion qu’auront été mis en œuvre les programmes du partenariat stratégique signé le 4 février 2008, tout comme aura été redéfinie la feuille de route par la suite. Enfin, je soulignerai en particulier votre large contribution au succès politique et diplomatique de la visite à Bucarest du Premier ministre Jean-Marc Ayrault le 12 juillet 2013.

Chère Luminita, pour les raisons que je viens d’évoquer, et pour celles que vous aurez plaisir à nous énumérer à votre tour, « au nom du Président de la République et des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais chevalière de la Légion d’Honneur. »

Dernière modification : 19/11/2015

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