Discours de l’Ambassadeur de France à l’occasion de la remise des insignes de chevalier de l’Ordre national du mérite à M. le Général Florian Coldea (10 septembre 2015)

Seul le prononcé fait foi

Mon général,

La décision du président de la République de vous distinguer couronne un parcours marqué par un investissement affirmé dans la coopération en matière de sécurité avec vos partenaires français, européens et atlantiques.

Vous avez débuté votre carrière en 1996 au sein du Service roumain de renseignement (Serviciul Roman de Informatii - SRI)), après avoir terminé vos études à la faculté de psychologie, institution rattachée au SRI, et qui sera intégrée, ultérieurement au sein de l’Academia Naţională de Informaţii "Mihai Viteazul" (l’institution de formation du SRI).

Après avoir intégré le SRI, vous vous engagez dans le domaine de la lutte anti-terrorisme, dont vous devenez un spécialiste, occupant diverses fonctions au sein de l’Inspectorat pour la Prévention et la Lutte contre le terrorisme, notamment au sein de sa direction.

Cette période vous verra participer à différentes mission et opérations en ce domaine, notamment en coopération avec les grands partenaires du SRI. Ainsi, vous prendrez part activement, en 2005, aux efforts visant à libérer trois citoyens roumains (journalistes) enlevés en Iraq. C’est dans ces circonstances que vous serez notamment amené à coopérer étroitement avec les services français, concernés, également confrontés à un défi similaire, avec l’enlèvement la même année dans ce pays d’un ressortissant français..

Le 27 juillet 2005, alors que vous êtes lieutenant-colonel, le président de la République roumaine vous nomme, à l’âge de 33 ans, premier adjoint du directeur du SRI, c’est-à-dire de numéro deux de ce service, ayant vocation à remplacer, en son absence, le directeur, et chargé de coordonner l’action du SRI en matière de contre-terrorisme, de contre-espionnage, de lutte contre les menaces transfrontalières, de défense des institutions et de sécurité économique.

Au-delà d’une reconnaissance de vos éminentes qualités professionnelles, cette décision, démontre également le souci des autorités roumaines de se projeter vers l’avenir en promouvant un jeune officier issu de la filière de formation interne du SRI et son choix affirmé en faveur de la coopération euro-atlantique, geste de véritable rupture avec un passé marqué par les « fantômes de la Securitate ».

Le 24 mars 2006, vous êtes promu colonel. Du 20 juillet au 4 octobre 2006, vous être amené, une première fois, à assurer la direction par intérim du SRI, à la suite de la démission de M. Timofte et jusqu’à la nomination de George Cristian Maior comme directeur du SRI. Le 18 avril 2008, vous être promu général de brigade (une étoile), puis général major (2 étoiles) le 23 mars 2012 et enfin général-lieutenant (3 étoiles) le 24 mars 2014.

Le 27 janvier 2015, vous êtes amené une seconde fois à assurer, à la suite de la démission de M. Maior, un deuxième intérim à la tête du SRI, jusqu’à la désignation par le président Klaus Iohannis, de M. Eduard Hellvig en tant que directeur du SRI et la validation de ce dernier par le Parlement roumain le 2 mars 2015.

Dans vos fonctions de Premier adjoint, vous vous êtes attaché à développer une coopération poussée avec les services – français, européens et atlantiques – permettant au SRI d’acquérir le statut de partenaire respecté, fiable et efficace, pleinement engagé avec ces derniers dans la lutte contre les menaces transnationales auxquelles l’Europe est confrontées. Un des symboles de cette reconnaissance du SRI par ses pairs sera son entrée, en tant que membre à part entière, au sein du Club de Berne, structure informelle d’échange d’informations réunissant les services européens de sécurité intérieure.

Je ne saurai suffisamment insister, en tant qu’ambassadeur de France, dont le pays a été tragiquement frappé au mois de janvier de cette année par des attaques terroristes, sur l’importance de cette coopération entre services pour lutter contre ces nouvelles formes de terrorisme qui veulent porter atteinte aux valeurs de la liberté et du droit que nous partageons tous.

Comme l’a souligné le président de la République, François Hollande lors de son intervention télévisée du 14 juillet dernier, il s’agit d’une mobilisation constante et de réfléchir comment améliorer le système pour faire face à ces nouvelles menaces. Cela implique également, au-delà d’une coopération accrue entre services, de donner aux services concernés les moyens de lutter efficacement contre le terrorisme, de façon respectueuse de l’Etat de droit, c’est-à-dire en garantissant le respect des libertés publiques et de la vie privée.

Enfin, vous avez, dans vos fonctions de premier adjoint du directeur du SRI, fait en sorte que votre service apporte l’assistance nécessaire aux institutions en charge de veiller au respect de la loi et de la lutte contre les phénomènes criminels, qu’il s’agisse des services du ministère de l’Intérieur ou les institutions judiciaires telles que la DIICOT ou la Direction Nationale Anticorruption (DNA).

Cette action en partenariat avec ces institutions chargées de lutter contre les phénomènes criminels - comme les trafics (de drogue ou de migrants clandestins), le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale ou la corruption - explique sans aucun doute que le SRI est aujourd’hui l’une des institutions publiques à bénéficier d’un taux de confiance élevé au sein de la population roumaine.

Votre action, aux côtés du directeur du SRI, a ainsi permis à ce service de s’affirmer comme l’un des acteurs majeurs de la consolidation de l’Etat en Roumanie.

Mon général, au nom du président de la République française et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais chevalier de l’Ordre national du mérite.

Dernière modification : 19/11/2015

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