Discours de l’ambassadeur de France à l’occasion de la décoration de Maya SIMIONESCU (3 octobre 2013)

Madame SIMIONESCU,

Vous avez commencé votre brillante carrière en suivant des cours de biologie à la Faculté de Biologie de l’Université de Bucarest où vous soutenez votre thèse en 1959. Après une année marquée par des passages à l’Institut d’Oncologie et à l’Institut Cantacuzino, vous entrez en 1960 à l’Institut d’Endocrinologie de Bucarest où vos premières découvertes n’y sont pas que scientifiques, puisque vous y rencontrez votre mari le Dr. Nicolae SIMIONESCU. Vous n’oubliez pas que la collaboration avec des chercheurs étrangers est nécessaire pour continuer de progresser dans vos domaines de prédilection que sont les mécanismes cellulaires et moléculaires du système cardiovasculaire. Ainsi, vous nouez des liens avec des professeurs hors de Roumanie et vous recevez en 1969, au sein de votre institut, le Professeur George E. PALADE, futur lauréat Prix Nobel de Physiologie ou Médecine en 1974, et qui enseigne alors à l’Université Rockefeller de New-York.

Une photo où vous apparaissez aux côtés de M. PALADE et de votre mari restera dans les annales puisque vous y formez « le célèbre trio roumain » de la biologie cellulaire. Cette visite va vous faire prendre un autre chemin, et après dix ans de loyaux services à l’Institut d’Endocrinologie de Bucarest, vous traversez l’Atlantique pour rejoindre le Professeur PALADE. Vous resterez finalement dix ans aux Etats-Unis, 4 à l’Université Rockfeller puis 6 en tant que maître de conférences en biologie cellulaire à l’Université de Yale. Ce séjour américain va profondément vous marquer et il va être l’élément déclencheur d’un plus grand projet dans votre pays natal.

Vous aviez en effet rêvé avec votre mari, dès 1971, d’un institut de recherche roumain dans les domaines de la biologie, pathologie et pharmacologie cellulaire. Ce rêve prend forme à votre retour en Roumanie puisque vous créez en 1979, l’Institut de Biologie et Pathologie Cellulaire de Bucarest. Vous travaillez sans compter pour développer ce centre en montant des programmes de recherche avec les Etats-Unis, la Communauté européenne ou encore avec le Fonds National Suisse pour la Recherche Scientifique tout en continuant vos activités pédagogiques à l’Université de Bucarest et à l’Université de Constanta. En 1991, vous devenez membre titulaire de l’Académie Roumaine puis prenez en 1995 la Direction de l’institut fondé avec votre défunt mari, fonction que vous occupez toujours, avant d’être nommée Vice-présidente de l’Académie Roumaine en 1998.

Au début des années 2000, vous initiez de nouveaux échanges, avec la France cette fois-ci. Vous commencez tout d’abord un projet international avec l’Hôpital Cochin et le Professeur Livia POENARU, projet qui va bénéficier du soutien de l’Institut National de la Santé et Recherche Médicale (Inserm). Ces travaux déboucheront en premier lieu sur des publications communes dans des revues scientifiques ou lors de congrès internationaux mais aussi sur de nouveaux projets comme celui mis en œuvre avec le Professeur Jean-Claude FRUCHART de l’Institut Pasteur de Lille dans le domaine de l’athérosclérose. Un doctorat en cotutelle, Université de Lille II – Université de Bucarest sera d’ailleurs mis en place grâce à ce programme. D’autres coopérations avec des chercheurs français verront le jour, notamment celle menée avec le Centre de Recherche cardiovasculaire Lariboisière de Paris.

Ce parcours riche et sans faute vous mène à la Présidence de la Section de Biologie de l’Académie Roumaine en 2006, puis à être promu en 2008 au grade de Grand Officier de l’Etoile de Roumanie. Ces distinctions montrent l’ampleur et l’importance de vos travaux de recherche. Il y en a beaucoup d’autres : vous êtes notamment Doctor Honoris Causa des Universités de Bucarest et de Constanta, membre de plusieurs sociétés scientifiques, membre honoraire de l’Académie des Sciences Moldave et vous avez reçu en 2001 le fameux « Prix UNESCO - L’Oréal pour les femmes et la science ». Votre apport remarquable en biologie et pathologie cellulaire dans le système cardiovasculaire se chiffre par plus de 200 articles scientifiques publiés dans des revues internationales et plus de 100 présentations lors de conférences internationales. Votre œuvre a fait de vous un expert reconnu, ce qui vous vaut d’être membre du Conseil de Rédaction de plusieurs revues scientifiques. Tout cela aurait pu vous suffire, mais vous avez aussi souhaitez vous impliquer personnellement dans la promotion de la culture, des sciences et des arts de votre pays en occupant la fonction de Présidente de la Fondation Nationale pour la Science et l’Art depuis 1998. Vous organisez d’ailleurs depuis neuf ans un séminaire en français dédié à l’Europe et intitulé « Penser l’Europe » et auquel j’ai le plaisir de participer demain.

Madame la Présidente, pour votre vie dévouée à la Science, pour les nombreux ponts que vous avez construits, notamment entre la France et la Roumanie et pour votre dévouement à la promotion de la culture et des sciences, je vous fais, au nom du Président de la République, Chevalier de la Légion d’Honneur.

Dernière modification : 05/11/2013

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