Discours prononcé par M. Philippe GUSTIN à l’occasion de l’inauguration du carré militaire français rénové de Constanta (15 avril 2014)

Monsieur le préfet,
M. le Président du conseil de Judeţi,
Commandant,
Monseigneur Ieronim IACOB, vicaire épiscopal pour la Dobroudja,
Monsieur le Mufti de Roumanie,
Messieurs les vétérans,
Chers compatriotes,
Mesdames messieurs,

C’est évidemment un moment émouvant pour moi de me retrouver ici, dans ce carré militaire de Constanta, où sont enterrés les soldats français morts en Dobroudja pendant la guerre de Crimée en 1854 et pendant la première Guerre mondiale en 1918 et 1919.

Nous sommes rassemblés aujourd’hui car la France commémore cette année le centième anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

A cette occasion, et en écho aux activités organisées en France tout au long de cette année, l’ambassade de France en Roumanie a conçu un programme d’actions et d’activités assez complet.

Parmi ces actions, j’ai tenu à ce que figure la rénovation d’un certain nombre de lieux de mémoire. En 2013 et en 2014, avec l’aide du ministère français de la défense, et en coordination avec l’Office pour le culte des héros de Roumanie, nous avons donc rénové le caveau militaire de Iaşi, le carré militaire de Slobozia et le carré militaire de Constanţa qui se trouve dans ce cimetière franco-roumain.

Les travaux que nous avons conduits en 2013 et en 2014 ont consisté à rénover les 38 sépultures individuelles.

A cette occasion nous avons essayé de retrouver l’identité exacte de ces Français décédés en Dobroudja. La fiche militaire de décès de 29 des 38 Français enterrés ici est désormais consultable en ligne sur le site « mémoire des hommes » du ministère français de la défense. Pour les autres, il s’agit ou bien de civils ou de personnes dont l’orthographe du nom n’est pas exactement connue. Pour ces derniers, nous continuons à faire des recherches.

Les travaux ont aussi consisté à rénover le monument de la guerre de Crimée dont nous connaissons désormais mieux l’histoire grâce aux travaux de recherche effectués par le Colonel MACOVEI, président de l’association « le culte des héros » et par le directeur des archives du Judet, M. Virgil COMAN. Je tiens à les remercier tout particulièrement pour leur aide.

A l’occasion de ces travaux nous avons pu aussi vérifier le bon état de la crypte intérieure du caveau situé sous le monument au coq, et la présence des ossements des soldats français morts pendant la guerre de Crimée.

Pour tous, Français et Roumains, nous avons aussi tenu à faire en sorte que les visiteurs de ce lieu de mémoire comprennent mieux pourquoi des Français sont enterrés ici. C’est pourquoi, à l’occasion de ce centenaire, nous avons décidé d’installer deux pupitres qui ont vocation à recevoir des panneaux d’information sur les deux guerres concernées.

Je voudrais enfin terminer en évoquant le caractère très symbolique du lieu où nous nous trouvons.

Symbolique d’abord parce que, ici, sont réunis les sépultures ou les restes de Français qui ont combattu sur ce territoire au milieu du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, ce qui montre à quel point les relations franco roumaines sont ancrées dans l’histoire.

Ce lieu est aussi symbolique parce que les responsables roumains et français qui nous ont précédés ont décidé de réunir en un même lieu les sépultures ses soldats français et roumains de la Première guerre mondiale, marquant ainsi très fortement notre communauté de destin.
La porte monumentale par laquelle nous sommes passés pour entrer ici et que nous remarquons aujourd’hui malheureusement à peine, porte les symboles militaires de nos deux pays. Sur le pilier gauche en entrant, du côté français du cimetière, est reproduite la croix de guerre de la France et de l’autre est reproduite la croix de guerre de la Roumanie. Ce symbole rend hommage au courage et au sacrifice des combattants de nos deux pays.

Mais surtout, ce portail porte, de part et d’autre, les dates réelles de la guerre pour chacun de nos deux pays. C’est un des rares monuments dans le monde qui porte les dates réelles de la Première guerre mondiale pour la France, puisqu’il est écrit « 1914-1919 ».

Ce lieu de mémoire est donc important pour se souvenir que de nombreux Français ont en effet continué à mourir loin de la France alors que l’on célébrait la victoire en métropole. Je formule le vœu que ce centenaire qui débute soit l’occasion pour nos deux pays de mieux se connaître au travers de la connaissance de leur histoire commune, mais aussi de mieux connaître leur propre histoire.

C’est d’ailleurs pour cela que nous avons conçu, avec les archives nationales de Roumanie, une exposition itinérante intitulée « Français et Roumains dans la Grande Guerre ». Vous êtes tous invités, à l’issue de cette cérémonie, au vernissage de cette exposition à la bibliothèque ROMAN.

Vive la Roumanie, vive la France, vive l’amitié franco-roumaine.

Dernière modification : 22/04/2014

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