Editorial de l’Ambassadeur de France en Roumanie pour le supplément francophone du quotidien anglophone « Nine o’clock », dédié à la Fête nationale française

"Cette année, j’ai souhaité placer les célébrations en Roumanie de notre Fête nationale sous le signe du grand rendez-vous planétaire que sera la Conférence Paris Climat (COP 21 ). En effet, la France accueillera à la fin de l’année 2015 ce qui sera certainement la plus grande conférence mondiale jamais organisée sur les questions environnementales.

En se mobilisant pour cette Conférence, la France fait écho aux valeurs qu’elle porte depuis la Révolution dont nous célébrons l’anniversaire, le 14 juillet : placer l’Homme au centre de tout projet de société, faire du droit l’instrument de la Liberté et de l’Egalité, concevoir le monde comme un espace de Fraternité.

La future présidence française a la volonté de réussir et d’aboutir à un consensus des 196 parties, chose qui n’a pas pu être faite lors des conférences précédentes.

L’enjeu est crucial car il s’agit ni plus ni moins que notre planète reste vivable. L’« Alliance de Paris pour le Climat » se reposera sur quatre piliers dont les trois premiers relèvent des négociations entre les Etats :

Le premier pilier est un accord universel, juridiquement contraignant, équilibré, promoteur de solutions et mobilisateur de tous les acteurs qui permettrait de contenir le réchauffement climatique global sous les 2°C, limite au-delà de laquelle les impacts seraient difficilement contrôlables, et d’adapter nos sociétés aux dérèglements déjà existants.

Le deuxième pilier est la présentation par tous les pays de leurs contributions nationales, avant la COP21, afin de créer un effet d’entraînement et de démontrer que tous les Etats avancent, en fonction de leurs réalités nationales, dans la même direction. A la date d’aujourd’hui, près de 40 pays ont présenté des contributions (Union européenne, Suisse, Gabon, Etats-Unis, Russie, Mexique, Canada, Maroc), qui couvrent plus du tiers des émissions mondiales.

Pour les États-membres de l’Union Européenne, les engagements à atteindre sont ceux définis dans le cadre du « Paquet énergie-climat » adopté en octobre 2014, qui prévoit une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre, l’augmentation de la part des énergies renouvelables à 27% du mix énergétique et la réduction de 27% de l’intensité énergétique d’ici 2030.

Pour la Roumanie comme pour la France, l’enjeu prioritaire réside dans l’amélioration de l’efficacité énergétique, principalement dans le bâtiment, mais également dans l’industrie et les transports.

Le troisième volet, financier, doit permettre de soutenir les pays en développement et de financer la transition vers des économies bas-carbone et résilientes, avant et après 2020. La future présidence française travaille sur un paquet financier qui conforte l’engagement d’apporter aux pays en développement 100 milliards de dollars par an en 2020.

Le 4ème volet représente la spécificité de l’organisation de la conférence de Paris :

Il s’agit d’associer des acteurs de la société civile et non-étatiques, en renforçant l’ambition sur la période 2015-2020 par des initiatives multipartenariales de ce qu’on appelle l’Agenda des solutions, sans attendre l’entrée en vigueur du futur accord en 2020.

En effet, le rôle moteur de la société civile est crucial, sur les questions de l’environnement, mais également dans beaucoup d’autres domaines, pour "faire davantage, plus vite, maintenant". Je saisis cette occasion pour rendre hommage à la société civile roumaine, dont l’engagement est la meilleure garantie des progrès sur des questions où les Etats ont besoin des coups d’accélérateur. A titre d’exemple, je citerai deux ONG de Cluj, Reciproca et Colectiv A, qui ont fait partie avec brio de la mobilisation planétaire pour un Débat citoyen sur le Climat, organisé simultanément dans 75 pays le 6 juin dernier. La société civile roumaine a été l’une des rares dans les pays d’Europe centrale et orientale à avoir répondu présente.

Je tiens à souligner le rôle essentiel des entreprises. Car ce sont elles qui vont traduire, à travers les engagements qui seront pris, les mutations nécessaires : l’efficacité énergétique, la montée des énergies renouvelables, la capacité de se transporter avec une mobilité qui ne soit pas consommatrice d’énergie, le stockage d’énergie, le mode de construction des habitats, l’organisation des villes. Le Business and Climate Summit a vu un millier de responsables d’entreprises venir à Paris afin de présenter leurs actions et affirmer leur volonté d’en faire davantage. Je salue à cette occasion l’engagement des entreprises françaises qui - ici en Roumanie et partout dans le monde - sont aux côtés des autorités nationales pour le Climat.

Avec Paris Climat 2015, la France s’engage au service de notre avenir. Vive la France ! Vive la Roumanie !"

François Saint-Paul,
Ambassadeur de France en Roumanie

Dernière modification : 04/08/2015

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