La présence militaire française en Roumanie dans l’Histoire : De l’action au souvenir

Pourquoi des tombes militaires françaises en Roumanie ?

La France et la Roumanie ont de très nombreuses pages d’histoire communes parmi lesquelles se trouvent les campagnes militaires des XIXème et XXème siècles qui ont amené des soldats français à combattre et à mourir en terre roumaine.

Plusieurs centaines d’entre eux sont encore enterrés en Roumanie dans sept carrés militaires, le plus souvent aux côtés des soldats roumains. Cinq monuments commémorent en outre leur sacrifice, loin de leur patrie, et leurs faits d’arme. Quatre villes roumaines ont été décorées de la Croix de Guerre à la fin de la Première Guerre mondiale.


Trace de la présence française en Roumanie

Consultez la carte ci-dessous :

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1. La Guerre de Crimée

Ce conflit, qui s’est déroulé entre 1854 et 1856, a opposé une coalition regroupant l’empire ottoman, le Royaume-Uni et l’empire français à l’empire russe. L’objectif de cette coalition était de mettre un terme aux prétentions du Tsar sur les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Le conflit s’est achevé avec la mort de Nicolas Ier et la signature, le 30 mars 1856, du traité de Paris par son fils Alexandre II.
En 1854, des affrontements se sont déroulés en Dobroudja bulgare et roumaine (entre Varna et Constanţa) avant que l’offensive ne s’oriente vers Sébastopol. De très nombreux soldats français sont morts sur le territoire actuel de la Roumanie et leurs corps ont été regroupés à Constanţa où ils reposent toujours au le carré militaire français.


2. La Première Guerre mondiale

Après être restée neutre pendant près de deux ans, la Roumanie a déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie et à l’Allemagne à la fin de l’été 1916. Mal préparé à un conflit de cette échelle, le pays a, dans un premier temps, été forcé de reculer face à la poussée ennemie et d’accepter l’occupation allemande sur une partie de son territoire tandis que le gouvernement, la famille royale et l’état major général se repliaient à Iaşi dans le Nord-Est du pays. La France a alors décidé d’envoyer, dans la partie restée libre, une mission d’assistance militaire commandée par le Général Berthelot, qui a eu pour mission d’aider à la réorganisation et à la formation de l’armée roumaine. Cette assistance s’est accompagnée de livraisons d’armes et de munitions de nature à donner à cette armée rénovée les moyens d’affronter ses adversaires.

Les victoires roumaines survenues au cours de l’été 1917, lors des batailles héroïques sur la ligne du Siret (dont celles de Mărăşti et Mărăşeşti) ont durablement marqué la conscience nationale. Toutefois, le gouvernement roumain a dû signer l’Armistice de Focşani (9 décembre 1917) car la chute du régime tsariste intervenue à l’automne avait entrainé un isolement territorial de la Roumanie vis-à-vis de ses alliés, coupant les lignes logistiques indispensables à sa survie. Le Général Berthelot et sa mission ont été contraints de quitter le territoire roumain quelques mois plus tard.



Général Henri-Mathias Berthelot (1861-1931)

Fils de gendarme et originaire de la région lyonnaise, Henri-Mathias Berthelot est un personnage emblématique de la IIIème République. Orienté très jeune vers les meilleures écoles en raison de ses bons résultats scolaires, il a été élève de la 66ème promotion de Saint Cyr (promotion d’Egypte). Breveté de l’école supérieure de guerre en 1893, il est aide major général à l’entrée en guerre. Il est nommé général de division en novembre 1914 et participe aux combats de l’Aisne, de l’Artois et de Verdun avant d’être envoyé à la tête de la mission militaire en Roumanie entre octobre 1916 et le 12 mars 1918. Quelques mois plus tard, il revient en Roumanie à la tête de l’armée du Danube en novembre 1918 avant d’entrer triomphant dans Bucarest aux côtés du Roi Ferdinand 1er et de son épouse la Reine Marie.

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Général Henri-Mathias Berthelot en 1916 -
Ministère de la culture (France), Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Diffusion RMN-GP


Toutefois à la suite de l’effondrement du front bulgare, qui a conduit à la capitulation de la Bulgarie, Berthelot a été rappelé sur ce qu’on appelait alors le « front d’Orient », pour prendre la tête de l’armée du Danube qui devait libérer la Roumanie en passant par le sud. Dans le même temps une seconde mobilisation a été déclenchée par les autorités roumaines peu avant l’armistice de Rethondes qui mit fin à la Première Guerre mondiale. Cet armistice n’a pas signifié pour autant le retour immédiat des troupes françaises en métropole. Les militaires français sont restés sur le territoire roumain et ses marges jusqu’à la signature des traités de paix et la consécration de la Grande Roumanie.

Pour aller plus loin :

- Marcela Feraru, Misiunea Berthelot, România in primul război mondial, Éd. Nemira, 2008 (bande dessinée).
- Grandhomme Jean-Noël, La Roumanie de la Triplice à l’Entente, 1914-1919, Éd. 14-18-Soteca, 2009.
- Grandhomme Jean-Noël, Henri-Mathias Berthelot, 1861-1931 : du culte de l’offensive à la stratégie globale, Éd. Ecpad, 2011
- Messager Jean-Luc (Dir.), Français et Roumains dans la Grande Guerre, Éd. Ecpad ,2009.
- Roussin Michel, Sur les traces du général Berthelot, Éd. Barley, Paris, 2013.
- Vercel Roger, Capitaine Conan, Éd. A. Michel, Paris, 1934.

3. La Seconde Guerre mondiale

Au cours de la seconde Guerre mondiale un certain nombre d’alsaciens-lorrains incorporés de force dans la Wehrmacht ont trouvé la mort en Roumanie.


Liens :

- http://www.mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr/fr/index.html

- Lien vers les photos du front roumain :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memsmn_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=SERIE&VALUE_98=Front%20roumain%20&DOM=All&REL_SPECIFIC=3

- http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

- http://www.ecpad.fr/

- http://www.souvenir-francais.com/

- http://www.once.ro/ (« Office national pour le culte des héros » qui a, entre autre, la charge de la gestion des sépultures militaires en Roumanie)

Dernière modification : 03/06/2013

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