Mot d’ouverture de l’Ambassadeur de France à l’occasion de la conférence CCIFER (5 juin 2012)

Monsieur le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, et d’Agriculture Française en Roumanie,
Mesdames et messieurs les présidents et directeurs,
Mesdames et messieurs les chefs d’entreprises,
Mesdames, messieurs,
Chers amis,

C’est pour moi un grand plaisir de participer à cette conférence organisée par la CCIFER en partenariat avec le Service économique de l’Ambassade de France en Roumanie dans le cadre du pôle d’animation agricole et agro-alimentaire que vous avez constitué, et je vous en félicite, dans le courant de l’année 2011.

Il s’agit aujourd’hui du troisième évènement organisé par le pôle dont l’objectif est, je le rappelle, de construire une plateforme d’échanges d’information sur les sujets agricoles et agro-alimentaires et de promouvoir le savoir-faire français en Roumanie avec la participation du réseau des entreprises des secteurs concernés.

Le Service économique de l’Ambassade de France en Roumanie apporte son expertise dans le domaine de l’information sur les secteurs agricole et agro-alimentaire en Roumanie ainsi que sur le plan institutionnel en favorisant les contacts et les démarches auprès des autorités roumaines.

En termes de partage d’expérience, je voudrais remercier en particulier le directeur des études de la Fédération Nationale des SAFER, Monsieur Robert LEVESQUE, d’avoir accepté de faire le déplacement à Bucarest pour éclairer le débat d’aujourd’hui en présentant le rôle majeur que jouent les Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural dans l’aménagement du territoire rural en France. A travers les études et les opérations foncières qu’elles réalisent, elles contribuent à :
- dynamiser l’agriculture et les espaces forestiers, en favorisant notamment l’installation des jeunes agriculteurs,
- protéger l’environnement, les paysages et les ressources naturelles ;
- et enfin accompagner le développement de l’économie locale.

C’est pourquoi l’expérience française des SAFER issues des lois d’orientation agricole de 1960 et 1962 et qui ont aujourd’hui plus de cinquante ans d’expérience sur le terrain me semble utile.
Nous savons que les enjeux fonciers et les difficultés connues en Roumanie (extrême fragmentation des parcelles et des propriétés, actualisation du cadastre, accès à la terre) sont au cœur de la problématique du développement des territoires ruraux. Les témoignages d’agriculteurs français et roumains installés en Roumanie permettront d’éclairer nos débats sur les situations qu’ils rencontrent au jour le jour et je les remercie d’avoir accepté de participer à la table-ronde.

Je voudrais aussi remercier pour sa présence Monsieur Christian PEES, le Président d’Euralis, un des plus importants groupes coopératifs de France, comme il va nous l’expliquer. Vous savez qu’ici le mot « coopérative » fait peur, car il évoque un mode d’organisation ancien et imposé de l’agriculture dans ce pays. En France, c’est un tout autre concept, né après la 2ème guerre mondiale par une loi qui date du 10 septembre 1947. Une coopérative est créée à l’initiative des agriculteurs afin d’assurer en commun, et dans l’intérêt de chacun des adhérents, l’utilisation d’outils de production, de conditionnement, de stockage, la commercialisation ou la transformation des produits de leurs exploitations ou encore leur approvisionnement en engrais et autres intrants.

L’organisation économique des producteurs agricoles est une nécessité vitale dans ce pays comme dans d’autres. C’est un aspect qui sera aussi essentiel pour la mise en œuvre de la future Politique Agricole Commune, et notamment son volet relatif à l’organisation commune des marchés.

Je crois que l’exemple de votre groupe coopératif, avec un conseil d’administration composé uniquement d’agriculteurs, permettra d’illustrer les valeurs qui sont les vôtres d’être au service de vos agriculteurs adhérents. Vos autres fonctions au sein du Momagri (Mouvement pour une Organisation Mondiale de l’Agriculture) et de la Cogeca (Confédération Générale des Coopératives Agricoles de l’Union européenne) et votre participation aux débats en cours à ces niveaux rendent votre témoignage d’autant plus intéressant.
Comme vous le savez tous, la négociation sur la future Politique Agricole Commune a déjà largement commencé après la publication des propositions de la Commission européenne le 12 octobre 2011.
Les grandes lignes de ces propositions concernant les aides directes du premier pilier vous seront présentées dans un instant.

A l’occasion de sa prise de fonctions le 17 mai dernier, le nouveau ministre de l’agriculture et de l’agro-alimentaire Stéphane LE FOLL a déclaré qu’un des enjeux majeurs de la période qui s’ouvre sera l’enjeu européen avec la réforme de la PAC, avec une question-clé qui se pose à tous les européens : quel sens voulons nous donner à l’agriculture, ou plutôt aux agricultures en Europe compte tenu de leur très grande diversité ?

L’avenir de l’agriculture constitue ainsi, pour le ministre, un enjeu stratégique. Parmi les premières priorités d’action de son ministère qu’il a évoqué, il s’agit pour lui :
- d’assurer un développement durable des exploitations agricoles dans leur diversité, en portant au plus haut niveau l’efficacité économique comme l’exigence écologique,
- de contribuer à l’activité et à la qualité des industries agroalimentaires françaises,
- de renforcer la compétitivité des filières agricoles et forestières créatrices d’emploi dans nos territoires, au travers notamment de la recherche et de l’innovation,
- de maintenir un haut niveau de qualité et de sécurité de notre alimentation,
- de conforter notre enseignement agricole dans son excellence,
- de contribuer au dynamisme de nos territoires ruraux.

Cette ambition doit être portée avec détermination au niveau européen dans la négociation de la nouvelle PAC et dans les négociations commerciales.

La France et la Roumanie ont toujours partagé l’ambition d’une politique agricole commune forte au sein de la politique européenne.

Je crois qu’il est essentiel que nos deux grands pays agricoles continuent, comme ils l’ont fait de longue date, de rapprocher leurs points de vue pour que nous portions une voix la plus commune possible pour défendre cette politique essentielle à l’Europe de demain.
Je vous remercie pour votre attention.

Dernière modification : 12/07/2012

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