Portrait du mois - Gabriela Adamesteanu

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Madame Gabriela Adameșteanu, figure emblématique de la littérature roumaine, romancière, auteure de nouvelles, traductrice et journaliste, est notre personnalité du mois.

Parmi les romans les plus connus de Mme Adamesteanu, „Drumul egal al fiecarei zile” (La monotonie de chaque jour), nommé au Prix Jean Monnet de Littérature Européenne en 2010, « Dimineața pierdută » (Une matinée perdue) récompensé par le prix de l’Union des écrivains en 1985 et « Provizorat » (Situation provisoire), bestseller au salon du livre de Paris en 2013.

Traductrice de Maupassant (Pierre et Jean, en collaboration avec Viorica Oancea) et de H. Bianciotti (Sans la miséricorde du Christ), Gabriela Adamesteanu est également auteure des livres de journalisme Obsesia politicii, 1995 (Obsession de la politique) et Cele două Românii, 2000 (Les deux Roumanies).


En 2013, Gabriela Adameșteanu a été la Présidente d’honneur de la première édition du choix roumain de la liste Goncourt, évènement qui a connu un réel succès. Elle a reçu, de la part de la Ministre de la Culture, les insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.



1. Quels ont été les premiers auteurs français qui vous ont le plus impressionnée ?

Je ne connais pas le nom du premier auteur français qui m’a impressionnée, mais je connais le titre du livre : Les aventures du capitaine Corcoran. Une belle édition, en rouge et or, avec des images, que je brûlais d’envie de découvrir. Je l’avais trouvé dans la bibliothèque de mes parents. Je crois que j’avais 10-11 ans, et j’ai commencé la lecture, en m’aidant d’un dictionnaire. Je ne connaissais pas à l’époque suffisamment la langue française et j’avais fait l’erreur d’interrompre les leçons privées, pour faire faire des économies à mes parents qui parlaient toujours d’argent. Je l’ai regretté plus tard, non seulement parce que j’ai dû apprendre ensuite, des années durant, seule, la langue française, mais aussi parce que je pensais à cette vieille dame, qui vivait dans une chambre au sous-sol, qui devait survivre grâce aux leçons modestement payées 5 lei. Après, j’ai été impressionnée par Balzac et j’ai aimé Stendhal. Flaubert, moins. Ils ont été les premiers.

2. Récemment vous avez reçu la distinction de Chevalier des Arts et des Lettres. Quelle est la signification de cette distinction pour vous ?

Cette distinction signifie pour moi la réponse de la France à mon amour inconditionnel pour sa langue, pour sa culture (en place privilégiée, la littérature), pour ses institutions culturelles qui fonctionnent incomparablement mieux que les nôtres.

3. Quel est le rôle que la francophonie joue dans la société roumaine actuelle, selon vous ?

Dans la société roumaine, la francophonie joue un rôle important, soutenue par l’Ambassade de France, les institutions culturelles, mais aussi les entreprises et les investissements économiques. Je suis impressionnée par le grand nombre d’actions pour soutenir la francophonie menées par l’Ambassade de France en Roumanie. Je trouve que les représentants du Bureau du Livre à Bucarest font des stages trop courts, 2 ans seulement : ils partent quand ils connaissent bien leurs interlocuteurs et les institutions roumaines. La Roumanie n’est pas un pays facile à connaître et ici on aime apprendre les langues étrangères très tôt. On ne doit pas toujours se référer à la traditionnelle francophilie des Roumains : aujourd’hui, la langue française affronte non seulement l’anglais, mais aussi l’allemand, l’italien, l’espagnol, parce que l’économie est devenue très importante.

4. Quels sont les trois plus importantes œuvres littéraires françaises qu’aucun lecteur ne devrait rater ?

La Comédie Humaine de Balzac (cela veut dire tous ses romans), A la recherche du temps perdu de Proust. Le troisième devait être Flaubert, mais je crois que pour ne pas rester dans le passé, on doit lire au moins un écrivain français d’aujourd’hui.

5. Vous avez traduit des œuvres d’Hector Bianciotti et de Guy de Maupassant. Votre activité de traductrice a-t-elle eu un impact sur votre activité d’écrivain ?

Le roman de Guy de Maupassant a été traduit en coopération avec une de mes amies, Viorica Oancea. J’ai traduit par amour de la langue française. La traduction, je trouve que c’est une profession fascinante. Mais je ne peux pas y consacrer le temps nécessaire.


Nous vous proposons de visiter avec nous Tours, ville natale d’Honoré de Balzac, auteur préféré de notre personnalité du mois, Gabriela Adamesteanu.

Dernière modification : 25/11/2014

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