Remise des insignes de chevalier de la Légion d’honneur à M. Mihnea Constantinescu (28 octobre 2013)

Monsieur l’Ambassadeur, cher Mihnea,

Une évidence m’est apparue en lisant votre parcours : au moment où j’ai l’honneur et le plaisir de vous décorer ce soir, je constate que vous avez réussi ce que peu d’êtres humains arrivent à réaliser, à savoir plusieurs synthèses.

Je m’explique : c’est en 1996 que vous avez achevé votre cycle d’études en ingénierie nucléaire en devenant Docteur. C’est en 1996 également que vous avez entamé votre carrière de diplomate. Sept années plus tard, en 2003, vous accédez au grade d’Ambassadeur et aujourd’hui, vous êtes Ambassadeur en charge de la sécurité énergétique. Vous avez bouclé la boucle, conclu un cycle, fait en quelque sorte la synthèse entre vos différents domaines de prédilection.

Quoi de plus logique, d’ailleurs ? Je suppose que cette thématique de l’énergie n’aura jamais manqué à vos préoccupations ni à vos missions officielles. Mais voilà, ce sujet prend à juste titre une dimension (géo)politique toujours plus importante pour votre pays. Rien de plus naturel dès lors qu’aujourd’hui cette charge d’ambassadeur en charge de la sécurité énergétique vous revienne pleinement.

Vous avez aussi réalisé une autre synthèse plus difficile celle-ci que ce soit en Roumanie ou en France, entre les différents courants, les différentes personnalités politiques. En vous consacrant dès 1990 aux affaires sensibles de gouvernance de la nouvelle Roumanie, vous avez décidé de prendre un chemin exigeant mais gratifiant : celui du Service de l’Etat avec un grand S. Entamé auprès de Petre Roman, votre parcours est pour le moins exemplaire. Vous êtes l’année suivante le porte-parole du gouvernement et sous-secrétaire d’Etat à l’information. Vous collectionnerez par la suite, si j’ose dire, les chefs de gouvernement dont vous aurez été soit le directeur du cabinet, soit le conseiller diplomatique ou le conseiller d’Etat : Petre Roman, Theodor Stolojan, Nicolae Vacaroiu, Adrian Nastase, Calin Popescu Tariceanu, Victor Ponta, la liste est impressionnante !

Votre carrière diplomatique n’est pas en reste : vous aurez été notamment en 1998 le directeur général pour les affaires politiques, en 2001 le représentant pour le Sud-Est de l’Europe dans le cadre de la présidence de l’OSCE, en 2003 le conseiller de l’autorité provisoire de Bagdad au service du nouvel Etat irakien, ou encore en 2005 le coordonnateur de la mission d’experts de la Communauté des démocraties en Géorgie.

Parallèlement, vous êtes membre ou avez été à la tête de plusieurs organisations non gouvernementales dont ASPEN, et vous accordez une attention particulière à l’alliance civique des Roms de Roumanie pour défendre l’égalité des chances entre tous les citoyens. Vous êtes par ailleurs membre depuis 2009 du Conseil royal du Roi Michel 1er.
Enfin, tout au long de votre parcours, vous n’aurez eu de cesse de participer au renforcement de la coopération bilatérale entre la Roumanie et la France, notamment dans votre domaine d’excellence. C’est vous qui concrétiserez la constitution du groupe de travail « énergie » dans le cadre du partenariat stratégique entre nos deux pays. Et c’est également vous qui aiderez la chambre de commerce et d’industrie franco-roumaine à réaliser le premier forum bilatéral consacré à « l’énergie, une chance pour la Roumanie ».

Je conclurai tout simplement en vous souhaitant de réussir encore de nombreuses synthèses au cours des années à venir qui verront, je n’en doute pas, la Roumanie prendre toute la place qu’elle mérite au sein de l’Union européenne, grâce à vous et à ceux qui comme vous sont dévoués à sa cause en faisant leur la célèbre devise de l’Ecole nationale d’administration qui m’est chère : « servir sans s’asservir ».
Monsieur Mihnea Constantinescu, au nom du Président de la République française, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais Chevalier de la légion d’honneur.

Dernière modification : 05/11/2013

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