Remise des insignes de chevalier de la Légion d’honneur à M. George Cristian Maior (17 avril 2014)

Monsieur l’ambassadeur Maior,

La décision du président de la République de vous distinguer couronne un parcours tourné vers l’Europe et marqué par le souci d’arrimer la Roumanie à la communauté euro-atlantique et de lui faire retrouver la place qui a été la sienne au sein de l’Europe unie.

Vous avez débuté en 1992 votre carrière au ministère des Affaires étrangères, après des études en droit à l’Université Babes-Bolyai (UBB) de Cluj Napoca (ville dont vous êtes natif) et l’obtention d’un Master of Arts en droit international et comparé de l’université George Washington, cycle couronné en 1997 par l’obtention docteur es Droit international de l’UBB.

Après avoir occupé, de 1997 à 1999, les fonctions de chargé d’affaires à l’ambassade de Roumanie en Irlande, vous êtes nommé, au mois de décembre 2000 secrétaire d’Etat au ministère de la Défense et chef du département pour l’intégration euro-atlantique et la politique de défense, conduisant à ce poste les négociations pour l’adhésion de la Roumanie à l’OTAN – les plus compliquées et complexes qu’aient menées la Roumanie selon vos dires - couronnées par le dépôt, le 29 mars 2004, des instruments d’adhésion à Washington, évènement dont nous venons de fêter le dixième anniversaire. Symbole de cette réussite, le 24 août 2004, vous accédez au grade d’ambassadeur.

C’est à ce moment là que vous mettez entre parenthèse votre carrière diplomatique pour vous présenter aux élections législatives. Vous êtes élu sénateur d’Alba au mois de novembre 2004. Vous poursuivez cependant, au sein du Sénat, dans cette voie qui vous tient à cœur (les affaires géostratégiques), en devenant notamment en 2005 président de la Commission sénatoriale pour la défense, l’ordre public et la sûreté nationale et membre, puis vice-président, de la commission spéciale du Parlement pour le contrôle du SIE, en étant parallèlement membre de la commission des droits de l’homme, des cultes et des minorités.

C’est le grand connaisseur des enjeux géopolitiques et de sécurité contemporains que vous êtes que le président de la République décide de nommer, le 4 octobre 2006, directeur du Serviciu Roman de Informatii (SRI). A ce poste, vous vous êtes engagé dans une profonde réforme de ce service, afin d’y imposer les valeurs de professionnalisme et de respect de l’Etat de droit.

Reconnaissant encore en 2010, que l’image du SRI était encore assombrie par les « fantômes de la Securitate », vous vous êtes attaché à rendre plus visible et plus compréhensible l’action de ce service auprès du grand public, notamment avec une politique active de communication. Ce choix fait sans doute que le SRI est désormais, selon les sondages, l’une des institutions, obtenant, derrière les forces armées, un plus des élevés taux de confiance de la part des citoyens roumains. Cette confiance est sans doute également la conséquence du fait que l’accroissement des moyens juridiques et matériels dont a bénéficié le SRI, nécessaire pour contrer les nouvelles menace, a pour contrepartie un contrôle par la représentation parlementaire, aux interrogations de laquelle, comme vous l’avez à maintes reprises souligné, vous êtes régulièrement amené à répondre.

Vous vous êtes parallèlement signalé par votre engagement en faveur de la coopération avec les partenaires européens, notamment français, stratégie constante que vous n’avez cessé de défendre et qui fait désormais du SRI un service respecté de ses partenaires et pleinement engagé avec ces derniers dans la lutte contre les menaces transnationales auxquelles l’Europe est confrontée.

Enfin, vous avez fait du SRI un auxiliaire rigoureux et efficace apportant son soutien aux services de l’Etat chargé de veiller au respect des lois et de lutter contre la corruption, afin de permettre à la Roumanie d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé pour parvenir à une gouvernance conforme aux plus hauts standards européens. De fait, comme vous le souligniez encore récemment, la corruption est un phénomène qui affaiblit les Etats et rend vulnérables les acteurs publics qui y sont exposés, susceptibles d’être la cible de pressions de la part d’Etats hostiles ou de groupes criminels.
Je conclurai en vous souhaitant, lorsque votre mandat à la tête du SRI parviendra à son terme, de pouvoir, avec le même engagement et le même dévouement, poursuivre votre mission au service de la Roumanie.

Monsieur l’Ambassadeur George Cristian Maior, au nom du président de la République française et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais chevalier de la Légion d’honneur.

Dernière modification : 22/04/2014

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