Semaine des Ambassadeurs - Discours du Premier ministre Manuel Valls (26 août)

Que l’optimisme "devienne, à nouveau, un symbole de la France. Qu’il fasse partie, à nouveau, de notre étendard." C’est le souhait qu’a formulé Manuel Valls, mercredi 26 août, devant les ambassadeurs réunis au ministère des Affaires étrangères. Dans son discours, le Premier ministre a appelé à "une diplomatie forte au service d’une France forte" face à la menace terroriste, aux replis nationaux et aux crises que traverse l’Union européenne.

Face à un "totalitarisme nouveau (…) qui veut abattre la civilisation, ici, en Europe, en Afrique, dans le monde arabo-musulman, pour y substituer la terreur, la tyrannie", notre force, c’est la République, a expliqué Manuel Valls devant les ambassadeurs. "Une République déterminée à se donner tous les moyens, dans le respect du droit – c’est l’arme et l’honneur des démocraties – pour lutter de manière implacable ici, en France bien sûr, mais aussi au Sahel ou au Moyen-Orient où nous armées sont déployées." Face à cette menace, "le Gouvernement a pris les décisions qui s’imposaient", avec l’adoption, notamment, d’une loi sur le renseignement, qui donne un cadre légal aux services et leur confère les moyens juridiques nécessaires pour traquer plus efficacement les terroristes.

"Mais, nous ne pouvons lutter seuls. La coopération internationale contre le terrorisme est plus que jamais une nécessité. Elle est même une condition de notre efficacité", a souligné Manuel Valls. Lutter contre le terrorisme, c’est aussi protéger nos intérêts à l’étranger. "Je tiens à vous le dire : jamais nous ne transigerons avec la sécurité des Français de l’étranger et avec la protection des représentants de l’État et de nos ambassades."

"Mettre au cœur de nos politiques, la croissance, l’investissement et l’emploi", c’est le pré-requis pour que l’Europe avance. Mais face aux défis – migration, croissance et emploi… - que rencontre aujourd’hui l’Europe, le plus grave, a pointé Manuel Valls, est que "le projet européen ne s’impose plus avec évidence". Il revient à la France de réaffirmer l’élan de la construction européenne : "je suis frappé de constater, dans tous les échanges que j’ai avec des responsables européens, que la parole de notre pays sur l’Europe est irremplaçable. Ceci nous honore. Ceci, surtout, nous oblige."

Dès lors, l’ambition doit être d’aller plus loin, de tirer la leçon des crises à répétition que traverse l’Europe. Aller plus loin c’est relancer la croissance et l’emploi. Le plan Juncker, pour lequel la France s’est beaucoup impliquée, se met en place. Les premiers financements sont disponibles, les premiers projets y compris en France, commencent à se réaliser. Aller plus loin, c’est aussi préparer l’avenir en investissant massivement dans des capacités de recherche, dans le capital humain, dans les nouvelles technologies. C’est ensuite préparer la prochaine étape, celle de l’intégration croissante de la zone euro pour la rendre plus efficace et surtout plus légitime : "il faut que la zone euro bâtisse une véritable politique de convergence économique, financière, fiscale et sociale". Enfin, c’est ne jamais hésiter à encourager les solutions européennes, partout où elles sont nécessaires ; l’Europe n’est pas la solution à tous nos maux, "mais ne pas s’engager pleinement au plan européen et ne faire les choses qu’à moitié, au motif que politiquement ce serait sensible ou que les opinions publiques ne comprendraient pas, ce n’est pas non plus la solution."

Manuel Valls a appelé à "combler les lacunes qui finissent par se retourner contre le projet européen lui-même", à faire peuvre "de solidarité, mais aussi de responsabilité". Il faut, dans cet esprit, "que l’Union européenne se dote d’une politique de l’asile pleinement conforme aux valeurs que l’Europe porte aux yeux du monde", a souligné le Premier ministre, faisant écho à l’actualité.

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Dernière modification : 23/11/2016

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