2008 - Des voeux pour la Roumanie
2008 ne sera pas une année facile pour l’Europe, avec une croissance moyenne ralentie, et la nécessité de construire des consensus autour de très grands enjeux budgétaires, stratégiques ou politiques. Gageons que la ratification du traité de Lisbonne, si elle intervient rapidement, ce que j’espère et crois, lui donnera des moyens supplémentaires pour passer ces obstacles. Pour affronter les défis de 2008, la Roumanie dispose de nombreux atouts : une économie en forte et durable progression, une géographie favorable, une main d’œuvre de bonne qualité, l’appui de l’Union européenne grâce aux fonds structurels, et la garantie de sa sécurité grâce à sa double appartenance à l’OTAN et à l’Union européenne.
Les commentateurs de l’actualité, qui sont fort heureusement nombreux dans la presse et les médias audiovisuels roumains, s’attarderont certainement en ce début d’année sur certaines faiblesses, procès en corruption, risques d’instabilité politique, fuite des cerveaux, défaillances des infrastructures et de certains services publics. Les citoyens roumains s’en plaignent en effet. Mais ces maux n’ont pas empêché jusqu’à présent le miracle de la croissance roumaine de se produire ; le problème est de savoir s’ils handicaperont à l’avenir la poursuite de cette croissance, et l’harmonieuse répartition de ses fruits entre les citoyens. Ce n’est pas à moi de répondre à cette question.
Aussi, mes vœux pour la Roumanie seront-ils de trois, dans l’ordre :
D’abord, je souhaite que la Roumanie réussisse en 2008 sa réforme de la décentralisation et de la déconcentration. Comme la France, la Roumanie hérite d’un Etat fortement centralisé, organisation peu adaptée à un Etat moderne. Il me semble que l’on peut faire pour elle le pari de sa jeune démocratie et croire que la décentralisation et la déconcentration lui permettront de moderniser plus vite les services publics, en les plaçant plus directement sous le contrôle des citoyens qui en sont les bénéficiaires.
Ensuite, je souhaite qu’elle poursuive et mette en œuvre en 2008 sa stratégie dans le domaine du développement durable entendu au sens large. La Roumanie possède des richesses naturelles et un potentiel considérable qu’elle ne doit pas gaspiller, et un consensus politique devrait pouvoir se dégager pour en tirer le plus grand bénéfice pour l’avenir. Pourquoi ne pourrait-elle pas se donner comme objectif de devenir dans sa région un modèle de développement durable ? Cela pourrait être pour elle un nouveau relais de croissance, et elle en retrouverait à moyen terme les bénéfices en termes d’indépendance énergétique, et de développement touristique par exemple.
Enfin, je souhaite que 2008 soit une année faste pour les relations entre la Roumanie et la France. Nos relations sont denses, mais peuvent atteindre un degré supérieur. Au niveau politique, le Président de la République française se rendra prochainement en Roumanie pour relancer nos relations. La France, qui détiendra la Présidence de l’Union européenne au second semestre de l’année, aura à cœur de contribuer à insérer davantage les nouveaux Etats membres dans les réflexions et les débats de l’Union. En Roumanie, même plusieurs grands événements seront organisés dans le domaine culturel et nous commençons dès ce mois de janvier avec le dépôt d’une quarantaine d’œuvres du Fonds National d’Art Contemporain au MNAC pour une exposition de 8 mois, que je vous invite vivement à visiter.
Je souhaite à la Roumanie, aux Roumains et à tous ceux qui résident dans ce beau pays une belle et heureuse année 2008.
