Discours de Mme Răduţa MATACHE

Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames, messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de vous faire part de ma joie d’être ici avec vous, en ce jour de bilan. M. l’Ambassadeur, je vous remercie pour l’honneur que vous m’avez fait, de m’avoir donné l’occasion de partager avec vous quelques réflexions sur les principaux résultats de la Présidence française de l’Union. Il y a six mois, lorsque vous teniez le discours de lancement de la PFUE, je pense que personne n’anticipait pleinement la portée des défis auxquels allait se confronter la Présidence: crise financière et économique, crise géorgienne, greffées sur un climat déjà difficile suite aux dossiers importants à l’ordre du jour de l’Union: Traité de Lisbonne, énergie/changement climatique.

C’est le mérite de la France d’avoir su gérer, d’une manière active et réactive, les défis auxquels elle s’est confrontée. Le succès de la Présidence est à la fois un succès de l’Europe, car toute Présidence est en fin de compte la mesure de l’Union des 27 d’agir ensemble.  M. l’Ambassadeur, merci à la France d’avoir su faire le succès de l’Europe.

Faire en sorte que les gens, et surtout les Etats, s’entendent n’est pas toujours une tâche aisée. Pourtant, la Présidence française, avec un sens tout à fait remarquable de l’écoute et de la solidarité, a mené à bien cette entreprise. Elle a su prêter attention aux spécificités de chacun et a réussi à trouver le bon équilibre dans l’intérêt de l’Union. L’approche de la Présidence reflète, à cet égard, assez bien la pensée de Jean Monnet, qui considérait que l’Europe doit agir pour rassembler les hommes et non pas pour coaliser les Etats.
 
Je ne désire pas faire un compte rendu précis de la Présidence, M. l’Ambassadeur, vous l’avez fait mieux que moi. Je voudrais seulement m’attarder sur quelques points des six mois qui viennent de passer.

Comme je l’ai précisé plus tôt, la Présidence française n’a pas été épargnée par l’imprévu. Mais, comme disait Corneille « on est toujours tout prêt quand on a du courage », elle a su rallier le courage et l’unité de l’Europe pendant le conflit russo-géorgien. La France a su bâtir le consensus entre tous les Etats membres. La Roumanie a retrouvé elle aussi son point de vue dans les efforts de médiation et conciliation que la Présidence, et le Président Nicolas Sarkozy personnellement, ont déployés à Moscou et à Tbilissi. Nous espérons que le processus de Genève conduira à une stabilisation et à une paix durable. Nous avons apprécié également l’efficacité et la rapidité de l’action concrète de l’UE sur le terrain, par l’intermédiaire de la mission  PESD, qui bénéficie d’une importante contribution roumaine.

Déjà à la suite du conflit nous avons pu constater une forte reconnaissance de l’importance de la région élargie de la Mer Noire pour le continent européen. La Conférence que l’Ambassade de France a organisée à Bucarest en octobre dernier a témoigné du nouvel essor du processus de réflexion sur la problématique de la Mer Noire.

Je souhaiterais vous dire également quelques mots sur le Partenariat oriental de l’UE. C’est une nouvelle initiative importante de l’UE, en tant qu’acteur politique global, que la Roumanie a soutenu dès le début, dans une perspective de complémentarité avec la Synergie de la Mer Noire. Toute démarche est la bienvenue pour encourager les efforts de nos voisins de l’Est, qui, pour la plupart, sont dans une étape de renforcement étatique et démocratique.

La Roumanie soutient, comme vous le connaissez, une relation renforcée entre la République de Moldova et l’UE. Nous nous réjouissons que pendant la Présidence française du Conseil, la Commission a finalisé le projet de mandat pour les négociations du futur Accord (plus ambitieux), qui doit contribuer de manière déterminante à garantir un trajet européen de succès pour la République de Moldova et son intégrité territoriale.
Les défis auxquels la Présidence française a dû faire face ont touché également les « affaires intérieures » de l’Union.

La crise financière et économique a révélé la capacité de la Présidence française de catalyser l’Union afin de bien gérer à l’intérieur de L’Union les conséquences de celle-ci, mais également sa vocation de projeter une réponse européenne au niveau international.
Le Plan européen de relance économique, adopté par le Conseil européen de décembre, reflète ainsi de manière cohérente la volonté commune de donner une réponse concertée à cette situation qui représentera un défi à court et moyen terme. En même temps, l’Union a prouvé, une fois de plus, qu’elle représente un acteur fort et résolu au niveau global. La voix de l’Europe s’est fait entendre à Washington au Sommet du G 20 du 15 novembre 2008, en affirmant la nécessité d’une réforme réelle du système financier international.
La Roumanie s’est ralliée aux efforts de la Présidence dans sa démarche de combattre les effets de la crise financière afin d’éviter que celle-ci diminue la confiance des citoyens dans le projet européen.

Les négociations sur le paquet législatif énergie – climat, sur lesquelles un accord politique a été obtenu au Sommet européen de décembre nous a donné, encore une fois, la mesure de l’efficacité de la Présidence française. Ce succès va réaffirmer la position de leader global de l’Union européenne dans la lutte contre les changements climatiques et va garantir la mise en œuvre des engagements ambitieux des Etats membres dans le domaine de l’énergie et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les succès les plus importants ne doivent pourtant pas cacher les réussites dans d’autres domaines communautaires.

Pendant cette période, l’Union s’est dotée d’un Pacte européen pour l’asile et la migration, proposition française fortement soutenue par la Roumanie. Nous avons l’intention ferme de mettre en œuvre, à travers cet instrument, des projets de coopération avec les pays tiers dans les régions du voisinage oriental de l’Union.

L’accord politique sur le «bilan de santé» de la Politique Agricole Commune a fait progresser la réforme dans ce secteur, tout en tenant compte des réalités spécifiques des nouveaux Etats membres. La Roumanie coopérera intensivement pour que ce débat continue au niveau communautaire, afin d’assurer que la réforme va prendre en compte tous les enjeux nationaux, communautaires et mondiaux.
 
Le travail soutenu de la Présidence française s’est remarqué également dans ses efforts d’éclaircir les perspectives du Traité de Lisbonne. Nous espérons que la nouvelle feuille de route, récemment adoptée au sommet de décembre, permettra au Traité d’entrer en vigueur aussi tôt que possible. La continuation et finalisation du processus de ratification de ce document dans tous les Etats membres est essentielle.
 
L’action de la Présidence a renforcée l’image d’une Europe politique, présente au cœur des débats, prête à prendre les décisions nécessaires bien que difficiles. Mais l’Europe c’est aussi la culture et la Présidence a bien su mettre en valeur cet aspect aussi. Vue de Bucarest, l’Europe a été ces derniers six mois, un projet culturel dynamique. Je tiens à féliciter l'Ambassade de France et l'Institut Français pour la qualité exceptionnelle des projets culturels présentés pendant cette saison culturelle, qui ont été une constante de la PFUE ici, en Roumanie.

La coopération étroite entre la France et la Roumanie n’est pas cependant l’apanage du secteur culturel seulement. Nos relations bilatérales sont excellentes dans plusieurs domaines. Ceci a été relevé par la conclusion d’un vrai partenariat stratégique pour l'Europe, la Roumanie étant le premier pays de la région avec lequel la France a conclu un tel type d’accord privilégié. Nous nous souvenons avec plaisir de la visite du Président Nicolas Sarkozy en Roumanie, en février dernier, au cours de laquelle ce partenariat a été lancé. Je souhaite que notre bonne coopération se poursuive de la même manière, bénéfique et efficace, au profit des deux pays et de leurs citoyens.

Avant de finir mon intervention, je souhaiterais féliciter encore une fois la Présidence française pour ses résultats. Elle s’est avérée un véritable exemple pour les Présidences à venir, et également pour la Roumanie, partenaire dédié au succès du projet européen.