Interview du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, M. Jean-Pierre JOUYET pour RFI Roumanie (7 octobre 2008)
- La première question, probablement la plus importante vu la situation internationale : comment voyez-vous une sortie de la crise actuelle, il y a des pays qui exigent une solution unique, il y a le FMI qui dit à l’UE d’agir d’une manière coordonnée, l’Union a déjà décidé, mais, finalement, comment voyez-vous une solution ? Il y a des pays qui disent qu’il faut agir tous ensemble.
- Je crois que dans ce type de situation, plus on agit de manière coordonnée et unie, le mieux c’est. Il est évident que c’est ce qu’essaIent de faire les ministres de l’Economie et des Finances qui sont réunis, à l’heure où je vous parle, à Luxembourg pour trouver une issue commune. Déjà, comme vous le savez, il y a eu hier soir un accord pour relever les plafonds de garantie des déposants de 20.000 euros à 100.000 euros. C’est un premier pas. Il faut qu’il soit amplifié, mais nous ne pouvons pas nous prononcer avant la fin de cette réunion. Il faut qu’il y ait, comme je l’ai dit, une coopération très étroite, c’est un test pour la zone euro, pour la politique économique et monétaire, et dans ce domaine, l’Europe doit se comporter de manière aussi responsable et aussi unie qu’elle a pu l’être sur le plan de la politique extérieure et de sécurité lors, notamment, du conflit entre la Géorgie et la Russie. Mais chacun a son travail à faire. Le Fond Monétaire International a également son travail à faire, le FMI doit revenir à ce qui était ses fondamentaux, c’est-à-dire exercer une surveillance financière et monétaire beaucoup plus importante que ce qui a été exercé ces derniers mois, ou ces dernières années, proposer également des solutions, des orientations, faire face aux déséquilibres financiers et monétaires, et cela n’a pas été suffisamment fait jusqu’à présent, et l’on ne peut que regretter que le FMI n’ait pas été le gendarme financier que l’on attendait qu’il fût, sauf à l’égard des pays émergeants ou des pays les plus pauvres.
- Vous revenez de Moldavie. On a vu ce qui s’est passé en Géorgie, avec l’Ossétie et l’Abkhazie, et on a la Transnistrie. Comment voyez-vous le règlement de ce problème de la Moldavie, le problème transnistrien, au niveau européen ?
- Je crois que l’UE a souhaité donner un signal à l’égard de la Moldavie. L’UE sera prête à signer, la semaine prochaine, un accord, plus ambitieux que l’accord de partenariat et de coopération qui est en vigueur, plus ambitieux à la fois, en ce qui concerne les relations commerciales, en allant vers une zone de libre-échange, plus ambitieux en facilitant l’octroi des visas, plus ambitieux en ayant des partenariats de coopérations dans le domaine énergétique, puisque c’est un problème très important pour la Moldavie. Nous serons même prêts sous présidence française à proposer à nos partenaires qu’il y ait un mandat de négociation sur ce nouvel accord dès avant la fin de la Présidence française. Donc, nous sommes très engagés. En ce qui concerne le règlement du problème transnistrien, nous avons voulu montrer par notre démarche que nous souhaitons que soient prises en compte les aspirations européennes des pays voisins de la Russie, membres de l’ancienne Communauté des États Indépendants, -aspirations européennes ne sont pas égales à l’OTAN, je le souligne une nouvelle fois-, et de faire en sorte que le processus 5 + 2 reste le seul processus valable ; il doit encore être conforté et amplifié pour résoudre de manière pacifique et préventive le problème transnistrien et éviter de faire qu’il se passe en Transnistrie ce qui s’est passé en Géorgie. Mieux vaut agir de manière préventive, dans un dialogue avec la Russie, mais dans un dialogue transparent et impliquer la communauté internationale, l’Union européenne à travers ce processus 5 + 2.
- Et dernière question, on est à quelques mois de la signature du partenariat stratégique entre la Roumanie et la France. Si on devrait faire un bilan, comment s’est-il concrétisé jusqu’aujourd’hui et comment le voyez-vous dans quelques mois ?
- Dans quelques mois, je le verrai encore mieux, mais le bébé est déjà très très beau aujourd’hui, cela dans la mesure ou nous avons des résultants concrets dans la coopération universitaire et scolaire, ce qui est important. La France est le premier pays d’accueil des étudiants roumains. Le nombre des bacheliers franco-roumains ne cesse de croître, il est de 360 aujourd’hui. Il y a un lycée français en Roumanie qui va être construit grâce aux efforts tout particuliers faits par le premier ministre roumain, je l’en ai remercié ce matin, qui a livré un terrain. Deuxièmement, nous continuons à bien progresser en ce qui concerne la coopération agricole, agroalimentaire. J’ai pu m’en rendre compte au dîner hier soir avec mon collègue Lazăr Comănescu. Et donc de voir combien dans le domaine viticole, combien sur le plan agroalimentaire, il y avait une excellente coopération entre la France et la Roumanie. Je crois que cela doit encore être développé. Il y a également des progrès qui ont été faits en ce qui concerne la gestion environnementale avec la coopération avec des entreprises françaises, il y a aussi toute une coopération dans l’aérien civil qui est très important. Nous pensons livrer prochainement des ATR à la compagnie nationale roumaine TAROM. Nous souhaitons développer la coopération entre Tarom et Air France à travers Sky Team et nous souhaitons dans le domaine de la défense et de la sécurité aussi concrétiser la coopération dans le domaine de l’équipement à terme de missiles et également l’avion de combat. Donc, je pense que tout ce qui a été décidé par le Président Sarkozy et par le Président Basescu lors de la visite du président Sarkozy au début de l’année est en train de se concrétiser et nous ferons tout, nous avons des étapes régulières pur que ce partenariat soit encore enrichi d’ici le mois de mars prochain.
