Art et Paysage – Jardins Nomades

A l’occasion des « Journées de Bucarest », 18-20 septembre 2010

Bucarest vit avec la nostalgie des jardins d’autrefois. Dans le cadre des Journées de Bucarest, l’Ambassade de France et l’Institut français proposent plusieurs interventions symboliques au cœur de la capitale, invitant les habitants de Bucarest à une promenade nomade de jardin en jardin, du boulevard Dacia 77 à la Gare du Nord. Le projet Art et Paysage – Jardins nomades est le résultat de la collaboration entre l’Institut Français et CulturesFrance, ArCuB et la Mairie Municipale de Bucarest.

Le projet se traduira à travers les installations éphémères sur 6 points centraux de la capitale : Dacia 77, Place Arthur Verona, les jardins de l’Athénée, Place de Rome et la Gare du Nord. Cette démarche sensible et conceptuelle propose un regard neuf sur des paysages urbains connus, réinterprétant l’idée du jardin. Un impressionnant tunnel vert accompagnera les voyageurs de la Gare du Nord et sur la Place Rome, une Agora Verte, forum délimité par des arbres majestueux, sera temporairement installée.
 
Le 19 septembre est la Journée européenne du Patrimoine et l’initiative de l’Ambassade de France et de l’Institut Français de Bucarest souligne ainsi l’appartenance des parcs et des jardins, dans la même mesure que l’architecture, au patrimoine de la capitale roumaine.
 
Jardins nomades dans le centre de Bucarest

Pour une ville moderne comme Bucarest, le projet Jardins Nomades soulève la question des nouveaux paysages urbains, qui doivent garder quelque chose des attributs traditionnels des lieux publics, transplantés dans une ville déconnectée de la mémoire de l’espace public.

Le projet Art et Paysage – Jardins Nomades vise les places centrales de la capitale, pour lesquelles nous proposons une réinterprétation de l’espace.

Institut français de Bucarest, Dacia 77 – Jardins cellulaires
Place Arthur Verona – Graines nomades
Place George Enescu, en face de l’Athénée – La forêt d’argent
Place de l’Université – Prairies fleuries
Place Rome – Agora verte
Gare du Nord – Le tunnel végétal

Le projet est né de la collaboration entre des spécialistes français et roumains issus du même domaine : Anne Cauquelin de l’Institut d’Urbanisme de Paris et auteur de livres de référence comme L’invention du paysage, les ingénieurs paysagistes Nicolas Triboi de l’atelier Feuille Verte et Raluca Ungureanu de Geometrik.

Le projet bénéficie également du soutien de l’Université Nationale d’Art, d’Architecture et d’Urbanisme « Ion Mincu » et de Sciences Agronomiques de Bucarest.

La réinvention du paysage

La pratique du paysage urbain en France a connu ces dernières années une transformation radicale. Sous l’impulsion de jeunes architectes et paysagistes et d’autres instituts d’enseignement comme L’Ecole nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois,  l’Ecole d'architecture et du paysage de Bordeaux,  l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles ou le Conservatoire international des parcs et du paysage de Chaumont-sur-Loire, les responsables municipaux ont repensé les stratégies de planification urbaine. Le paysage est devenu un instrument d’aménagement des espaces de la ville et des projets d’ampleur comme celui du quai de la Garonne à Bordeaux sont de plus en plus nombreux et marquent la réussite de l’initiative.

Au milieu de villes-tentacules, le paysage d’aujourd’hui se réinvente sur les bases du jardin traditionnel comme espace intermédiaire, adoucissant en même temps la nature non-contrôlée et les artifices froids de la ville. Espace de contemplation où l’imagination prend son envol, le jardin est aujourd’hui, encore plus qu’avant, un refuge nécessaire dans la cité, un oasis de résistance face à la pression urbanistique.

Comme pour l’architecture et l’urbanisme stricto sensu, l’architecture du paysage s’affirme fermement comme une discipline stationnaire en soi, qui recouvre tous les champs de nos territoires contemporains fragilisés. Témoin de sa propre époque, imprégné par la mémoire et le temps de la nature, le créateur paysagiste a la capacité de conjuguer et de réconcilier les paradoxes d’une époque.

L’exposition Art et Paysage Jardins Nomades est réalisée avec le soutien d’Apa Nova Bucarest, GDF-SUEZ et Renault Romania.