Cérémonie de décoration à l'Ambassade
L'Ambassadeur de France a remis le 23 octobre dernier à la Résidence de France les insignes de Grand Officier dans l'Ordre national du Mérite à M. Sabin POP, ancien Ambassadeur de Roumanie en France, et les insignes d'Officier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur à M. Andrei MAGHERU, ancien Ambassadeur de Roumanie auprès de l'UNESCO.
Discours prononcé par Son Excellence M Henri PAUL à cette occasion:
DISCOURS
prononcé par S.E. Monsieur Henri PAUL, Ambassadeur de France en Roumanie, à l’occasion de la remise des insignes de Grand Officier de l’Ordre national du Mérite à Monsieur Sabin POP, ancien Ambassadeur de Roumanie en France, et d’Officier de la Légion d’Honneur à Monsieur André MAGHERU, ancien Ambassadeur de Roumanie à l’UNESCO
23 octobre 2007
Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Nous sommes réunis ici pour honorer deux grandes personnalités roumaines, deux grands ambassadeurs qui ont beaucoup oeuvré au cours de leur carrière pour leur pays, pour le renforcement des relations et de l’amitié entre la France et la
Roumanie, et pour la Francophonie.
Le Gouvernement français a décidé de leur accorder nos plus hautes distinctions, et je suis particulièrement heureux, à titre personnel, de les leur remettre aujourd’hui en son nom, quelques semaines après être entré dans la diplomatie et après avoir pris mes fonctions à Bucarest. J’y vois, si vous me le permettez, Excellences, un heureux présage pour le succès de ma mission.
J’ai eu aussi le plaisir de travailler, dans mes précédentes fonctions, avec l’Ambassadeur POP, et d’apprécier ses éminentes qualités, et d’oeuvrer modestement pour l’adoption de la convention de l’UNESCO pour la diversité culturelle, dans
laquelle s’est particulièrement illustré l’Ambassadeur MAGHERU. Les mots d’éloge que je vais prononcer maintenant ne sont donc pas des propos de circonstance, mais bien l’expression de la reconnaissance du Gouvernement français, tant j’ai pu juger
du travail accompli par ceux que nous honorons maintenant.
Monsieur l’Ambassadeur Sabin POP,
Vous avez quitté Paris il y a tout juste quelques semaines, Paris où vous avez servi à deux reprises, d’abord comme premier conseiller, puis ministre conseiller, de février 1990 à juin 1994, et ensuite comme ambassadeur, de septembre 2004
à août 2007. Vous y avez laissé beaucoup d’amis, qui se souviennent de vous comme d’un homme de dialogue, qui a su faciliter le processus d’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne, par son sens des relations humaines et par la qualité de ses démarches.
Diplômé en lettres et en relations internationales, vous êtes entré dès 1968 au Ministère des affaires étrangères où votre brillante carrière vous a mené à la dignité d’ambassadeur en mars 2000 et aux fonctions de secrétaire général du
ministère des affaires étrangères.
Permettez moi de noter, autres relations avec la France, que vous êtes ancien élève de l’Ecole nationale d’Administration, et que vous avez également étudié la langue
et la littérature française avec le Professeur Jacquier, à l’Université de CLUJ.
Vous faites donc partie de cette cohorte de personnalités roumaines chaleureuses qui connaissent bien la France et les Français, et avec lesquels nous sommes heureux de nous retrouver, en famille, comme aurait dit mon prédécesseur Hervé BOLOT.
Vous avez été en France à deux moments importants pour les relations entre nos deux pays : le moment de la redécouverte au début des années 1990 puis celui de l’entrée
de la Roumanie dans l’UE. Finalement seules quelques années séparent ces deux moments. A travers vous, je veux aussi saluer les progrès et les avancées de la Roumanie durant ces années qui lui ont permis de rejoindre sa famille d’origine, l’Europe, en s’appuyant, je crois pouvoir le dire, sur l’aide de la France.
Sur les grands dossiers que sont l’adhésion de la Roumanie à l’UE et la francophonie, vous avez eu un rôle important de relais et d’impulsion entre nos deux gouvernements. Philippe Etienne me rappelait que vous aviez été un interlocuteur précieux pour lui à l’époque des négociations d’adhésion, alors que vous étiez Conseiller diplomatique du Premier ministre roumain.
Vous avez également contribué au cours de vos différentes fonctions à ancrer davantage la Roumanie au sein de la francophonie, à la fois sur le planinstitutionnel, mais aussi sur le plan personnel, par votre engagement sur le terrain.
Permettez moi de dire aussi, car je l’ai entendu de la bouche de vos anciens collaborateurs, que vous avez laissé chez eux un grand et très beau souvenir. Je suis sûr que dans votre retraite active, entouré de vos livres et de vos amis, ce
capital de sympathie vous accompagne.
Sabin POP, pour votre rôle de passeur infatigable entre la France et la Roumanie, j’ai l’honneur de vous remettre aujourd’hui les insignes de Grand Officier dans l’Ordre national du Mérite.
Monsieur l’Ambassadeur André MAGHERU,
En honorant aujourd’hui Andrei Magheru, je veux saluer plus particulièrement l’engagement en faveur de la francophonie, de la culture francophone, de la place de la Roumanie dans la francophonie et la continuité et la constance dans cet engagement.
Monsieur l’Ambassadeur, tout au long de votre carrière vous vous êtes engagé par devoir mais aussi, je crois savoir, par un amour profond et sincère de la langue et de la culture française. Vous avez d’abord étudié la langue française à l’Université de Bucarest avant d’oeuvrer à la répandre sur les ondes au sein
de Radio Roumanie Internationale pendant plusieurs décennies, en qualité de journaliste. C’est ainsi qu’en 1990, vous avez été promu rédacteur en chef de Radio Roumanie Internationale.
Ce passé de journaliste, rare pour un diplomate et qui vous a certainement aidé dans votre brillante carrière, car il a contribué probablement à votre ouverture d’esprit et à votre sens du contact, m’a rappelé cette formule, un peu méchante
pour nous même et nos collègues, d’un de nos anciens ministres des affaires étrangères de la IIIéme république, Edouard HERRIOT, qui a dit : « Il y a deux sortes de diplomates, ceux qui lisent les journaux et qui en savent autant que nous, et ceux qui ne lisent pas les journaux et qui ne savent rien ». Nous ne connaissons certainement aucun diplomate qui corresponde à cette description.
Votre engagement permanent dans la francophonie est le fil rouge de votre carrière, poursuivie à partir de 1990 au sein du Ministère des affaires étrangères. Je rappelle que vous avez été, Conseiller aux affaires culturelles et à la francophonie auprès de l’Ambassade de Roumanie à Paris, représentant de la Roumanie auprès du Conseil permanent de la Francophonie, Ambassadeur, Représentant personnel du Président de la Roumanie au Conseil permanent de la Francophonie.
Vous avez aussi été conseiller diplomatique du Ministre de la culture et des cultes et Ambassadeur, délégué permanent auprès de l’UNESCO.
Durant de nombreuses années vous avez plaidé en faveur de l’organisation du Sommet de la francophonie à Bucarest. Ce long travail et votre force de conviction ont permis d’aboutir à la tenue de ce sommet en septembre 2006, avec le succès que
l’on sait.
En tant que délégué de la Roumanie auprès de l’UNESCO vous avez eu un mandat exemplaire.
Votre ancien collègue l’Ambassadeur Jean GUEGUINOU m’a confié que vous avez été durant cette période un des délégués les plus actifs et les plus engagés de la francophonie au sein de l’Organisation. Il vous sait gré par ailleurs de votre
activité constante au service des relations entre la Roumanie et la France et salue le fait que vous pratiquez le français avec « élégance et érudition ». (je le cite).
La France vous est également reconnaissante pour l’appui constant que vous avez montré dans l’adoption, à la quasiunanimité, de la Convention sur la diversité culturelle à laquelle nous tenons tant.
Je saisis l’occasion qui m’est donnée de rappeler à quel point la diversité culturelle doit demeurer une priorité de tous les instants, c’est une priorité pour la France, mais aussi pour la Roumanie. Préserver sa propre langue, sa culture et ses valeurs dans un esprit d’ouverture et de curiosité envers les autres sont
les fondements de l’Union européenne et de l’organisation de la francophonie.
J’ai donc plaisir à saluer l’homme de culture engagé et au couple de culture engagé que vous formez avec votre épouse Valeria GAGIALOV.
C’est à cet homme d’exception que je remets aujourd’hui, au nom de la République, les insignes d’Officier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur.
Paul MORAND
Son père Eugène occupe à Paris plusieurs fonctions liées à l'art : conservateur du Dépôt des marbres en 1902, directeur de l'École nationale supérieure des Arts décoratifs en 1908. Il fréquente également les poètes, dont le cercle de Mallarmé, les artistes et les sculpteurs, dont Rodin, pendant la jeunesse de Paul. Le jeune Paul apprend ...lire
Comte de SAINT AULAIRE
Le comte de Saint Aulaire a mené une carrière diplomatique brillante, ayant occupé notamment le poste d'ambassadeur de France en Roumanie pendant et après la Grande guerre (1916-1920). Grand admirateur de Lyautey, il a achevé prématurément sa carrière comme ambassadeur à Londres en 1924, après s'être heurté au gouvernement du Cartel des ...lire
