Sommet européen pour l’inclusion des Roms

Le sommet européen pour l'inclusion des roms a eu lieu à Cordoue (Espagne) à l'occasion de la journée internationale des roms, les 8 et 9 avril 2010.

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Déclaration commune de la Roumanie et de la France au Sommet européen pour l’inclusion des Roms,
Cordoue, 8-9 avril 2010


La situation socio-économique très difficile des Roms (pauvreté, discriminations, accès au marché du travail et accès aux droits) est une réalité européenne reconnue par l’Union européenne depuis plusieurs années.
Le Conseil européen de décembre 2007, « conscient de la situation très particulière des Roms dans l'Union », a invité Etats membres et institutions de l'UE  « à tout mettre en œuvre pour améliorer leur inclusion ».
Les conclusions adoptées depuis par le Conseil de l’UE, la première réunion du Sommet européen sur les Roms du 16 septembre 2008 et les réunions en 2009 de la plate-forme européenne pour l’insertion des Roms à Prague et à Bruxelles ont montré l’intérêt des Européens pour cette question ainsi que la nécessité de continuer de développer une approche commune des Etats membres et à identifier les meilleures solutions pour améliorer la situation des Roms.
La plate-forme intégrée pour l’inclusion des Roms créée conformément aux conclusions du Conseil de décembre 2008 a pour mission de permettre l’échange de bonnes pratiques et d’expériences entre Etats membres dans le domaine de l’inclusion sociale et de favoriser la coopération entre toutes les parties et les organisations internationales concernées par les questions relatives aux Roms.
L’intégration des Roms relève de la responsabilité de tous les acteurs impliqués, en premier lieu des Etats qui ont une responsabilité envers leurs ressortissants. Cette responsabilité implique une coopération entre gouvernements, autorités centrales et locales. Les institutions européennes apportent également leur aide. De même, la participation indispensable des différentes composantes de la société civile représente un élément clé. Le cas échéant, l’intégration effective des populations roms relève également de la responsabilité de leurs représentants, qui doivent pleinement participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des décisions les concernant.
L’action des Etats membres, de l’Union et des parties intéressées doit chercher désormais à lutter contre les violation des droits de l’homme, des discriminations et des trafics d’êtres humains dont sont victimes les populations roms et faire en sorte que ces personnes accèdent aux politiques de droit commun, particulièrement celles jugées prioritaires ci-dessous, selon une logique de « mainstreaming ». Les Roms doivent jouir des mêmes droits et être soumis aux mêmes devoirs que les autres citoyens de l’Union européenne.
Dans le cadre de l’intégration des Roms en Roumanie, la Roumanie et la France ont décidé de travailler ensemble à cet objectif et comptent sur le soutien  de la présidence espagnole, ainsi que des futures présidences de l’UE belge et hongroise, et de la Commission européenne . Nos deux pays souhaitent apporter une contribution positive aux travaux en cours au Conseil sur le projet de conclusions visant à « faire progresser l’intégration des Roms » et à la réflexion sur l’élaboration d’une Feuille de route destinée à donner l’impulsion nécessaire aux travaux de la plate-forme intégrée pour l’inclusion des Roms créée conformément aux conclusions du Conseil de décembre 2008.
Le Sommet de Cordoue des 8-9 avril représente ainsi une occasion d’approfondir ces discussions sur les initiatives concrètes qui pourraient être proposées.
L’élaboration de la Feuille de route devrait tenir compte du fait que les Roms représentent une culture qui contribue à la diversité de l’Europe. Dans cette logique, nous considérons que le projet d’une feuille de route visant à orienter les travaux de la plate-forme européenne devrait inclure plusieurs axes majeurs pour promouvoir l’inclusion sociale et la non-discrimination des Roms :
Parier sur l’éducation
La base d’une meilleure inclusion sociale est l’éducation. Les obstacles à l’accès des enfants d’origine rom à l’éducation sont la précarité financière des familles, la ségrégation dans les écoles, l’abandon scolaire, etc. La contrepartie de l’accès à l’éducation, droit fondamental pour les mineurs, est, pour leurs parents, l’obligation de scolarisation, qui doit être respectée.
Il faut accorder une attention accrue aux projets visant l’éducation de ces enfants et d’y allouer, en priorité, les ressources existantes pour assurer la réussite de l’inclusion sociale de ce groupe.
Cet effort est également justifié dans le contexte des cibles recommandées dans la récente proposition de la Commission européenne sur la stratégie pour la croissance économique Europe 2020, qui met particulièrement l’accent sur l’augmentation du niveau d’éducation et la réduction du taux d’abandon scolaire dans l’Union.
Promouvoir l’intégration professionnelle des Roms
Le pourcentage des Roms, surtout adultes, ayant achevé une éducation spécialisée de longue durée est réduit. La situation économique et financière précaire à laquelle ils sont le plus souvent confrontés aboutit au fait que la majorité des Roms à la recherche d’un emploi rencontre fréquemment des difficultés à suivre de longues formations professionnelles et privilégie des formations courtes.
Une meilleure participation aux programmes visant à l’acquisition de nouvelles compétences professionnelles, en parallèle avec une meilleure prise en compte du niveau actuel de formation et de leurs savoirs faire, permettraient une meilleure insertion sur le marché du travail. Dans cet esprit, doivent prioritairement être développées les formations en apprentissage.
Comme pour d’autres catégories de travailleurs, ces politiques du marché du travail augmentent les possibilités d’insertion par l’emploi dans la société. Par exemple, des projets dans la filière agricole ou dans le domaine de l’environnement pourraient être pourvoyeurs de nombreux emplois.
Respecter les droits fondamentaux des femmes
L’Union européenne doit accorder une attention particulière aux projets visant à améliorer les conditions de vie des femmes et des jeunes filles appartenant à la minorité rom, notamment, les projets visant à améliorer leur accès à l’éducation et au monde du travail, ainsi que ceux visant à mieux assurer l’exercice effectif de leurs droits fondamentaux et le respect de leur dignité.
Garantir la qualité de vie, logement et santé.
En ligne avec les objectifs proposés par la Communication de la Commission sur la stratégie Europe 2020, qui vise la réduction de la pauvreté, l’action de l’UE devrait promouvoir l’amélioration de la qualité de vie des Roms en matière de logement et d’accès aux soins de santé, notamment dans les régions défavorisées.


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Conçue pour une période déterminée, la feuille de route pourrait être l’occasion d’échanges approfondis avec la société civile, via la plate-forme européenne intégrée pour l’inclusion des Roms, et faire l’objet d’un suivi régulier.
Pour le financement des actions, le soutien communautaire pourrait être apporté par le biais d’une meilleure affectation des instruments financiers de la politique de cohésion économique et sociale (FSE et FEDER) dans le cadre des programmes opérationnels existants.