Défense : solidarité France - Roumanie

Les relations franco-roumaines sont souvent marquées par le sceau de l’histoire et de la culture. Ces domaines sont bien connus mais ils sont loin d’être uniques. Il est un espace où nos deux pays possèdent une longue tradition commune : l’aéronautique. La France et la Roumanie se sont rencontrées sur ce terrain dès son apparition.

Dès 1873 un aéronaute français s’élevait dans le ciel de Roumanie à bord d’un ballon dirigeable. Cet évènement fut une première absolue pour les Roumains. 137 ans ont passé depuis ce moment. Les relations entre les deux pays dans le domaine de l’aéronautique se sont resserrées. La France a été comme une deuxième patrie pour les inventeurs roumains : Alexandru Ciurcu, Traian Vuia, Henri Coandă, Ion Stroescu, Elie Carafoli. La France les a rendu célèbres et, par leurs découvertes, ces savants roumains ont fait avancer la recherche fondamentale dans la science de l’aéronautique. Dans le même temps, les aviateurs français, fussent-ils Louis Blériot, Adolph Pégoud, Michel Molla, le comte de Tholozan, sont venus en Roumanie et ont collaboré avec les aviateurs roumains en véritables camarades. Cette camaraderie s’est confirmée lors des combats menés en commun par les pilotes roumains et français pendant la première guerre mondiale. La France a aussi contribué à l’essor de la jeune aviation commerciale roumaine, de son industrie aéronautique, à l’instruction des pilotes militaires et civils, à l’équipement de l’aéronautique roumaine.

La doctrine militaire française a eu également une influence sur les forces armées roumaines entre 1878 et 1940, période qui fut marquée par des événements majeurs dans l’histoire commune des deux pays : indépendance de l’État de Roumanie gagnée en 1878 et rupture des relations franco-roumaines en 1940. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, la France a considérablement accru son influence en Roumanie, y compris dans le domaine militaire. En 1883, la Roumanie rejoint la Triple Alliance, composée de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. Néanmoins, les autorités roumaines continuent à envoyer des étudiants et des officiers en France pour leur instruction. Après le début de la Première Guerre mondiale, les relations militaires franco-roumaines s’améliorent de façon non négligeable. Après l’entrée de la Roumanie en guerre, la coopération militaire entre la Roumanie et la France et, par conséquent, l’influence de la doctrine militaire française, sont à leur apogée. En octobre 1916, la mission militaire, menée par le général Berthelot, arrive en Roumanie. Pendant un an et demi, elle fournit un appui remarquable aux forces armées roumaines (instruction, directives pour la réorganisation des grandes unités, organisation d’opérations). Pendant l’entre-deux-guerres, les autorités roumaines adoptent officiellement la doctrine militaire française, fondement même de l’organisation et de l’instruction des forces armées roumaines.

Sur la base d’un accord bilatéral signé en 1998, notre coopération militaire et de défense s’est développée autour du partage d’expertise, de l’enseignement du français, d’échanges opérationnels de petites unités et de la formation de cadres roumains en France. Une école de gendarmerie à vocation régionale soutenue financièrement par la France a été créée en novembre 2002.

La relation transatlantique est tout aussi essentielle pour la Roumanie qui est devenue membre de l’OTAN en avril 2004. La Roumanie a depuis obtenu l’organisation du XXème Sommet de l’OTAN du 2 au 4 avril 2008.