130 ans : les archives diplomatiques des 4 pays organisent une exposition commémorative, avec le concours des Archives nationales de Roumanie et de l'IFB

[Texte introductif des commissaires de l’Exposition]

La deuxième moitié du XXème siècle a représenté pour une majeure partie de l’Europe une période de libéralisme du point de vue de la politique et des échanges commerciaux, ainsi qu’une période de confrontations diplomatiques et même militaires. Se constituant assez tardivement en tant qu’Etat, à la suite de l’union de la Moldavie et de la Valachie (1859), la Roumanie a mené une politique de modernisation, d’européanisation rapide de ses structures politiques (un régime constitutionnel s’est institué; le principe de séparation des pouvoirs s’est imposé; une dynastie d’origine allemande s’est installée; des partis politiques aux idéologies diverses, libérale ou conservatrice, en compétition, se sont constitués; le Parlement est devenu une institution véritablement importante etc.) mais à un rythme beaucoup plus lent en ce qui concerne la modernisation sociale et économique (malgré des réussites, des progrès évidents, en entrant dans le XXème siècle, le pays reste marqué par le sous-développement).

L’Etat roumain a gagné son indépendance suite à une guerre avec l’Empire Ottoman. Le traité de paix de Berlin (1878) a reconnu ce fait, mais sous certaines conditions. Les Roumains avaient une certaine expérience des relations diplomatiques avec la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne (précédemment avec la Prusse), qui avait ouvert des représentations consulaires à Bucarest et Iaşi dès la fin du XVIIIème siècle, début du XIXème siècle. Les trois grandes puissances ont conditionné la reconnaissance de l’indépendance de la Roumanie à l’accomplissement d’engagements politiques et économiques par le gouvernement de Bucarest.

Le 8/20 février 1880, les relations diplomatiques entre la Roumanie, d’une part, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, d’autre part, se sont établies au niveau de légation. Les trois grandes puissances occidentales ont d’ailleurs coordonné leurs actions dans ce sens. Au cours des mois suivants cela a conduit à l’accréditation de leurs représentants diplomatiques à Bucarest (William Arthur White, le conte Ludwig von Wesdehlen et Ducros-Aubert), tandis que les représentants roumains de rang équivalent ont été accrédités à Londres (Nicolae Callimachi-Catargi), Berlin (Gheorghe Vârnav-Liteanu) et Paris (Mihail Kogălniceanu). Concrètement, par la reconnaissance de l’indépendance par les grandes puissances européennes (la Russie, l’Autriche-Hongrie et l’italie l’avaient fait précédemment) et par l’établissement des relations diplomatiques, la Roumanie entre dans le groupe (encore) restreint des nations européennes souveraines. Le pays a continué à renforcer son prestige international, en premier lieu sa position européenne, par de nouvelles initiatives, telles que la proclamation du Royaume (1881), la signature d’alliances destinées à la protéger des mauvaises surprises à la fin du XIXème siècle. Les élites roumaines – bien éduquées en France et en Allemagne – ont exprimé très directement leur souhait que le pays poursuive son parcours selon le modèle politique et culturel d’inspiration occidentale. Malgré les problèmes – assez nombreux et, surtout, structurels – la période précédant la première guerre mondiale a représenté pour la Roumanie, comme pour l’Europe en général, un temps de consolidation du système constitutionnel, de développement économique, d’innovations du point de vue scientifque et culturel.

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L’exposition dédiée au 130ème anniversaire des relations diplomatiques au niveau des ministres plénipotentiaires entre la Roumanie et la Grande Bretagne, la France et l’Allemagne comprend plusieurs sections qui reflètent les relations bilatérales (la reconnaissance de l’Etat roumain indépendant par chacun des trois pays européens, l’activité des diplomates roumains à Paris, Berlin et Londres et des diplomates étrangers à Bucarest) ou différents aspects de la présence de la Roumanie sur la scène européenne (l’accomplissement par la Roumanie des conditions stipulées dans le Traité de Berlin, la Proclamation du Royaume de la Roumanie, l’activité de Carol Ier dans le domaine de la politique étrangère).

Les matériels exposés sont des documents d’archives, des notes et des télégrammes concernant la reconnaissance de l’indépendance de la Roumanie par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, des lettres de créances des représentants diplomatiques de ces grands pouvoirs à Bucarest, des décrets émis par le prince/le roi Carol Ier relatifs à la nomination des représentants diplomatiques roumains à Paris, Berlin et Londres, des discours tenus par les représentants diplomatiques au moment de la présentation devant les leaders politiques des pays susmentionnés, du courrier diplomatique (lettres, notes, rapports), des traités, des conventions commerciales et de navigation, des relations entres les dynasties de Roumanie et de Grande-Bretagne, des extraits des mémoires du roi Carol Ier, des photos de certains hommes politiques de Roumanie, France, Allemagne et Grande-Bretagne, des estampes, des cartes d’époque etc. Les documents ont été rédigés dans différentes langues (roumain, français, allemand) et proviennent des Archives Nationales de Roumanie, des Archives Diplomatiques au sein du Ministère roumain des Affaires Etrangères, du Centre des Archives Diplomatiques de France, des Archives Politiques du Ministère allemand des Affaires Etrangères. Certains de ces documents sont exposés en original, tandis que d’autres sont des reproductions.

L’exposition 130 ans de relations diplomatiques entre la Roumanie et la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne est le résultat d’une collaboration entre le Ministère roumain des Affaires Etrangères, les Ambassades de France, d’Allemagne et du Royaume de la Grande-Bretagne et de l’Irlande de Nord à Bucarest et les Archives Nationales de Roumanie. Nous tenons à remercier les responsables et le personnel de ces établissements de même que les collaborateurs impliqués dans le soutien et la réalisation de cette exposition, de leur bonne volonté, compétence et effort.

Dorin Dobrincu et Stelian Obiziuc


Exposition «130 ans des relations diplomatiques entre la Roumanie et la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne» du 31mars au 28 mai 2010 aux Archives Nationales.
Adresse: 49, Boulevard Regina Elisabeta
Horaires:
- lundi et vendredi : 08h00 – 16h00
- mardi et jeudi : 08h00 – 19h00