Manufacture des Gobelins - Exposition au MNAC et au MNAR (9.12.2011-26.02.2012 )

Pour la première fois au Monde, se tient à Bucarest une double exposition des tapisseries de la Manufacture des Gobelins, ouverte jusqu'au 26 février 2011, au MNAR et au MNAC.

Tapisseries royales, 1600 – 1800
Musée National d’Art de Roumanie, (9 décembre 2011 – 26 février 2012)
- vernissage le 8 décembre, 19h


Le renouveau de la tapisserie contemporaine, de 1950 à nos jours
Musée National d’Art Contemporain, (8 décembre 2011 – 26 février 2012)
- vernissage le 7 décembre, 19h

Lire le discours de l'Ambassadeur à l'occasion du vernissage au MNAC

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L’Ambassade de France en Roumanie et l’Institut Français de Bucarest et le Mobilier national, le Musée National d’Art de Roumanie (MNAR) et le Musée National d’Art Contemporain (MNAC), organisent  une exposition en deux volets: Tapisseries de la Manufacture nationale des Gobelins, quatre siècles d'histoire, entre le 8 décembre 2011 et le 26 fèvrier 2012. Le public aura l’occasion de voir pour la première fois, dans les deux plus grands musées roumains de Bucarest, l’évolution d’un art à travers les siècles: des tapisseries historiques réalisées pour les rois de France et merveilleusement préservées jusqu’aux tapisseries modernes, d’après des artistes majeurs du Xxème siècle, parmi lesquels Matisse, Picasso, Le Corbusier ou Miró. Cette exposition est un hommage rendu à un savoir faire d’excellence qui a su se réinventer au XXème siècle et transcrire aujourd’hui de nouvelles formes d’expression.

„La tapisserie est formée par l’entrecroisement à la main de fils de chaîne et de fils de trame. Ces derniers, de différentes couleurs conformes au modèle, viennent recouvrir entièrement les fils de chaîne qui servent d’armature. (...) Les tapisseries sont toujours tissées de laine et soie, dans des proportions variables, et peuvent comprendre des fils d’or ou d’argent. ” - Jean Vittet, Commissaire de l'exposition de tapisseries anciennes

„L’œuvre tissée n’est pas une copie, mais une création à part entière où s’actualise et se déploie le potentiel contenu dans chaque modèle.” - Marie-Hélène Massé-Bersani, Commissaire de l'exposition de tapisseries contemporaines
Créées au XVIIème siècle par Henri IV puis Louis XIII et refondées par  Louis XIV pour fournir à la Couronne des créations de prestige, les trois manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie sont encore aujourd’hui des lieux de création actifs qui perpétuent, sous l’impulsion du mécénat de l’Etat français, une tradition d’excellence, quatre fois séculaire, ouverte sur la modernité.

Tapisseries royales, 1600 – 1800 – exposition au MNAR

L’exposition propose un choix significatif de 20 pièces des meilleures tapisseries tissées aux Gobelins du début du XVIIème siècle à l’aube du XIXème siècle conservées dans les collections du Mobilier national. A l’époque, les artistes des Manufactures n’étaient pas seulement Français, mais aussi Italiens et Flamands, une véritable « tour de Babel », selon les mots de Jean Vittet, commissaire de l'exposition de tapisseries anciennes.

La première manufacture est fondée en 1602 et réalise principalement de grandes séries à sujet antique tel Le Colosse de Rhodes de la teinture de L’Histoire d’Artémise tissée pour la reine Marie de Médicis en 1607. Le règne de Louis XIII est marqué par l’apport de l’œuvre de Simon Vouet, auteur de nombreuses suites profanes ou religieuses dont La Fille de Jephté constitue une pièce essentielle. Celui de Louis XIV voit la fondation en 1662 de la seconde manufacture des Gobelins sous la direction de Charles Le Brun. Avec le XVIIIème siècle, on assiste à la continuation des séries à sujet d’histoire tandis qu’apparaissent des séries moins édifiantes destinées aux appartements royaux, parmi lesquelles la fameuse tenture de L’Histoire de Don Quichotte d’après Charles Coypel. Les dernières années du XVIIIème siècle correspondent à un retour au passé national (tenture de L’Histoire de France) tandis que la mythologie revient aussi avec la tapisserie de L’Enlèvement d’Orythie par Borée d’après François-André Vincent, placée dans les appartements du Premier Consul aux Tuileries.

Le renouveau de la tapisserie contemporaine, de 1950 à nos jours – exposition au MNAC

Après la seconde guerre mondiale, le Mobilier national va se trouver au cœur de la politique d’incitation à la création. Les tapis et tapisseries, tissés d’après des modèles originaux d’artistes contemporains, sont versés au Mobilier national et inscrits à ses inventaires. Cette production répond principalement à la mission d’embellir le décor des plus hautes institutions de l’Etat français mais est aussi exportée dans des expositions en France et à l’étranger.

Pendant la première moitié du XXème siècle, l'univers de l'artiste, créateur du modèle et l'univers du licier, tisseur du modèle, sont distincts. L'année 1946 va marquer le début d'une nouvelle ère. La commande passée à Matisse va permettre d'inaugurer une nouvelle méthode de travail dans la manière d'aborder  le processus de dialogue nécessaire à la transposition d'une technique à une autre en instaurant un échange fructueux entre le créateur et son interprète. Des artistes majeurs du XXème siècle sont contactés (Picasso, Le Corbusier, Miro, Matta), ainsi que les artistes les plus représentatifs des multiples courants de l’art abstrait (Calder, Delaunay, Magnelli, Bloch, Gleb, Mathieu, Poliakoff). La technique du tissage de la laine avec ses possibilités inépuisables d’écriture, offre un vaste champ d’expression aux courants et aux recherches plastiques les plus variés,  créant des formats et des découpes inhabituels qui s’appliquent non seulement aux créations picturales mais aussi à celles de graveurs, sculpteurs, plasticiens, photographes et architectes (Gilioli, Alechinsky, Hajdu). La sélection des 35 œuvres exposées à Bucarest montre que l’art de la tapisserie n’a cessé de se réinventer tout en restant fidèle à  lui-même.

Le Musée National d’Art de Roumanie (MNAR) est situé dans le centre de Bucarest, dans le bâtiment de l’ancien palais royal, édifice significatif de l’architecture bucarestoise. Il est composé de trois galeries: la Galerie d’Art Européen, qui couvre les principales écoles artistiques européennes du XIVème au XXème siècle (300 oeuvres, dont Tintoretto, El Greco, Rembrandt, Rubens, Monet et Rodin), la Galerie d’Art Ancien Roumain du XIVème au XIXème siècle (900 oeuvres, dont des fragments de fresques, icônes, broderies) et la Galerie d’Art Roumain Moderne  (700 peintures et sculptures, dont une salle dédiée au sculpteur Constantin Brâncuşi).

Le Musée d’Art Contemporain (MNAC) a ouvert ses portes en octobre 2004 dans une aile de l’immense bâtiment du Palais du Parlement, palais construit par Nicolae Ceaușescu. Sa localisation a représenté à la fois une vraie provocation pour les artistes, commissaires et critiques d’art tout en offrant l’opportunité d’ouvrir enfin ce lieu à l’histoire difficile à un dialogue culturel international. La stratégie culturelle du MNAC consiste à encourager la formation d’un marché d’art contemporain fonctionnel.

La Manufacture des Gobelins, célèbre établissement de production de tapisseries de France, n’est pas de nos jours seulement un lieu de préservation des grandes pièces historiques ; elle continue à produire des tapisseries par une ambitieuse politique de création ouverte aux meilleurs artistes du temps.

C’est pourquoi cette double exposition, à caractère exceptionnel - tant par son sujet que par la période traitée - sera présente dans deux musées de Bucarest pour montrer ce double travail de préservation et de création.

Pour la première fois en Roumanie, une collection de cette richesse permettra au public de découvrir unes des meilleures tapisseries françaises tissées aux Gobelins du XVIIème à l'aube du XIXème siècle ainsi que des pièces signés par Picasso, Matisse, Le Corbusier, Erro, Schlosser et d'autres artistes contemporains.

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Une conférence de presse a eu lieu mercredi 7 décembre au MNAR,  suivie d'une visite guidée de l’exposition.

Affiche général

Affiche exposition MNAR

Affiche exposition MNAC

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Photos de la conférence de presse:


Photos du vernissage au MNAC (7 décembre):

De gauche à droite: M. Mihai Oroveanu, Directeur général du musée National d'Art Contemporain, Mme Marie-Hélène Massé-Bersani, commissaire d'exposition et M. Bernard Schotter, Administrateur général du Mobilier national et des Manufactures des Gobelins

De gauche à droite: M. Mihai Oroveanu, Directeur général du musée National d'Art Contemporain, Mme Marie-Hélène Massé-Bersani, commissaire d'exposition, M. Henri PAUL, Ambassadeur de France en Roumanie et M.  Vasile TIMIS, secrétaire d'Etat au ministère de la Culture et du patrimoine National



De gauche à droite: M. Mihai Oroveanu, M. Vincent Bioulès, Mme Marie-Hélène Massé-Bersani, commissaire d'exposition, l'Ambassadeur de France en Roumanie et M. Bernard Schotter

Formes (selon un modèle de Serge Poliakoff)

Coeur cinabre (selon un modèle de Jean Dewasne)

La Faune et la Floare (selon un modèle de Yukisika isobé):

Photos du vernissage au MNAR (8 décembre):

De gauche à droite: Mme Roxana THEODORESCU, Directrice générale du Musée National d'Art de Roumanie, M. Henri PAUL, Ambassadeur de France en Roumanie, le commissaire de l'exposition, M. Jean VITTET, et M. Bernard Schotter, Administrateur général du Mobilier national et des Manufactures des Gobelins

Le commissaire d'exposition, M. Jean VITTET

Le vernissage de l'exposition a été honoré par la présence de Mme Maria Basescu

L’Indien à cheval / Le cheval pommelé


L'enlèvement d'Orythie par Borée