Michel LOSTANLEN : « Bénéficier de deux sources de cultures »

Interview du nouveau Proviseur du Lycée Anne de Noailles de Bucarest

1. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?

Originaire de Rouen, j’ai pratiqué le métier de  professeur d’anglais durant quelques 25 années,  avant d’entrer dans les fonctions de direction.

Après 2 années en collège, j’ai été affecté sur le poste de Proviseur Adjoint du Lycée Blaise Pascal à Rouen, lycée polyvalent avec classes préparatoires, BTS, et …où j’avais passé mon Bac C quelques décennies auparavant !

J’ai rejoint en 2003 le Lycée Français d’Alicante (1250 élèves), toujours en tant que Proviseur Adjoint, et ce fut une expérience passionnante de construire un lycée tout neuf, et de développer un concept d’enseignement franco-espagnol cohérent, en intégrant l’Etablissement dans son environnement linguistique, culturel, politique et éducatif. De nombreux partenariats furent établis, avec l’Université notamment.

Je découvris le plaisir de travailler au sein d’une structure qui va de la Petite Section à la Terminale, et de communiquer étroitement avec des familles espagnoles (65%).

2. Comment s’est déroulée cette rentrée scolaire ?

On peut dire que la rentrée s’est déroulée dans un climat de sérénité, même si les conditions d’accueil des élèves sont un peu difficiles : locaux exigus, pas toujours adaptés, répartition des élèves du Primaire sur 2 sites (Herastrau), donc mise en place de navettes, pas de service de restauration pour l’instant, difficultés d’emplois du temps, etc…

Il n’empêche que les élèves semblent profondément attachés à leur école, et les enseignants, au primaire et au secondaire, ont d’emblée affiché leur sourire en prenant leur classe pour la première fois. Il règne dans ce vieil édifice un peu désuet une ambiance saine et tranquille.

3. Que doit être, selon vous, un Lycée Français à Bucarest ?

Tout Lycée Français à l’étranger s’inscrit dans une double logique. Il propose aux familles un modèle d’éducation directement transposé du système éducatif à la française, et scolarise à la fois des enfants d’expatriés français (c’est là sa vocation première), des jeunes du pays d’accueil et des étrangers tiers.

Il prend appui de ce fait sur un concept d’école qui a fait ses preuves, et qui, de par le profil des élèves scolarisés (niveau social favorisé dans l’ensemble), se situe dans une logique d’excellence, à même d’amener chaque enfant à son meilleur niveau.

La deuxième dimension est plus originale, et nous démarque d’un établissement français en France. En effet, notre Etablissement est ancré en terre étrangère, et nous amène, tout naturellement, à bénéficier de deux sources de cultures : culture française et culture roumaine. Lorsqu’on sait combien il est important dans la formation d’un jeune de lui « donner des yeux et des oreilles » pour voir et appréhender le monde qui l’entoure, afin de le rendre « intelligent » (étymologiquement « faculté de comprendre »), on verra aisément comment cette situation privilégiée nous permet de mieux préparer nos jeunes au monde de demain. A n’en pas douter, ces élèves qui auront passé quelques années à Bucarest possèderont, à leur retour en France, ce quelque-chose de plus qu’ils auront tiré de leur expérience roumaine.

Ainsi, loin de nous réduire à une bulle franco-française, nous allons former nos jeunes dans un esprit d’ouverture qui permettra, au contact de ce pays qui nous accueille et des gens qui l’habitent, d’étudier la langue, l’histoire, le patrimoine de cette jeune nation européenne. Notre objectif ? Former des adultes savants, cultivés, curieux, et respectueux du monde qui les entoure, bref, des hommes et des femmes.

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