Un patrimoine culturel partagé

ENJEUX ET PRINCIPAUX AXES DE NOTRE COOPERATION

La Roumanie est, après la Pologne, le principal pays de l’élargissement en poids démographique. Elle a tissé des liens historiques avec la France entretenus par la position privilégiée de la langue française. La France dispose d’une forte présence économique et a apporté un soutien politique actif à l’entrée de la Roumanie dans l’UE.

Accompagner la Roumanie dans son intégration européenne est l’objectif principal de notre coopération et inspire pratiquement tous nos projets. C’est le cas naturellement dans le domaine de la gouvernance (coopération administrative, juridique et judiciaire, promotion de l’État de droit, lutte contre la corruption), mais également dans les domaines universitaire et éducatif, scientifique ou culturel et de la francophonie (actions en faveur de l’enseignement du français, appui aux filières universitaires, attractivité, recherche).

Priorités proposées dans le cadre de la programmation stratégique 2009-2010 :
1. développer la mobilité universitaire
2. promouvoir l’enseignement du français
3. appuyer par l’action culturelle la réalisation des objectifs politiques et économiques
4. accompagner l’intégration de la Roumanie dans l’UE

MOYENS ET DISPOSITIF DE NOTRE COOPERATION

Programmation 2010
3.173.750 € de crédits de coopération sur le programme 185, dont 366.000 € de crédits culturels exceptionnels.
Pour mémoire, programmation 2009 : 3.250 000 € de crédits au titre du programme 185

Réseau
-    4 établissements culturels à autonomie financière (EAF) : Bucarest, Iasi, Cluj, Timisoara
-    4 Alliances françaises : Brasov, Constanta, Ploiesti, Pitesti
-    Lycée français Anna de Noailles scolarisait, à la rentrée scolaire 2009, 807 élèves (augmentation de 7% par rapport à la rentrée précédente). On dénombre parmi eux : 412 Français, 252 Nationaux, 56 binationaux et 87 Étrangers tiers. La relocalisation du lycée est nécessaire afin de faire face à l’augmentation enregistrée et attendue des inscriptions.

Repères
Enseignement du français : 1 842 millions d’élèves apprennent le français (2e langue enseignée en Roumanie) notamment dans les 70 lycées dits « bilingues », dont 15 lycées pilotes. 23 filières supérieures francophones assurent la formation dans l’enseignement supérieur. Notre réseau culturel forme environ 5 000 apprenants.
2 500 fonctionnaires ont bénéficié de cours intensifs dans le cadre du Plan pluriannuel d’action pour le français en Europe depuis 2003.
Mobilité étudiante : 4510 étudiants roumains inscrits dans un établissement supérieur français dont 600 dans une grande école 2008/2009 (1er rang des pays d’accueil y compris dans le cadre du programme Erasmus). 54 boursiers du gouvernement français en 2009 et 138 au titre de la francophonie universitaire.
Ouverture en janvier 2008 d’un espace CampusFrance au sein de l’Institut français qui permet d’offrir aux étudiants une information et une orientation de qualité.
Participation à l’unique salon universitaire international roumain Romanian International University Fair (RIUF) ; la France a été le « pays d’honneur » de l’édition 2007 du salon, avec la mise en place d’un grand pavillon français à l’entrée du salon organisé dans le Théâtre national, au centre du Bucarest.
 
PRINCIPALES ACTIONS

1. Une coopération dans le secteur de la gouvernance articulée avec les programmes européens
Notre coopération dans le domaine de la gouvernance, menée en complémentarité des programmes européens, accompagne la Roumanie dans ses efforts de réforme et de modernisation de l’administration. L’entrée de la Roumanie dans l’UE, qui en devient une des frontières extérieures, devrait nous conduire à développer davantage notre coopération en matière de sécurité intérieure.

2. Une coopération décentralisée et un secteur associatif très dynamiques
La Roumanie représente la plus forte implication des collectivités locales françaises en dehors des pays frontaliers (3,5% du total mondial) : plus de 600 relations répertoriées et 180 jumelages. Elle est ainsi le premier pays en nombre de projets présentés au cofinancement de la coopération décentralisée depuis 10 ans. Les 3èmes Assises de la coopération décentralisée franco-roumaine ont eu lieu à Nantes en novembre 2007. Le soutien direct apporté par le Département aux ONG en Roumanie a pratiquement triplé depuis trois ans. Un assistant technique à vocation régionale, placé auprès de la Fédération roumaine des ONG, est chargé de coordonner leurs actions.

3. Promouvoir la francophonie et les valeurs dont elle est le vecteur
Bucarest a accueilli le XIème Sommet de la francophonie en septembre 2006 sur le thème « Les technologies de l’information dans l’éducation ». Notre Ambassade a accompagné cet événement en organisant notamment les États généraux du français en mars 2006.
Consolider nos réseaux d’influence autour de la langue française. Avec 25% de sa population parlant français, près de la moitié des 2 millions d’élèves apprennent toujours le français. L’adhésion est de nature à relayer nos efforts en vue de la relance de l’enseignement du français et la forte demande pour les certifications est un signe encourageant. Les 70 établissements à sections bilingues francophones (6395 élèves) ainsi que notre réseau culturel (5000 apprenants) soutiennent la diffusion du français. Un accord intergouvernemental visant la poursuite du projet bilingue entre 2007 et 2010 a été signé par les deux ministres des Affaires étrangères en marge du Sommet de la Francophonie : il prévoit de doubler le nombre de sections bilingues francophones pilotes.
Dans le cadre du Plan pluriannuel d’action pour le français en Europe, un mémorandum (le premier du genre) a été signé par le Premier ministre roumain et le Secrétaire général de l’OIF, en juillet 2003. Ce plan, mis en œuvre par l’Institut français a permis la formation au français de près de 2500 diplomates et fonctionnaires roumains.

4. Une coopération universitaire et de recherche reposant sur une orientation francophone et européenne
Notre coopération universitaire privilégie la formation des élites, la valorisation du potentiel scientifique mais aussi la formation des cadres de l’administration publique et des entreprises privées. Elle s’appuie notamment sur une trentaine de filières d’enseignement supérieur principalement dans les sciences juridiques, économiques et de l’ingénieur. Le Collège juridique franco-roumain d’études européennes qui accueille depuis 1995 quelque 300 étudiants annuellement constitue une formation d’excellence unique en Roumanie dans le domaine du droit communautaire. En outre, le Collège a réussi le passage à la co-diplômation, conforme au processus de la Sorbonne-Bologne (Master conjoint des Universités de Bucarest et de Paris I). Dans le domaine des sciences sociales, se distinguent particulièrement deux institutions créées en 1994 : le New Europe College (centre d’excellence indépendant) et l’École doctorale francophone créée par le Pr Cristian PREDA, actuel Secrétaire d’État à la francophonie, qui bénéficie de l’appui de l’AUF et qui repose sur un partenariat entre les Universités de Bucarest, de Bordeaux II et IV.

La France est au 1er rang des pays d’accueil d’étudiants roumains y compris dans le cadre du programme Erasmus : plus de 5 000 étudiants roumains inscrits dans une université ou une grande école française.
Dans le domaine de la recherche, le Programme Brancusi (Partenariat Hubert Curien) a rencontré, dès son lancement en 2002, un succès certain, alors que le programme ECO-NET favorise l’émergence de projets de recherche régionaux associant un partenaire français et au moins deux partenaires de la zone PECO-NEI. Ces programmes participent à l’ouverture de la communauté scientifique roumaine aux réseaux européens et à son intégration, avec l’aide de la France, dans l’Espace européen de la recherche.

5. Une coopération culturelle et artistique dynamique
L’important maillage que représente notre réseau culturel (4 établissements culturels et 4 Alliances françaises) permet de mener des actions de diffusion culturelle et de nouer des partenariats avec les opérateurs roumains. Véritables foyers culturels régionaux, les Centres culturels français de Cluj, Iasi et de Timisoara mettent en œuvre des projets porteurs dans les domaines du débat d’idées et de la création contemporaine (rencontres européennes de Cluj, rencontres photographiques de Timisoara) en bénéficiant notamment du fonds franco-allemand./.