Mardi 28 septembre 2010

REVUE DES MÉDIAS ROUMAINS DU MARDI 28 SEPTEMBRE 2010

Vasile BLAGA ou le ministre sacrifié


Refusant de sacrifier les Chefs de la Police et de la Gendarmerie après le meeting des employés du ministère de l’Intérieur, devant le palais présidentiel, Vasile BLAGA, ministre de l’Intérieur a donné sa démission « à l’issue de trois jours de dispute avec la Présidence » (GÂNDUL). « Le Ministre Vasile BLAGA  a assumé sa responsabilité pour les fautes des autres. C’est un geste personnel et unilatéral » a déclaré le premier ministre Emil BOC tandis que le président Traian BĂSESCU a remercié son ancien ministre et salué son « geste responsable » : « Je continue d’avoir confiance en cette institution », a poursuivi « abruptement » le Président. « Je ne plaisantais pas lorsque j’ai dit que je voulais un rapport du gouvernement concernant le meeting. Il est inacceptable qu’une manifestation légitime de policiers se transforme en une marche illégale de personnes sensées défendre la loi » a-t-il ajouté, faisant référence à la réunion du Conseil Suprême de Défense Nationale (CSAT) que le président a convoquée pour jeudi prochain et au cours de laquelle il souhaite recevoir le rapport sus mentionné. Selon ROMÂNIA LIBERĂ, le départ du dernier « poids lourd » de la triplette BVB (Blaga-Videanu-Berceanu) cacherait d’autres raisons : il n’aurait pas initié les réformes « de fond » de la Direction Générale d’Informations et de Protection Intérieure (DGIPI), telles que voulues par Traian BĂSESCU et il aurait entretienu des relations ambigües avec certains adversaires politiques du président.

Nomination de Traian IGAŞ aux fonctions de ministre de l’Intérieur

Traian IGAŞ, âgé de 42 ans, est le leader du groupe PDL du Sénat depuis 2008 et président de la Commission pour la modification du Règlement. Il est aussi vice-président du Bureau permanent départemental PDL d’Arad. Entre 2004 et 2008, Traian IGAŞ a été député, vice-président de la Commission pour l’administration publique, l’aménagement du territoire et l’équilibre écologique. Au-delà de son parcours politique, la presse retient surtout le fait qu’il doit sa nomination au maire d’Arad, Gheorghe FALCĂ (proche de Traian BASESCU, qui a été son témoin de mariage), lequel a réussi à imposer le nom d’IGAŞ, au lieu du sien « taché » par les enquêtes pour faits de corruption dont il fait l’objet. Des analystes politiques mettent en avant le manque d’expérience de Traian IGAŞ, ADEVĂRUL le qualifie de « soldat discipliné » tandis qu’EVENIMENTUL ZILEI mentionne son « manque d’envergure politique ». Alors que BLAGA était désigné sous le surnom de « bouledogue », les médias roumains surnomment déjà son successeur de « petit roquet ».

Une démission incomprise et inquiétante

La démission de Vasile BLAGA a suscité, tant au sein du PDL qu’au sein des partis de l’opposition, une vague d’incompréhensions. Ioan OLTEAN (vice-président PDL) a déclaré pour ADEVĂRUL que Vasile BLAGA était un bon ministre « on ne peut rien lui reprocher. C’est un mauvais moment pour démissionner », Theodor STOLOJAN renchérit : « C’est l’un des ministres qui a fait preuve d’une grande crédibilité. Il n’aurait pas dû démissionner ». La presse et le monde politique roumains reconnaissent que le mandat de Traian IGAŞ ne sera pas des plus faciles. Alors que le Président roumain a déclaré que le ministère de l’Intérieur (MAI) était « l’un des pilliers de l’Etat roumain », Marko BELA, le président de l’Union Magyare (UDMR), a affirmé que la Roumanie avait besoin « d’une continuité au MAI pour ne pas rater l’échéance Schengen ». De même, le Président du Sénat, Mircea GEOANĂ (PSD) a déclaré que la démission de BLAGA pourrait coûter à la Roumanie son adhésion à Schengen (ROMÂNIA LIBERĂ).

Traian BASESCU a promulgué la modification de la Loi d’organisation et de fonctionnement de la Cour Constitutionnelle (CC)

La CC était déjà compétente pour donner un avis consultatif sur les décisions du parlement. Désormais, si une procédure de suspension présidentielle est votée par les deux chambres du parlement, en plus de l’avis consultatif, la décision en question est désormais potentiellement soumise à un contrôle de constitutionnalité. Dans ce contexte, la procédure de suspension préparée par l’opposition pourrait être plus difficile à mettre en œuvre...

L’opposition travaille sur la procédure de suspension du Président

Le Bureau permanent du PSD a signé à l’unanimité le déclenchement d’une procédure de suspension de Traian BĂSESCU si ce dernier promulguait la loi des retraites dans la forme adoptée par la chambre des députés, adoption qualifiée de « frauduleuse » par le PSD. Le PNL et le PC (Parti des Conservateurs) ont déjà annoncé qu’ils soutiendront cette démarche. Le vice-président du Sénat, Dan VOICULESCU a présenté hier le calendrier des actions nécessaires pour la suspension du Président. Selon cet agenda, le vote au parlement sur la proposition de suspension se déroulerait le 15 novembre et l’éventuel référendum portant sur la destitution du Président serait le 19 décembre. 

Autonomie territoriale magyare

« Nous avons l’intention de demander l’autonomie territoriale dans d’autres régions, en dehors du pays des Sicules, à Bihor et Satu Mare [deux villes frontalières avec la Hongrie - ndr] où nous sommes relativement majoritaires dans une région assez restreinte » a déclaré hier à Oradea, le vice-président du parlement européen, Laszlo TOKES. ROMÂNIA LIBERĂ mentionne que c’est la première fois que ces deux villes font l’objet d’une telle déclaration. Kelemen HUNOR, ministre de la culture dont le nom est mentionné comme éventuel successeur de Marko BELA à la tête de l’Union Magyare, a précisé que ce n’était pas le moment de discuter de ce sujet, même s’il s’est déclaré en faveur de l’autonomie, mais d’un autre genre, plaidant pour une décision qui se rapprocherait du citoyen, et qui ne serait pas liée à des critères ethniques.

Herta MÜLLER est en Roumanie


Le Prix Nobel de littérature est en Roumanie depuis hier. Sa visite a débuté par une conférence de presse et un dialogue avec le philosophe Gabriel LIICEANU, à l’Athénée. ROMÂNIA LIBERĂ, écrit que « les interviews et la conférence de presse de l’écrivain allemande d’origine roumaine ne sont ni provocantes ni ennuyantes, ni pleines de remarques spirituelles. Herta MÜLLER a une qualité frappante : la franchise. La devise de Wittgenstein « Tout ce qui peut être dit peut être dit clairement lui correspond à merveille » écrit la journaliste. Ainsi, l’écrivain a affirmé hier parmi d’autres « répliques tranchantes », que c’était  plus dur pour la Roumanie que pour elle. « Je pense que n’importe qui vivant ici a espéré qu’après la chute de la dictature, les choses se clarifieraient. Je crois que c’est cela qui a déçu tout le monde, pas seulement moi. (…) Par rapport à la Roumanie, ce qui compte ce n’est pas que je ne me sente pas chez moi. Ce serait bien si je ne sais combien de millions de roumains se sentaient chez eux ».

France-Roumanie


Les grands noms de la cinématographie européenne seront à Bucarest en octobre : Thierry FREMAUX (délégué général du Festival de Cannes) ; Gaspar NOE ou encore Xavier BEAUVOIS invités par l’Institut Français de Bucarest (CRONICA ROMÂNĂ)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias roumains. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.