Mercredi 15 septembre 2010
REVUE DES MÉDIAS ROUMAINS DU MERCREDI 15 SEPTEMBRE 2010
Expulsions de Roms : l’Union Européenne durcit le ton
La procédure européenne d’infraction dont est passible la France est couverte par la plupart des médias roumains. Le 5 août, le directeur de cabinet du Ministre français de l’Intérieur, Brice HORTEFEUX a émis une circulaire qui demandait aux préfets de faire de l’évacuation des camps de tsiganes et de l’expulsion de ces derniers une « priorité ». Or, explique GÂNDUL, au cours des visites de la semaine dernière, le Ministre de l’Immigration, Eric BESSON avait affirmé qu’il n’ y avait pas de stigmatisation de cette communauté. Viviane REDING, la Commissaire européenne en charge de la Justice et des droits fondamentaux; a qualifié l'attitude du gouvernement français de «honteuse». «Je vais être très claire: les discriminations ethniques ou raciales n'ont pas leur place en Europe (...) Je suis personnellement convaincue que la Commission européenne n'aura pas d'autre choix que d'initier une procédure d’infraction contre la France» a déclaré la Commissaire. «J'ai l'intention de proposer (cette initiative) au président de la Commission», a-t-elle précisé, indiquant qu'une décision devrait être prise «dans un délai de deux semaines» (AZI, ADEVĂRUL, ROMÂNIA LIBERĂ).
La réponse de la Roumanie aux rapatriements des Roms
« Nous ne sommes pas les infracteurs de l’Europe, mais nous ne pouvons pas non plus dire que les citoyens roumains ne commettent pas d’infractions sur le territoire de l’Union Européenne (UE)» a déclaré hier le ministre roumain de l’Intérieur à la tribune du Sénat (ROMÂNIA LIBERĂ). Selon Vasile BLAGA, la quantité des infractions commises par des roumains en France n’est pas « très grande » : « on a enregistré 14773 inculpations de citoyens roumains, ce qui représente 1.2 % des inculpations au niveau national ». D’autre part, il a annoncé « la venue en France, lundi, du secrétaire d’Etat Nicolae TITULESCU accompagné de 10 autres policiers ». Ces derniers resteront dans l’hexagone pour une période allant de 3 à 6 mois. « Les policiers proviennent notamment des départements d’origine des citoyens roumains qui commettent des délits et certains d’entre eux parlent la langue rom » a précisé le ministre.
Les sénateurs ont abrogé les interdictions concernant la libre circulation des personnes rapatriées dans le cadre d’accords de réadmission
Le projet de modification législative initiée par le gouvernement, relative à la libre circulation des citoyens roumains sur les territoires des autres Etats de l’UE, a été adopté hier par le Sénat (AGERPRES, ADEVĂRUL). Selon ce projet de loi (qui doit être désormais voté à la Chambre des députés),le délai de trois ans pour retrouver la liberté de circulation des citoyens roumains qui sont renvoyés en Roumanie sur la base des accords de réadmission signés entre la Roumanie et les autres Etats de l’UE sera supprimé. Le ministre de l’Intérieur a précisé que ce projet ne s’appliquerait pas aux personnes expulsées.
Les concessions du gouvernement
A l’issue de la réunion de la coalition PDL-UNPR-UDMR, le gouvernement a supprimé de la loi de réforme du système des retraites (sur la proposition de l’UDMR) l’égalisation de l’âge de départ à la retraite pour les hommes et les femmes. GÂNDUL rappelle qu’il est actuellement de 58 ans pour les femmes et de 63 ans pour les hommes, et qu’il devrait passer à 63 ans et 65 ans pour les catégories respectives d’ici l’année 2030. Hier également, les partis de la coalition ont plaidé pour l’augmentation des salaires inférieurs à 2000 lei (~ 476 euros) et pour le « gel » des salaires les plus élevés.
Retrait des pensions d’invalidité
Selon GÂNDUL, plus de 470 000 dossiers de pension d’invalidité ont été vérifiés depuis le début de l’année et, à la suite de leur réexamen, 3869 personnes se sont vues retirer leur pension d’invalidité.
Les sociétés françaises en Roumanie
A l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de la Chambre française de commerce et d’industrie en Roumanie (CCIFER), son président, Bruno ROCHE a déclaré pour MEDIA FAX que malgré la crise, « les compagnies françaises n’avaient pas l’intention de quitter la Roumanie, au contraire, 50 nouvelles firmes prospectent le marché pour d’éventuels investissements ». GÂNDUL et ZIARUL FINANCIAR, par la voix de Daniela APOLOZAN, directrice exécutive de la CCIFER, précisent qu’au cours du premier semestre, les importations de France ont totalisé 1.4 milliards d’euros et les exportations des compagnies autochtones sur le marché français se sont élevées à 1.2 milliards d’euros. Actuellement, les investissements français en Roumanie se situent autour de 7 milliards d’euros. 6000 sociétés qui ont une participation française en capital sont enregistrées à la CCIFER. RENAULT, ORANGE, LAFARGE, BRD-GROUPE SOCIETE GENERALE, GROUPAMA, DANONE et CARREFOUR figurent parmi les principaux investisseurs français en Roumanie.
Le marché du bio peine à décoller en Roumanie
Selon ADEVĂRUL, le marché local des produits bio ne dépasse pas les 1% de la consommation , alors que dans d’autres pays, telle que l’Allemagne, il atteint les 5 %. Bien que la surface cultivée écologiquement en Roumanie, c’est-à-dire sans utilisation de pesticide, ait augmenté de 240 000 hectares, l’année dernière, le nombre des producteurs qui pratiquent l’agriculture écologique a baissé de manière significative : de 4100 en 2008, à 3200 en 2009, selon le ministère de l’agriculture. « La majorité des producteurs exporte la matière première car chez nous, il n’existe pas d’unités de traitement, et les produits reviennent sous forme finie, à des prix beaucoup plus élevés. Nous nous retrouvons dans la situation où un produit bio est 30% plus cher qu’un produit traditionnel » explique le directeur de la société Natura Bio.
L’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Roumanie signent un accord sur le transit de gaz
L'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Roumanie ont signé mardi un accord prévoyant la création d'un couloir de transit qui permettra de transporter du gaz naturel de la mer Caspienne vers l'Europe et pourrait ainsi alléger la dépendance de l'Union européenne vis-à-vis du gaz russe. L'accord a été signé par les ministres de l'Energie des trois pays au cours d'une visite à Bakou du président géorgien, Mikheïl SAAKACHVILI, et de son homologue roumain, Traian BĂSESCU précise ADEVĂRUL. Baptisé AGRI (Interconnecteur Azerbaïdjan-Géorgie-Roumanie), ce projet devrait aboutir à la livraison annuelle de 8 milliards de mètres cubes de gaz en Europe. Le projet vise à diversifier les fournisseurs d'énergie de l'Europe, qui dépend de la Russie pour un quart de son approvisionnement en gaz (AGERPRES).
France-Roumanie
Interview de Bogdan MAZURU, le nouvel ambassadeur de la Roumanie à Paris (RFI)
Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias roumains. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
