Mardi 2 août 2011
REVUE DES MÉDIAS ROUMAINS DU 2 AOUT 2011
Presse, télévision, radios
Le jeu au populisme
La presse se fait l’écho des déclarations contradictoires hier des membres de la coalition gouvernementale sur une possible augmentation des salaires des fonctionnaires. Inquiets des sondages qui leur attribuent une popularité de seulement 15%, les démocrates-libéraux cherchent de solutions, en réduisant les prix aux produits alimentaires pour les retraités et en augmentant les salaires des fonctionnaires, écrit ADEVĂRUL. Varujan PAMBUCCIAN, le leader du groupe parlementaire des minorités nationales, avait déclaré hier à midi que la coalition aurait décidé d’augmenter les salaires des fonctionnaires de 15% à partir du 1er octobre 2011. Cependant, deux heures plus tard, Sever VOINESCU, le porte-parole du PDL a contredit cette hypothèse, en mentionnant que la coalition n’avait pas montré « de signes de faiblesse populiste ». Par ailleurs, Marian SÂRBU, le président de l’Union nationale pour le Progrès de la Roumanie a déclaré ce matin pour RFI Roumanie qu’en 2012 les salaires des fonctionnaires seraient augmentés de 15% en plusieurs tranches pour récupérer la réduction de 25% de 2010. M. SÂRBU a également mentionné que la principale ressource pour financer cette mesure serait la croissance économique attendue pour 2011 et 2012.
Déclarations du Premier Ministre
Dans une intervention pour la télévision nationale (TVR) le Premier Ministre Emil BOC a annoncé hier soir que l’accord avec le FMI prévoyait une augmentation des salaires des fonctionnaires en 2012, mais qu’une telle mesures serait strictement conditionnée par une contrepartie en réductions d’effectifs. Le Premier ministre a précisé que les dépenses salariales de la fonction publique devaient être contenues à un niveau de 7,2% du PIB tout au plus. Sur la situation difficile du système de santé, le chef du Gouvernement a affirmé que les fonds seraient alloués au fur et à mesure que les décisions censées stopper le gaspillage des fonds étaint prises. A cet égard, la législation instituant une limitation des services gratuits de santé et celle introduisant l’usage des médicaments génériques doivent être adoptées d’ici à la fin de l’année. S’agissant du projet de mine d’or à Rosia Montana, le Premier Ministre a déclaré qu’il y était personnellement opposé pour deux raisons principales : l’impact sur l’environnement et un contrat défavorable à l’Etat roumain. Pour ce qui est de la réorganisation territoriale, un débat aura lieu le 8 août prochain au sein de la coalition sur deux axes : le projet porté par le PDL et la continuation du processus de décentralisation. Emil BOC a mentionné que la première réaction des administrations d’Etat serait un rejet de la décentralisation.
La Cathédrale de la Rédemption du Peuple
ROMÂNIA LIBERĂ critique le communiqué de la Patriarchie roumaine à un reportage de Deutsche Welle diffusé hier lundi et qui mettait en balance le dynamisme de la construction de nouvelles églises ainsi que le soutien financier du Gouvernement roumain au projet de construction d’une grande cathédrale, avec la fermeture de nombreuses écoles et hôpitaux pour des raisons budgétaires..Tout en faisant siens les arguments invoqués par les journalistes de DW, ROMÂNIA LIBERĂ estime que la cathédrale de Bucarest ne pourrait pas être considérée comme « symbole de la dignité nationale » et que son utilité publique est douteuse. La contribution de l’Etat à ce projet restera longtemps un sujet controversé, mais il faut, pour le journal « remarquer le fait qu’il y a de plus en plus de critiques du projet et la défense de la Patriarchie est de moins en moins convaincante ».
La Roumanie à deux visages
Sous le titre « La Roumanie divisée en deux : elle est bien vue à l’extérieur, mais la reprise économique n’est pas ressentie par les Roumanie », ZIARUL FINANCIAR fait une synthèse sur les commentaires optimistes et pessimistes relatifs à la l’évolution économique du pays. L’agence de notation Ftich Fitch ? place la Roumanie parmi les investissements sûrs, Jeffrey FRANKS a salué hier la reprise économique, en mentionnant que le PIB pourrait augmenter de 1.5% cette année, les analystes bancaires revoient à la hausse leurs prévisions pour 2011 ; ce sont autant des signaux positifs transmis dernièrement. Cependant, les hommes d’affaires s’interrogent où sont ces signaux positifs car la situation ne semble pas s’améliorer dans les sociétés roumaines qui ont vu leurs revenus baisser, le secteur automobile et celui de l’immobilier sont encore en bas et le crédit ne reprend pas.
France – Roumanie
« La BRD a fait un profit de 282 millions d’euros au premier semestre » (à la une de ZIARUL FINANCIAR) ; dans une intervention pour le quotidien, le PDG de la BRD-Groupe Société générale explique la banque a prouvé sa solidifié et sa capacité de générer du profit, même dans un climat économique difficile.
Sur Internet (sites d’informations et blogs)
La Cathédrale qui suscite le débat
« La Cathédrale de la Rédemption du Peuple a été la première à sortir de la crise » titre le quotidien en ligne GÂNDUL, qui à son tour reprend le reportage de Deutsche Welle et critique la participation de l’Etat dans ce projet. « L’allocation de telles sommes ne peut être justifiée ni même en tant qu’investissement. Sur les milliers d’églises construites après la révolution, beaucoup n’ont fait que régler les problèmes d’emploi pour de nombreux diplômés d’études théologiques ». Par ailleurs, Costi ROGOZANU critique le lien toujours très serré entre l’Eglise et la classe politique et donne un exemple similaire de 2005 quand la Métropolie de Moldavie, sous le prétexte de rénover un monastère, avait construit un « véritable hôtel » dans les montagnes, en violant les restrictions légales. « L’église entrera en force dans le nouveau cycle électoral, parce qu’il y a d’argent à prendre. Et les hommes politiques qui puissent dire non ne sont pas nés encore. »
Electrica
Avec des arriérés de presque 200 millions d’euros à récupérer de la CFR, un rendement quatre fois inférieur par rapport à ses concurrents privés et une filiale qui figure sur la liste noire du FMI, la société énergétique Electrica reste un des problèmes majeurs de l’économie roumaine. Sa privatisation reste encore « un beau rêve », écrit ImpactNews.ro dans une analyse.
Campagne électorale
« La prochaine campagne électorale sera la plus agressive que la Roumanie ait jamais connue » déclare l’analyste politique Bogdan TEODORESCU pour inpolitics.ro. Selon lui, les principaux thèmes du débat électoral qui débutera cet automne seront la réforme administrative, la révision de la Constitution et le prix de l’énergie.
Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias roumains. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
