Vendredi 5 août 2011

REVUE DES MÉDIAS ROUMAINS DU 05 AOÛT 2011

Presse, télévision, radios

Démission du ministre de la Santé


Le Ministre de la Santé, Attila CSEKE, a annoncé sa démission hier, justifiant son geste par les fonds insuffisants reçus par son ministère lors de la dernière rectification budgétaire. M. CSEKE s’est déclaré pour MEDIAFAX mécontent du fait que les décisions budgétaires sont prises par le ministère des Finances santé sans consulter le ministre de la santé. « J’ai demandé la semaine dernière une rencontre tripartite – ministère des Finances, ministère de la Santé, Caisse nationale d’Assurance Santé – qui n’a pas été prise en compte » a ajouté CSEKE. « L’UDMR n’accepte plus de coups en dessous de la ceinture de la part du PDL » titre EVENIMENTUL ZILEI, selon lequel les dirigeants du parti magyar proposeront un nouveau ministre pour remplacer Attila CSEKE, mais « n’accepteront plus d’autres discriminations ». Selon le quotidien, la démission du ministre serait liée, en coulisse, à une lutte cachée entre le PDL et l’UDMR tout particulièrement pour le contrôle de la Caisse nationale d’Assurance Santé. ROMANIA LIBERA note par ailleurs que le successeur de CSEKE n’aura pas une mission simple, étant responsable de la nouvelle loi de la santé censée privatiser certains hôpitaux et briser le monopole de la CNAS : sur les 21 ministres de la Santé des 20 dernières années, aucun n’a réussi à faire une réforme profonde du système ajoute le journal qui liste la lutte avec les producteurs de médicaments, l’introduction des assurances complémentaires et l’imposition d’un paquet réduit de soins couvert par l’assurance comme autant d’obstacles insurmontables.

Réouverture des poursuites judiciaires contre « SOV »

Les procureurs de la section de poursuite pénale du Parquet général ont décidé de rouvrir les investigations sur l’homme d’affaires Sorin Ovidiu VÂNTU, accusé d’avoir été responsable de l’escroquerie du FNI (une chaîne pyramidale, en 2000) et de la faillite de plusieurs banques (1995-2002). Selon les conclusions des procureurs, les enquêtes précédentes n’avaient pas mis en évidence les bénéficiaires réels de l’argent détourné. Ioana Maria VLAS, ancien directrice de SOV Invest, et la seule personne qui ait reçu une peine de prison dans le dossier de l’écroulement du FNI, a déclaré pour ADEVĂRUL que la décision des procureurs d’enquêter Sorin Ovidiu VÂNTU est tardive et que la seule chose souhaitable serait que les personnes spoliées reçoivent leur argent. Selon ADEVĂRUL, la réouverture de l’enquête pourrait être mise en relation avec la récente extradition en Roumanie de Nicolae POPA, ancien directeur de Gelsor, le réseau qui collectait les fonds pour FNI et dont les déclarations permettrait de reposer la question de la responsabilité pénale de Sorin Ovidiu VÂNTU. « 300.000 spoliés du FNI attendent depuis 11 ans que SOV paie » titre EVENIMENTUL ZILEI, qui précise également que le Conseil supérieur de la Magistrature s’est autosaisi hier et a démarré des enquêtes sur les procureurs de la DIICOT et de la DNA qui ont géré au fil du temps les dossiers où Sorin Ovidiu VÂNTU était impliqué. Selon l’éditorialiste d’EVENIMENTUL ZILEI, pour la première fois la poursuite de Vântu pourrait être plus qu’une tempête dans un verre d’eau car le cas Vântu est « une pierre d’essai autant pour la justice, que pour la classe politique roumaine ».

Elections locales 2012

Le président du PSD Victor PONTA a confirmé que les estimations de vote pour l’USL ont été finalisées dans tous les départements, mais a interdit aux chefs de filiales du PSD de faire publics les résultats, écrit ADEVĂRUL. Cependant, selon le quotidien, les actuels « barons locaux », présidents de conseils départementaux, auraient toutes les chances d’être reconduits dans leurs fonctions lors des élections locales de 2012, quelque soit leurs appartenance politique. Des noms comme Liviu DRAGNEA (PSD), Marian OPRISAN (PSD), Aristotel CANCESCU (PNL), Sorin FRUNZAVERDE (PDL) gagneraient sans problèmes le scrutin pour garder leurs fauteuil de président dans leurs départements. D’autre part, selon les sondages internes, l’USL obtiendrait la majorité des conseillers départementaux dans presque la totalité des départements, ce qui déboucherait dans certains conseils à une situation de « cohabitation » entre les présidents démocrate-libéraux et les conseils.

Roumanie – France

« L’écrivain Frédéric BEIGBEDER revient en Roumanie » (PUTEREA)

« Société Générale en collaboration avec d’autres banques syndicalisent un prêt de 50 millions d’euros pour les parcs éoliens de Peştera et Cernavodă » (ZIARUL FINANCIAR)

« La Roumanie dans le Guide vert Michelin » (ZIARUL FINANCIAR)

Sur Internet (sites d’informations et blogs)


Le « défi » de l’article 103

Le professeur de droit constitutionnel Ioan STANOMIR remarque pour contributors.ro que la constitution actuelle de la Roumanie est marquée par son ambigüité juridique et politique, ce qui mène à toute une série d’interprétations contradictoires. La dernière des controverses d’interprétations a été la déclaration du Président Traian BASESCU disant qu’en cas d’élections législatives la Constitution lui imposerait de désigner chef du gouvernement le candidat proposé par le parti ayant obtenu le plus de mandats parlementaires, mais non pas celui proposé par une alliance politique majoritaire. Selon STANOMIR, la liberté d’action du Président est limité uniquement si suite aux élections un seul parti obtient plus de la moitié des parlementaires, quand il est obligé par le texte constitutionnel de désigner le candidat proposé par ce parti majoritaire. A défaut d’un tel résultat, la liberté d’action du Président dans la désignation du prochain chef de l’exécutif est considérable et il peut exercer son rôle de médiateur pour trouver la meilleure solution.

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias roumains. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.