Vendredi 7 janvier 2011
REVUE DES MÉDIAS ROUMAINS DU 7 JANVIER 2011
Déclarations du Président
Dans une intervention télévisée pour la chaîne TVR1, le Président Traian BĂSESCU s’est exprimé sur le dossier Schengen, les évolutions politiques et les prévisions économiques pour 2011.
Le Chef de l’Etat a déclaré que le report de l’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen n’était pas un problème en soi, mais un précédent inacceptable et dangereux à l’encontre d’un « Etat qui remplit ses obligations ». Le Président a fait appel à une solidarité de la classe politique et de la population sur ce sujet et, citant le dossier Ridzi, a renouvelé ses observations sur la responsabilité du Parlement et des juges. Interrogé sur un mécontentement de la France et de l’Allemagne, le Président a mis en cause plusieurs transactions commerciales qu’il a qualifiées de « sport économique » du temps du gouvernement Nastase et de pratiques qui ne devaient pas se renouveler.
S’agissant des projets des partis d’opposition (PSD, PNL et PC) de constituer une alliance, le Président les a qualifiés de renforcement normal « de la gauche ». Cependant, l’acharnement de l’opposition pour la suspension du Président serait nuisible à la crédibilité de la Roumanie, a ajouté Traian BĂSESCU.
Sur le plan économique, le Président a estimé que 2011 serait une année « un peu mieux » par rapport au 2010, avec des fonds disponibles pour les investissements, mais réduits pour la consommation (HOTNEWS).
Schengen
Les médias roumains consacrent de larges espaces aux déclarations du Ministre hongrois de l’Intérieur reprises d’abord hier par l’agence Deutsche Press Agentur (DPA). « Une déclaration ratée : comment les Hongrois ont joué avec les nerfs des Roumains pendant toute une journée » titre GÂNDUL, qui remarque que l’information, de la Hongrie entérinant le report de l’adhésion, véhiculée par l’agence allemande a provoqué « de fortes émotions sur l’axe Budapest-Bucarest ». L’Ambassadeur hongrois à Bucarest a affirmé que la Présidence hongroise de l’Union européenne soutiendrait « de toutes ses forces » l’adhésion de la Roumanie. Le président de la commission pour les affaires étrangères du Sénat, Titus CORLĂŢEAN a déclaré pour le même quotidien que « la Roumanie continuerait d’être considérée comme un pays de deuxième rang si le dispositif de suivi sur la justice se poursuit et si elle n’est pas reçue dans Schengen ». ROMÂNIA LIBERĂ fait écho à des spéculations sur un remplacement du Ministre des Affaires étrangères Teodor BACONSCHI par Cristian DIACONESCU, président d’honneur de l’UNPR. Pour ZIARUL FINANCIAR, le principal préjudice entraîné par la non-admission de la Roumanie dans l’espace Schengen serait d’image, en particulier auprès des investisseurs étrangers. Le président de l’Association des Hommes d’Affaires de Roumanie voit dans cette évolution « une mesure protectionniste » prise par l’UE pour saboter les sociétés roumaines de transports de marchandise.
Nouvel accord avec le FMI
Le FMI met à la disposition de la Roumanie 3.6 milliards d’euros dans un nouvel accord « préventif », dont la durée sera probablement d’un an, après la fin de l’actuel accord en mai prochain, annonce ZIARUL FINANCIAR, citant des sources gouvernementales. L’argent ne sera versé qu’en cas d’urgence et une délégation de l’institution financière arrivera à Bucarest le 25 janvier pour discuter des conditions de l’accord.
Opposition
Selon GÂNDUL, le leader du PSD, Victor PONTA aurait fait aux libéraux et conservateurs la proposition que les trois partis se mettent d’accord sur une liste de candidats communs pour les élections locales de 2012. Selon le président du PSD, cette stratégie permettrait aux partis concernés de gagner tous les conseils départementaux, à l’exception de ceux de l’UDMR, infligeant au PDL une défaite majeure. Cependant, les libéraux sont méfiants vis à vis de la proposition des sociaux-démocrates, vue comme « un piège » pour que le PSD conserve « son avantage actuel » dans l’administration locale.
Education
GÂNDUL présente le projet du Ministre de l’Education Daniel FUNERIU de faire appel à une agence étrangère pour évaluer les universités roumaines selon les critères avancés par la nouvelle loi de l’éducation. Selon le quotidien le prix de cette démarche s’élèverait à 4 millions d’euros et viendrait après une période de 4 ans pendant laquelle le ministère a dépensé 18 millions de lei pour faire évaluer les universités par L’Agence roumaine chargée d’assurer la qualité de l’enseignement universitaire (ARACIS). Interrogé sur le sujet, le ministre a déclaré que les critères d’évaluation utilisés jusqu’à présent ne seraient plus d’actualité parce qu’ils ignoreraient les résultats concrets d’une université. Les recteurs des principaux universités sont réservés vis-à-vis de cette mesures : Andrei MARGA de l’Université Babeş-Bolyai de Cluj affirme que les agences étrangères « ne connaissent pas le système roumain » ; pour Ecaterina ANDRONESCU, recteur de l’Université polytechnique de Bucarest, le ministre voudrait « dénigrer les valeurs nationales », tandis que Ioan PÄNZARU, recteur de l’Université de Bucarest, pense que « la démarche est justifiée si elle apporte une valeur ajoutée », mais qu’elle serait inefficace « si 80% des universités roumaines étaient déclarées excellentes.
Pas d’austérité pour les sociétés d’Etat
ADEVĂRUL se penche sur le mémorandum que le Gouvernement a publié cette semaine selon lequel les salaires des directeurs et représentants de l’Etat dans les conseils d’administration des sociétés publiques restent pour l’instant aux niveaux de 2010 et deviendraient variables « en fonction de la performance » après l’approbation des budgets 2011. Ce qui signifie qu’en 2011 « la solidarité prend fin », écrit le quotidien.
France – Roumanie
Chronique cinéma : « La femme aux 5 éléphants » de Vadim JENDREYKO (DILEMATECA)
Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias roumains. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
