Mardi 7 juin 2011
Presse, télévision, radios
L’USL propose sa propre révision de la Constitution
L’Union Sociale-Libérale (USL) a annoncé qu’elle allait déposer mercredi au parlement trois projets de loi qui visent la réduction du nombre de sénateurs et de députés (300 maximum), adoptée par referendum en décembre 2009, l’élection par vote majoritaire uninominal des parlementaires et l’interdiction de migration politique (selon laquelle un parlementaire élu sous le sigle d’une formation politique perdrait son mandat s’il démissionnait du parti respectif). Selon TVR 1 (Téléjournal) et ADEVĂRUL (qui titre « Réplique à la Constitution de BASESCU »), les trois projets ont été élaborés en réaction à la réforme de la Constitution et à la loi électorale proposée par la Présidence. En effet, en se concentrant sur la réduction du nombre de parlementaires, l’USL « oublie” les autres aspects proposées par le projet présidentiel de modification de la Constitution. Parmi eux, l’élimination de l’article sur l’immunité des élus et l’élimination de celui sur la présomption du caractère licite des fortunes déclarées » (ROMÂNIA LIBERĂ).
Le gouvernement prépare la suppression des départements et l’apparition des régions
Le gouvernement BOC pourrait valider cette semaine un projet d’acte normatif visant la réorganisation administrative et territoriale du pays, projet à la suite duquel les préfectures et les conseils départementaux pourraient être supprimés ou leur influence réduite de manière drastique, une partie de leurs attributions courantes pouvant être reprises par les mairies. Selon ce projet, la Roumanie aurait 8 régions. « Il n’est cependant pas clair si les départements actuels en tant qu’unités administratives et territoriales seront supprimés ou si c’est seulement leurs attributions qui seront restreintes – les déclarations du premier ministre Emil BOC étant assez vagues », écrit ZIARUL FINANCIAR. L’enjeu est cependant important. GÂNDUL l’estime à 10 milliards d’euros, somme dont « la Roumanie devrait bénéficier via le programme de développement de la Commission européenne, pour la période 2013-2014, représentant le paiement des prochains travaux d’infrastructure. La condition de base imposée par Bruxelles, le traçage de régions avec un statut juridique, a été reportée jusqu’à présent pour des raisons pour le moins pragmatiques ». En effet, la disparition des départements et donc des conseils départementaux signifient celle de centaines de postes et la diminution de l’influence des présidents de conseils départementaux.
Le plus grand problème auquel risque de se confronter le cabinet BOC se situe du côté de ses propres alliés. En effet, l’Union magyare aimerait que la Roumanie soit partagée en 16 régions, parmi lesquelles les départements Mureş, Harghita et Covasna devraient être réunis sous une seule autorité (GÂNDUL, TVR1).
Points de vue des Français, Américains et Anglais sur l’une des modifications prévues dans le projet de révision de la Constitution
A l’occasion d’un débat organisé par la Société académique roumaine, EVENIMENTUL ZILEI se fait l’écho des points de vue des représentants des Ambassades de France, Etats-Unis et Grande-Bretagne à Bucarest par rapport à l’élimination dans la nouvelle constitution de la présomption du caractère licite de la fortune déclarée (article 44 de la Constitution) dans le projet présidentiel de révision de la loi fondamentale. Mark GITTENSTEIN, Ambassadeur des Etats-Unis, considère que la Roumanie devrait introduire dans sa législation la possibilité de confisquer les fortunes non justifiées. Le conseiller politique de l’Ambassade de Grande-Bretagne, Peter THOMAS a déclaré que la législation de son pays, introduite en 2002, est encore plus stricte. Ainsi, la police peut confisquer n’importe quelle somme de plus de 1000 livres sterlings si la personne arrêtée dans la rue pour un banal contrôle d’identité ne peut pas la justifier. Le magistrat Frédéric TEILLET, dans le cadre de l’Ambassade de France, a expliqué quant à lui que dans son pays, les biens, aussi insignifiants soient-ils, comme par exemple un téléphone portable, doivent être justifiés, sinon ils sont confisqués par les autorités.
Elections en République de Moldavie : Chişinau à portée de main des communistes
Les résultats des élections locales qui ont eu lieu dimanche en République de Moldavie ont pris par surprise les médias de Roumanie. « Pourquoi les communistes reviennent au pouvoir? » s’interroge ROMÂNIA LIBERĂ. Pour la première fois, les habitants de Chişinau ont préféré un représentant du parti communiste, Igor DODON (52.3 %). Un second tour de scrutin permettra de confirmer ou infirmer le vote de dimanche. Dans les plus grandes villes du pays, les communistes se sont aussi imposés face aux trois partis qui forment l’Alliance pour l’intégration européenne (coalition au gouvernement). Selon la directrice de l’Institut de politiques publiques de République de Moldavie, les bons résultats obtenus par les communistes au premier tour des élections locales vont avoir des conséquences importantes, car ces derniers pourraient essayer de forcer les élections anticipées, notamment à la Cour Constitutionnelle.
France-Roumanie
La dixième édition du Festival de Comédie sera ouverte par des Français (JURNALUL NAŢIONAL)
Sur Internet (sites d’informations et blogs)
La presse écrite continue son déclin
Le premier trimestre de l’année n’a pas montré de signes d’amélioration pour la presse écrite au chapitre de leurs ventes. La vente des journaux roumains a enregistré une baisse moyenne de 10 000 exemplaires, selon les informations du bureau roumain d’audit des tirages (BRAT). La chute la plus brutale concerne le journal ADEVĂRUL. Ses ventes moyennes sont passées de 75 000 (dernier trimestre 2010) à 44 800 (janvier-mars 2011). « La Roumanie risque de devenir le premier pays d’Europe sans journaux, et ceci ne signifie pas que nous sommes postmodernes, comme nous pourrions l’imaginer, anticipatifs, avant-gardistes. Nous sommes rudimentaires » commente le journaliste Cătălin TOLONTAN pour Paginademedia.ro. « Nous nous retrouvons sans journaux, car nous ne sommes plus en état de produire de d’information crédible. » ajoute-t-il.
« La mort de la gauche roumaine » : réaction sur le programme économique de l’USL
Dans un article publié sur le site Criticatac.ro. Victoria STOICIU commente le programme économique de l’Union Sociale-Libérale. Selon la journaliste, « le PNL n’est pas une annexe de la gauche. Le PNL et le PSD sont les deux annexes caricaturales de l’idéologie du parti au gouvernement. Les ressemblances entre le programme économique de l’USL et les 35 idées lancées par le fer de lance du PDL : VOINESCU, PREDA et MACOVEI sont stupéfiantes » et pour expliciter son propos, Victoria STOICIU en reprend quelques unes avant de conclure à regret : « Lorsque l’on ne sait pas par où aller, le plus sûr est de rester sur place – voici à peu près la stratégie de l’USL ».
« La Roumanie ne va pas si mal »
« Prenant la défense d’Emil BOC, je dirais, même si cela est très difficile, que la Roumanie ne va pas si mal, si nous regardons l’Europe » déclare l’analyste politique Mihai NEAMŢU sur Capital.ro, avant de donner quelques exemples : « La Roumanie a 5% de chômeurs tandis que l’Espagne en compte plus de 20% (…) des centaines de milliers d’Espagnols se rassemblent sur les places de Madrid, de Barcelone… en comparaison, la Roumanie présente un plus de stabilité (…) Si nous regardons les mouvements anarchistes de la Grèce, ni nous regardons l’alerte qui existe au Portugal concernant les dettes souveraines, on se rend compte que la Roumanie a l’avantage de bénéficier d’une possible relance », précise l’analyste.
France-Roumanie
« La raison de la résistance est l’indignation » (Stéphane HESSEL sur Criticatac.ro)
Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias roumains. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
