Jeudi 2 et vendredi 3 juin 2011

Le projet de révision de la Constitution

Le Président Traian BĂSESCU a transmis mercredi soir au Conseil législatif le projet de loi de révision de la Constitution. Après avoir reçu l’avis du Conseil, le projet sera transmis à la Cour constitutionnelle puis au Parlement afin qu’il y soit débattu. Les médias roumains présentent les principales modifications de la loi fondamentale suite à la conférence de presse qu’a tenue le Président mercredi soir : le passage à un parlement monocaméral (avec 300 parlementaires) ; la suspension du Président conditionnée à l’avis de la Cour constitutionnelle (définitif et non plus consultatif); le changement des ministres après que le après consultation du Premier ministre avec le Président ; la révocation possible du Président du parlement avant l’expiration de son mandat ; suppression de l’immunité pénale des parlementaires, l’extension de la durée de la garde à vue de 24 heures à 48 heures ; le caractère licite de la fortune déclarée n’est plus présumée ; la procédure d’engagement de la responsabilité du gouvernement limités à une seule fois par session parlementaire ; le déficit budgétaire limité à 3% et la dette publique inférieure à 60% du PIB ; les emprunts extérieurs destinés uniquement au domaine des investissements (ADEVĂRUL, RFI, TVR 1). Le Président a également signalé que l’article sur l’immunité du chef de l’état devait être maintenu parce que le pays a un seul président et qu’il avait besoin de stabilité, rappelant notamment le modèle français et le cas de Jacques CHIRAC (AGERPRES). Traian BĂSESCU a estimé qu’il sera en mesure de transmettre au parlement le projet de révision de la Constitution entre le 20 et le 30 juin.

Réactions et commentaires sur le projet de révision de la Constitution


Le Président a suggéré que le raccourcissement de la durée du mandat présidentiel pouvait faire l’objet d’une négociation avec les partis de l’opposition. Le sociologue Sebastian LĂZĂROIU, ancien conseiller présidentiel, a déclaré à la radio RFI qu’il pensait que cette négociation était possible, que le président pourrait accepter de renoncer à deux ans de son mandat afin que les partis de l’opposition se rallient à son projet de modification de la constitution.
L’Union sociale libérale ne se montre pour l’instant pas ouverte aux négociations (Téléjournal-TVR 1). Le président du Conseil national du PSD, Adrian NASTASE a déclaré que la proposition du Président était une « supercherie bon marché ». Quant aux libéraux, ils ne participeront pas aux débats relatifs à la modification de la Constitution « car une discussion sur ce sujet peut seulement avoir lieu dans le futur législatif, quand il existera un climat de dialogue politique dans toutes les forces représentatives », a déclaré Crin ANTONESCU, le président du Parti national libéral (AGERPRES). L’UDMR n’est pas favorable à un parlement monocaméral. Une nouvelle constitution ne peut pas passer sans le vote des sénateurs et des députés de l’opposition.car pour être adoptée, elle doit recevoir le vote des 2/3 du nombre total des parlementaires. Ensuite, les Roumains seront appelés à un nouveau referendum pour donner leur accord final (TVR 1).

Création d’un département dédié au contrôle des grosses fortunes


ROMÂNIA LIBERĂ annonce la création d’un département spécial au sein de l’ANAF (le Fisc roumain) qui s’occupera exclusivement de vérifier les grosses fortunes. Toutes les personnes qui obtiennent des revenus de 50 000 lei plus élevés que ceux qu’ils ont déclarés devront payer un impôt de 16% sur la différence entre les sommes déclarées. Selon le journal, les patrons qui ont oublié de passer dans la comptabilité de leur firme leurs propres revenus sont les premiers visés.

L’ANI s’intéresse aux recteurs-parlementaires


L’Agence nationale d’intégrité (ANI) a décidé que quatre recteurs-parlementaires étaient frappés d’incompatibilité parce qu’ils ont refusé d’opter pour l’une de leurs deux fonctions, telle que le prévoit la loi sur l’éducation. De plus, l’ANI a saisi le parquet et a demandé qu’une enquête de vérification soit ouverte à l’encontre de l’un d’entre eux : Ecaterina ANDRONESCU soupçonnée de conflit d’intérêts, car elle aurait encaissé illégalement environ 40 000 lei sur un projet financé par l’Union européenne, lorsqu’elle était ministre de l’éducation (ROMÂNIA LIBERĂ, Téléjournal-TVR 1). 

Les patients se retrouvent dans l’obligation de payer leurs médicaments


Les médecins de famille ont décidé de ne pas signer le nouveau contrat-cadre sur l’assistance médicale, de telle sorte que depuis mercredi (1er juin) les patients ne peuvent plus recevoir de médicaments gratuits ni être envoyés chez des spécialistes à titre gratuit (CRONICA ROMANĂ, MEDIAFAX, PRO TV). « Les médecins et la Caisse nationale d’assurance sociale se fâchent, les patients trinquent » titre REALITATEA TV.

Sur les restrictions de l’immigration de travail

ADEVĂRUL reprend les informations publiées par le journal LE FIGARO qui a publié des éléments de la circulaire rédigée par le ministre de l’intérieur Claude GUEANT, imposant des critères plus restrictifs pour les immigrés qui veulent travailler en France. Le ministre avait déclaré au journal LE PARISIEN à la fin du mois de mai que « la France n'avait pas besoin de maçons, de serveurs de restaurant » issus de l'immigration, car elle dispose « de la ressource nécessaire ». Actuellement, environ 30.000 personnes pénètrent chaque année sur le sol français pour y travailler, à la demande d'entreprises qui déclarent ne pas pouvoir subvenir localement à leurs besoins de main d'œuvre. Alors que le nombre de médecins roumains qui travaillent en France est estimé autour de 600, le quotidien roumain s’inquiète de l’effet de cette circulaire sur les Roumains souhaitant travailler en France.

Christine LAGARDE : la femme du FMI


La revue DILEMA VECHE et le journal ADEVĂRUL consacrent deux articles sur la candidature de Christine LAGARDE à la tête du Fonds monétaire international. Alors que le premier voit dans Christine LAGARDE, « la candidate favorite » et l’« une des femmes les plus influentes dans le monde », le second rappelle que la ministre de l’économie pourrait avoir des problèmes à cause de l’enquête pour abus de pouvoir dont elle fait l’objet.

ACADEMIA CAŢAVENCU est restée invendue


Doru BUŞCU n'a pas réussi à payer la somme de 1,6 millions d'euros pour laquelle lui a été adjugée la revue « Academia Caţavencu » lors de la vente aux enchères qui a eu lieu le 26 mai dernier. En conséquence, une nouvelle vente aura lieu le 14 juin (MEDIAFAX, ADEVĂRUL).


France-Roumanie


LEROY MERLIN ouvre au mois d’août son premier magasin à Bucarest (ZIARUL FINANCIAR)

L’Institut français offre aux mélomanes à l’occasion du bicentenaire LISTZ une journée entière de récitals (OBERVATOR CULTURAL)

AUSONIA explore la Transylvanie baroque (OBERVATOR CULTURAL)

« La carte et le territoire » de Michel HOUELLEBECQ : « un Goncourt bien mérité » (DILEMA VECHE)

Ouverture du Festival International du film de Transylvanie (TIFF) (CRONICA ROMÂNĂ)


Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias roumains. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.