Coopération entre la France et la Roumanie dans les instances francophones
L'importance et l'avenir de la francophonie dans le contexte mondial actuel,la coopération entre la France et la Roumanie dans les instances francophones
(Bucarest Hebdo, 21 mars 2003)
Comme chaque année, la Francophonie célèbre sa Journée internationale le 20 mars.
On devrait d'ailleurs parler de semaine ou bien même de mois de la francophonie car les manifestations proposées en Roumanie ne se limitent pas à la seule journée du 20 mars. Elle ne se limite pas non plus aux activités de la seule ambassade de France.
Comme chaque année, plusieurs de nos partenaires, en particulier, cette année, le Canada, la Belgique, la Suisse, la Bulgarie, le Maroc, le Liban, participent à cet événement et contribuent à son succès. Durant la semaine du 17 au 21 mars auront lieu un festival du film français, un festival de théâtre francophone, le troisième forum francophone de l'emploi, une rencontre sur " le français, une langue d'Europe " à l'université de Bucarest...plus tard sont prévus, entre autres, un colloque sur la diversité culturelle et une semaine de la science ; et tout ceci sans compter les centaines d'initiatives prises par nos partenaires et amis roumains en province comme à Bucarest.
La journée du 20 mars nous donne l'occasion de célébrer la Francophonie instituée il y a 32 ans à l'initiative de quatre hommes d'Etat remarquables, Habib Bourguiba, Diori Hamani, Norodom Sihanouk et Léopold Sédar Senghor. En cette date symbolique, beaucoup de nos pensées et de nos hommages iront vers ce dernier dont l'œuvre politique et littéraire illustre si bien les idéaux et la vitalité de la Francophonie
Avec le temps la francophonie a évolué. De nouveaux pays ont rejoint les pères fondateurs dont, il y a dix ans, la Roumanie. La Francophonie s'est affirmée comme une communauté de valeurs, une organisation à vocation universelle en prise avec les défis de son temps.
Certes, cette communauté paraît hétérogène, en termes d'origine géographique, de niveau de vie, de systèmes socio-politiques. Et pourtant, ces partenaires ont en commun le souci de préserver leur identité. On parle beaucoup de mondialisation, de risque d'uniformisation du monde. La Francophonie est un vecteur privilégié pour éviter de tels risques, pour les aider à maîtriser la globalisation, c'est à dire pour en garder les bons côtés tout en évitant ses dangers par la définition et le respect de règles communes.
La promotion de la diversité linguistique, et culturelle constitue l'un des grands principes de cette mondialisation maîtrisée.
Son objectif est d'éviter une aggravation des inégalités, la négation des identités, et de promouvoir le développement et le dialogue des cultures.
Cette vision fut, dès le Sommet de Maurice en 1993, celle de toute la Francophonie et c'est en ce sens que la France propose l'adoption, par la communauté internationale, d'une convention mondiale sur la diversité culturelle, dans le cadre de l'UNESCO.
Elle s'inscrirait dans la fidélité aux valeurs humanistes qui forment notre cadre commun : celles de la Déclaration Universelle des droits de l'homme et des pactes et traités qui en découlent. Elle affirmerait que la diversité culturelle appartient au patrimoine commun de l'humanité, qu'elle est un droit dont chaque Etat peut se prévaloir. Elle proclamerait l'égale dignité de toutes les cultures.
Avec ses partenaires francophones, mobilisés depuis Beyrouth, avec tous les Etats attachés à cette cause, la France propose que le prochain conseil exécutif de l'UNESCO engage la préparation de ce texte en vue de son adoption au plus tard en 2005.
C'est sans doute cette ouverture naturelle de la Francophonie sur le monde qui nourrit son pouvoir d'attraction et explique qu'elle se soit propagée bien au-delà de ses frontières linguistiques naturelles. Car si le français compte 180 millions de locuteurs dans le monde, l'influence de la Francophonie est bien supérieure à ces données quantitatives. Ce sont près de 55 Etats et gouvernements qui, avec la France, représentent une communauté francophone de plus de 500 millions d'êtres humains.
Notre langue est aussi un trait d'union, elle relie également des sportifs, des plasticiens, des danseurs, des spécialistes et des citoyens dans des réseaux professionnels et associatifs. Elle leur permet de se retrouver dans des jumelages, des festivals, des partenariats, des programmes de développement, des manifestations culturelles, des séminaires.
Le français est aussi une voie d'accès à la modernité car la Francophonie oriente ses programmes de coopération vers les nouveaux réseaux, ce qu'on appelle les inforoutes, la recherche scientifique, les technologies nouvelles.
Enfin, la Francophonie multilatérale est un lieu d'échanges qui peut faciliter, en Europe Centrale notamment, la mise en place de politiques partagées (création de filières universitaires par exemple), et aussi l'intégration régionale, en l'occurrence européenne.
La présence de la Roumanie au sein de l'Organisation Internationale de la Francophonie, cimente notre engagement commun pour la francophonie. Cinq millions de Roumains, soit près d'un sur quatre, parlent français, ce qui fait de la Roumanie le premier pays francophone parmi ceux dont le français n'est ni la langue maternelle ni la langue officielle. L'enseignement du français fait toujours preuve ici d'un réel dynamisme ; en effet, le français est la première langue étrangère apprise à l'école, puisque 47 % des élèves roumains choisissent de l'étudier en première ou deuxième langue, devant l'anglais et l'allemand. Ce succès, la France le doit aussi à la grande compétence des 14 000 professeurs de français qui exercent à travers tout le pays. Notre réseau culturel est le plus dense parmi ceux qu'a tissés la France en Europe. Les deuxièmes journées franco-roumaines de l'audiovisuel, qui se sont tenues en juin, attestent, s'il en était besoin, de l'enthousiasme de tous ceux qui animent cette action culturelle.
