4ème édition des Journées Franco-Roumaines de l’Audiovisuel et du Cinéma (20 octobre 2011)
Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Secrétaire Général, Mesdames et Messieurs
Je suis heureux d’ouvrir avec vous les 4èmes Journées Franco-Roumaines de l’Audiovisuel et du Cinéma. C’est un rendez-vous que j’ai voulu et auquel j’attache une importance particulière. Pour moi, les industries culturelles sont l'un des axes de développement de l'Europe et de l'économie européenne . À cet égard, la Roumanie, pays au confluent de plusieurs cultures, bien doté d'un appareil de formation solide, capable de produire des contenus de qualité, ayant un marché intérieur non négligeable, est un pays d'avenir. J'ai donc choisi de faire de ce domaine l'un des axes stratégiques de notre coopération.
Durant ces deux jours, l’Ambassade de France et l’Institut Français de Bucarest, avec l’ensemble des intervenants français et roumains dont je souhaite saluer la disponibilité, invitent à traiter de notre futur numérique commun. Nous sommes tous conscients de l'importance des contenus mais aussi des plateformes. La diffusion via internet est une notion déjà intégrée par les fournisseurs, la question maintenant est « que voir, que lire, sur quel terminal », comment encadrer voire réguler ce foisonnement, comment articuler une économie qui favorise la diversité et la création, quels sont les nouveaux modèles économiques.
Le passage à la télévision numérique est réalisé en France et programmé en Roumanie. C’est une question autour de laquelle nous pouvons échanger et partager notre expérience. Et je salue Louis de Broissia, ambassadeur pour l’Audiovisuel Extérieur de la France, mais aussi président du groupement France numérique, qui nous fait l’amitié de venir parler de ces sujets. Ces journées nous permettront d'aborder aussi d’autres questions, la télévision connectée, les formats pour téléphones mobiles et tablettes, la vidéo à la demande et la diffusion de films dans un nouvel environnement numérique.
Je crois en effet qu'il ne faut pas se contenter de dire que la révolution numérique est en marche, il faut pouvoir en tirer toutes les conséquences sur la création et la diffusion des contenus culturels.
Les professionnels, les législateurs, les créateurs doivent pouvoir échanger afin que cette transformation se fasse au bénéfice de la société, de l’économie et de la culture. C’est, je l’ai dit, un enjeu stratégique.
Stratégique pour la place de la Roumanie dans les instances européennes et multilatérales. La Roumanie est l'un des premiers pays signataires de la convention de l'UNESCO pour la diversité culturelle. La commission européenne a toujours veillé à ce que les programmes européens soit disponibles dans l’ensemble des pays membres – à la télévision et au cinéma. C’est déterminant bien entendu pour renforcer une réelle identité européenne. Par ailleurs, la Roumanie est un pays francophone, cette francophonie doit être vivante et s’illustrer de la meilleure manière qui soit. La présence de TV5, voire de chaines comme ARTE ou MEZZO dans le futur paysage audiovisuel roumain est fondamentale. TV5 représente les différents courants de cette francophonie partagée et pour ma part je souhaiterais que la télévision roumaine puisse aussi avoir sa place dans TV5 selon des modalités à définir.
Pour la Roumanie, il s’agit également de développer en direction des publics une réelle diversité culturelle. La connaissance, qu’on le veuille ou non, passe aussi par la télévision, par les images, par internet. L’accès à des contenus de qualité, variés, gratuits est une responsabilité qu’une société a envers elle-même. Et là encore, je sais que les professionnels français et roumains peuvent travailler ensemble sur ces sujets.
En effet, je le vois pour le cinéma, la coproduction est un atout formidable pour les professionnels et la création. Je ne peux qu’encourager les projets qui vont dans ce sens. J’espère que ces journées permettront l’émergence de nouvelles idées.
La « révolution numérique » représente un défi. Un défi technologique et industriel d’abord. Et nos débats devront aborder également ce sujet. Nous avons la chance ici d'avoir Louis de Broissia, mais aussi des professionnels français prêts à aider. Je vois également un défi lié à une transformation, une maturation du paysage audiovisuel roumain. La multiplication des chaînes, la fragmentation des audiences nécessitent de se réinventer, et ouvrent de nouvelles opportunités pour les créateurs. Il est important de les associer et de leur garantir une présence forte dans ce nouvel environnement. Le paysage qui se dessine s’adresse à une génération de jeunes, plus ouverte sur le monde, plus curieuse de l’avenir.
Il suffit, pour souligner mon propos, de considérer l’actualité culturelle roumaine. Nous sortons d’un rendez-vous de cinéma voulu par Cristian Mungiu et Thierry Frémaux, délégué général du Festival International de Film de Cannes, intitulé – en français, « Les Films de Cannes à Bucarest ». Nous parlons maintenant d’audiovisuel et de cinéma et nous enchaînerons sur la quinzième édition du Festival du Film Français qui se déroule à Bucarest, Timisoara, Sibiu et Cluj. Je note d’ailleurs la présence de deux actrices et d’une réalisatrice d’origine roumaine dans la sélection. Je ne peux que constater l'intérêt de toute une jeune génération pour ces événements franco roumains. C’est à cette génération que nos débats doivent aussi être dédiés
Je souhaite que ces deux jours – je crois que la relation franco-roumaine est riche au point d'avoir besoin d’un moment à soi - nous permettent de développer notre coopération dans ce domaine où nos talents sont partagés. Je vous souhaite des échanges riches qui j’espère aboutiront à établir de réels liens personnels et durables.
