Discours à l'occasion de la célébration du 11 novembre à Bucarest

Messieurs les ambassadeurs, excellences,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et messieurs les officiers, 
Monsieur le préfet,
Monsieur le maire,
Mesdames, messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui auprès de 132 tombes de Français morts au cours de la Première Guerre mondiale, pour commémorer l'anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918.

Au total ce sont 433 soldats de la Guerre de 1914 qui reposent en Roumanie, aux côtés de leurs camarades, dans les cimetières des villes d’Alexandria, Bucarest, Constanţa, Galaţi, Piteşti, Slobozia et Timişoara. Dans les années qui ont suivi la guerre, les corps de près d’une centaine de nos compatriotes enterrés dans les cimetières roumains ont été ramenés en France à la demande des familles, ce qui explique les espaces laissés vides que vous remarquez dans ce cimetière de Bellu. Ceux que nous honorons ce matin ce sont les autres, les plus pauvres, les plus délaissés. Comment ne pas être émus par leur sort ?

Venus avec des milliers d’autres jeunes Français de France métropolitaine, mais aussi de Madagascar, d’Algérie, du Maroc et d’autres parties de l’Afrique, ces soldats nous ont précédés dans ce pays pour combattre aux côtés des militaires roumains. Victimes des combats mais aussi souvent de la maladie, ils n’ont pas revu leur terre natale.      

Notre présence ici est d’abord un hommage à leur sacrifice, à celui de leur famille et de leurs proches. 

Recueillis devant ces tombes, notre hommage va aussi à tous les militaires morts dans l’accomplissement de leur devoir. Je souhaite rendre hommage tout particulièrement aujourd’hui aux militaires français et roumains engagés sur les théâtres d’opération sous l’égide de l’Union européenne ou de l’OTAN et notamment aux soldats engagés en Afghanistan. Dans cette opération difficile, confrontés aux mêmes menaces, beaucoup de Français et de Roumains ont perdu la vie ou portent aujourd’hui, dans leur chair, des séquelles indélébiles.

Notre présence ici est enfin une façon de réaffirmer notre attachement aux idéaux de paix et de liberté, et de marquer notre volonté d’œuvrer pour une Europe plus unie et plus solidaire, une Europe débarrassée des haines et des préjugés.    

Vive la France, vive la Roumanie, vive l’amitié franco-roumaine.