Commémoration franco-allemande de la Journée du Souvenir (14 novembre 2010)

Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues, Messieurs les généraux, Mesdames, Messieurs,

En célébrant  ensemble la journée du Souvenir, ici en Roumanie, la France et l’Allemagne expriment la volonté commune de nos deux peuples de garder à jamais vivant ce souvenir. Car  nous ne commémorons pas la victoire d’une Nation contre une autre, mais une épreuve qui fut terrible pour nos deux peuples.
Nos deux peuples qui, après s’être tant combattus et avoir tant souffert, ont compris que, pour en finir avec le malheur, ils devaient se tendre la main.

L’amitié franco-allemande est scellée par le souvenir du sang allemand et du sang français mêlés pour
l’éternité à la terre de Verdun, du Chemin des Dames, ou des rives de la Meuse. Et quand on va, à Douaumont, du cimetière français au cimetière allemand, dans le lourd silence de ces lieux où dorment
tant de morts, on parcourt en réalité le chemin qui mène de la guerre à la Paix.

Cette paix, nous n’avons pas su la faire en 1918, non seulement parce que les vainqueurs manquèrent
de générosité, mais aussi parce qu’ils refusèrent de voir le destin tragique qui les liait aux vaincus et
que l’indicible horreur de la guerre venait de révéler, parce que, finalement, il leur manquait la vision d’un avenir commun .

Alors cette paix, nous la construisons depuis le jour où nos deux peuples ont décidé ensemble de faire
l’Europe. Alors, et alors seulement, ils mirent un terme à l’engrenage fatal de la guerre civile européenne, fidèles enfin aux valeurs de civilisation qu’ils ont en partage et qui ont fait dans l’Histoire
la grandeur de l’Allemagne et la grandeur de la France.

Cela fait presque un demi-siècle qu’ensemble nous construisons l’avenir, chacun d’entre nous aimant
son pays d’un amour sincère et profond, servant ses intérêts, mais refusant désormais de confondre l’amour de son pays avec la haine de l’autre.

Par delà nos différences, nous partageons les mêmes valeurs, la même ambition pour l’Europe, la même monnaie. Dès lors il est naturel que s’organise l’association de plus en plus étroite de nos politiques, allemandes et françaises.

L’amitié de l’Allemagne et de la France est un trésor. Nous devons à nos parents qui ont tant souffert
de la confrontation entre nos deux pays, comme nous le devons à nos enfants, de tout faire pour préserver et faire fructifier ce trésor.

Nous le devons aussi à la Roumanie et aux peuples d’Europe. Nous le devons à tous les peuples du monde.

Quand l’Allemagne et la France proposent ensemble, agissent ensemble, l’Allemagne et la France,
alors, peuvent accomplir de grandes choses.

Les mots que le Général De Gaulle adressa jadis au Chancelier Adenauer n’ont pas vieilli : « Sans rien
oublier du passé, nos deux peuples ont décidé de regarder ensemble vers l’avenir ».

Vive la France, vive l’Allemagne !