Discours d'ouverture de la conférence-débat "La Roumanie: Perspectives économiques 2012" (15 novembre 2011)

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de la Chambre de Commerce,
Mesdames et Messieurs,

Parler des perspectives économiques 2012 pour la Roumanie n'est pas chose aisée. En effet, comme vous le savez tous, la Roumanie est fortement dépendante pour ses exportations comme pour ses importations de la zone euro, ses banques sont pour l'essentiel détenues par des banques étrangères, et sa balance des capitaux fortement dépendante des apports extérieurs.
Or, force est de constater que la zone euro se porte mal, en raison d'une accumulation d'endettements publics qu'il n'est pas facile de juguler, et qui fragilisent certaines de ses économies, en les rendant sensibles aux mouvements spéculatifs des marchés. Les perspectives économiques de la Roumanie sont donc fortement dépendantes de la situation economique générale en Europe, dont les évolutions sont aujourd'hui particulièrement difficiles à prévoir.
Surtout, la zone euro, l'Union européenne, et la plupart des grands pays du Monde me paraissent faire face à une immense crise de la gouvernance, comme si les cadres de concertation et de décision, les procédures démocratiques mêmes, n'étaient plus adaptés aux temps actuels, comme si la rapidité des événements dépassait tout le temps la lenteur des initiatives individuelles ou collectives des dirigeants, comme si ces dirigeants se trouvaient ensemble à discuter des mesures à prendre alors même que le cheval emballé les rapproche du précipice.
Si bien que les marchés imposent leur loi, voire même leurs hommes à la tête des pays européens. Je ne vous cacherai donc pas mon inquiétude, et la difficulté devant laquelle je me trouve de vous donner un message sur l'avenir, tant il est difficile de faire des prévisions.
Mais, en dépit de ce contexte difficile, la Roumanie dispose d'atouts réels. À elle de les faire valoir pour sortir de la crise. Permettez moi de les rappeler : la qualité de la force de travail, les ressources naturelles, la formation, la recherche, la situation géographique, l'agriculture, la constitution d'une filière automobile solide, l'expertise des nouvelles technologies, bien d'autres encore.
J'ajouterais qu'elle a réussi son plan d'ajustement, devenant l'un des élèves modèles du FMI. Si elle conserve l'espoir d'entrer dans la zone euro en 2015, elle devra peut être  patienter un peu, mais elle s'y prépare résolument. Le budget 2012 semble se situer dans cette perspective.
Parmi le retour à des bons fondamentaux, je relèverai aussi la remise en ordre de la spéculation immobilière, la bonne tenue de la monnaie locale, le taux de défaillances qui reste modéré.
Bien entendu, de nouveaux efforts restent à faire. Le principal consiste bien sur dans l'amélioration de l'absorption des fonds européens, et j'ai vu dans le programme que vous aviez prévu d'y réfléchir. C'est évidemment une clef de la croissance future. Mais il y en a certainement d'autres : nous avons fait des propositions constructives dans le domaine de l'énergie, nous attendons que se réalisent des partenariats public privé en particulier avec les collectivités locales. Nous attendons des procédures d'appels d'offres plus transparentes, une lutte plus résolue contre la corruption.
Au total, c'est par l'économie réelle que l'on sortira de cette crise, et nos entreprises françaises de Roumanie sont bien placées pour prendre ce tournant.
Je vous remercie.