Discours de l'Ambassadeur à l'occasion de la commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Messieurs les Officiers et Sous-Officiers,
Mesdames, Messieurs,
Avec la disparition du français Lazare PONTICELLI, et plus récemment du britannique Harry PATCH, le 25 juillet dernier, il n’y a plus aujourd’hui parmi nous de vétérans à avoir servi dans les tranchées lors de la Première guerre mondiale.
Plus aucun témoin de ce premier conflit majeur de l’Humanité n’est encore là pour témoigner devant nous de la souffrance et de l’horreur.
Le Temps va mettre une distance entre nous et eux, entre leur génération et la nôtre. Leur souvenir vivant va s’effacer, comme s’efface le souvenir de nos morts.
Mais il nous reste la mémoire.
Nous sommes ensemble pour nous souvenir et rendre hommage à ces hommes, brisés par un conflit qui a fait s’affronter des peuples entiers.
C’est avec émotion que je pense à nos 433 soldats morts pour la France sur cette terre de Roumanie. En pensant à eux, à leur souffrance et celle de leurs familles, nous songeons aussi aux milliers de soldats allemands et aux milliers de soldats roumains morts au champ d’honneur.
Après le second conflit mondial, le peuple allemand et peuple français qui s’étaient tant combattu, ont su trouver le chemin de la réconciliation et poser les fondements d’une paix durable sur le continent. Nos deux pays ont aujourd’hui atteint un niveau de coopération inégalé dans le monde.
L’exemple de cette amitié nous permet de croire, en ce début du XXI°siècle, dans un monde ravagé par toutes sortes de conflits et de crises, à une Europe porteuse de liberté et de paix.
N’est-ce pas cela le plus bel hommage à rendre à ces combattants que nous honorons aujourd’hui, sans distinction de race, de religion ou de nationalité ?
N’est-ce pas ce rêve qu’ils ont tous fait avant que la mort ne vienne les prendre dans leur jeunesse ?
Tous ces pères, tombés dans la boue des tranchées, tous ces hommes tombés plus jeunes encore qui reposent partout en Europe, dans des cimetières qui se ressemblent, c’est parce qu’ils ont tant souffert, c’est de leur sort tragique, que nous concevons jour après jour un avenir européen collectif.
Chers amis, souvenons-nous, mais tournons-nous aussi vers demain. C’est le sens que j’ai voulu donner à cette cérémonie de recueillement commune à l’Allemagne et à la France.
La France qui a aidé la Roumanie à rejoindre sa famille européenne se réjouit de voir ces deux grands pays à nouveau réunis. Les liens privilégiés forgés par notre histoire commune et qui se manifestent ici à Bucarest par votre présence doivent être maintenus et développés.
Ces liens doivent être mis au service d’un avenir européen, que l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, maintenant proche, nous permet de regarder avec confiance.
Aujourd’hui, la politique de défense et de sécurité est l’un des volets les plus dynamiques de la construction européenne : de plus en plus cohérente, et visible. Elle est aussi complémentaire de l’action de l’Alliance atlantique, dans un cadre stratégique bientôt révisé. Roumanie, Allemagne, France, aujourd’hui ensemble dans l’OTAN et l’Union Européenne, construisons un avenir de paix, pour nos enfants et leur descendance, mais aussi pour ces soldats de 20 ans à qui nous devons le respect.
Faisons le pour eux, ensemble.
