Discours de l'Ambassadeur de France à l'occasion de la fête nationale de France (14 juillet 2010)
Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Président du Sénat, Messieurs les Ministres,
Mesdames et messieurs,
Le 14 juillet est chaque année l'occasion pour la communauté française de Roumanie de célébrer la fête nationale ici, à la Résidence, avec ses partenaires et amis roumains, et c'est pour moi la troisième fois que j'ai ce grand honneur et cette grande joie.
Je suis très heureux, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Président du Sénat, Messieurs les Ministres, que vous ayez répondu à notre invitation et que vous honoriez cette commémoration et cette soirée de votre présence.
Avant toute chose, et alors que nous nous apprêtons tous ensemble à célébrer cette fête, je voudrais que nous ayions une pensée pour les populations des villes et villages roumains qui sont touchées par les inondations. Je regarde avec beaucoup d’émotion les images qui montrent l’ampleur de ce désastre, je comprends leur désarroi, j’admire leur courage, et je veux leur dire ma profonde solidarité et celle de la France.
Pour les Français, le 14 juillet est le moment de resserrer les rangs, de se rassembler, et de délivrer un message de confiance et d'espoir collectif. C'est particulièrement justifié cette année, plus encore que les autres, car l'année 2010 restera sans doute, dans la mémoire des Européens, et singulièrement des Roumains, comme une année charnière. Après plusieurs années d'une très forte croissance, tirée notamment par des investissements étrangers attirés par la perspective de l'intégration européenne, la Roumanie a subi en 2009 une très forte récession et 2010 va connaître également une croissance négative.
En France et en Europe, il faut procéder à des exercices d'économie douloureux, revoir nos acquis sociaux, et notamment rééquilibrer les régimes de retraite, et réinventer un modèle de croissance. Il faut aussi trouver dans une analyse sérieuse et approfondie de nos forces et de nos faiblesses les voies et moyens d'un renouveau. Oui, je crois qu'il y aura un avant et un après la crise.
Cette crise, qui se prolonge et qui prend des effets parfois inattendus, doit amener les pays européens à faire preuve de plus de solidarité, de plus de compétitivité et de plus d'unité. Elle ne doit pas nous amener à renoncer à nos valeurs, ni à nos efforts, mais au contraire renforcer le contrat qui lie entre eux les peuples qui composent l'Union européenne. Ils ne doivent pas sortir de la crise divisés, ils ne peuvent pas s'en sortir divisés. Tel est le message que le Président Nicolas Sarkozy tient à faire passer, en permanence, sans arrogance, mais avec fermeté. Tel sera le sens de la présidence française du G8 et du G20 l'année prochaine.
La Roumanie peut compter sur la solidarité européenne, qui s'est déjà manifestée pour accompagner l'aide du FMI. Je suis persuadé que ses efforts trouveront une contrepartie dans le maintien et l'approfondissement de cette aide, en particulier au moment de la révision de la politique agricole et des perspectives budgétaires de l'Union européenne.
La Roumanie peut également compter sur le soutien de la France, qui a conclu avec elle un partenariat stratégique. Ce partenariat est aujourd'hui en phase de révision, pour sa partie opérationnelle. Nous comptons avec la Roumanie renforcer notre coopération dans le domaine énergétique, selon les voies qui ont été tracées par le Président Basescu lors de sa visite en France, et dans les domaines de l'agriculture, des infrastructures de transport et de l'environnement.
Nous poursuivrons notre soutien aux filières francophones et à la francophonie dans ce pays.
Mais permettez-moi, alors que le sommet de la Francophonie de Bucarest a eu lieu il y a cinq ans seulement, de lancer un appel aux autorités roumaines pour qu'elles n'oublient pas leur engagement en faveur du français, et qu'elles fassent de la francophonie une véritable priorité politique : notre partenariat s'appuie sur la francophonie et l'usage du français par les Roumains. Il puise dans l'histoire des relations culturelles entre la Roumanie et la France une grande partie de sa force et de son énergie, et c'est à l'honneur de la Roumanie de perpétuer cette tradition, que peuvent menacer certaines réformes du système éducatif si l'on n'y prend pas garde.
Dans cette période difficile, je souhaiterais rendre hommage aux entreprises rassemblées dans la Chambre de commerce franco-roumaine, et dans les principaux investisseurs et partenaires de l'Ambassade représentés par les conseillers du commerce extérieur de la France. Leur engagement à mes côtés est indispensable, et mon engagement à leurs côtés est total. Ils sont les fers de lance de la présence française en Roumanie, et leur attachement à ce pays est remarquable. Je souhaite que, dans une perspective d'intégration européenne, des efforts soient faits pour améliorer l'environnement des affaires, accroître la transparence et améliorer la compétition économique. Ces entreprises ont acquis une expérience de la Roumanie et une connaissance du marché irremplaçables. Il ne faut pas les décevoir.
Elles m'ont aidé à organiser cette fête et je veux leur dire un très grand merci.
Je vous souhaite un bel été et un joyeux 14 juillet.
Vive la Roumanie, Vive la France !
