Discours de remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur à la Princesse Margareta de Roumanie (16 octobre 2009)

Sire, Madame,
Madame, Monseigneur,
Monsieur le ministre,
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

C’est pour moi à la fois un grand honneur et un grand bonheur, Madame, de vous accueillir aujourd’hui dans cette Résidence de France pour vous remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur.
Votre famille, Sire, a été souvent distinguée ainsi, en d’autres temps. Et ses mérites, à l’époque, étaient ceux d’une Maison alliée de la France, dans les bons et les mauvais jours. Les liens qu’elle entretient avec mon pays sont donc anciens, mais aussi très étroits. Vous êtes ici chez vous, dans la Maison de la France, à bien des titres, dont le moindre n’est pas d’avoir choisi pour épouse une princesse française. Vous m’avez fait  l’honneur, Sire,  de m’inviter au concert que vous avez offert à l’Athénée en juin 2008 pour célébrer vos noces de diamant, et j’en garde le souvenir d’une grande émotion partagée.
Mais ce soir, il s’agit de reconnaître, non pas une naissance, ou la vaillance aux combats, ou bien une alliance diplomatique, mais  les mérites éminents d’une action caritative exceptionnelle.
Vu de France, Madame, vos mérites découlent, en premier lieu, de votre volonté constante de mobiliser pour venir en aide aux familles les plus précaires et aux personnes les plus fragiles que sont les enfants et personnes âgées.
Cet engagement très fort et constant s’appuie tout d’abord sur une connaissance des mécanismes de la précarité, acquise dans un premier temps grâce à votre formation, puis par le biais de vos activités professionnelles.
En effet, après des études de science politique et de droit international à l’université d’Edimbourg, votre grande ouverture d’esprit vous incite à vous spécialiser en sociologie médicale et en santé publique et vous amène à prendre part à différents projets conduits, dans le monde entier, par des agences des Nations unies.
Portée par ces premières expériences, vous poursuivez ensuite une carrière au sein des Nations Unies, à la FAO et au Fonds international pour le développement agricole, où vous menez des actions visant à sensibiliser les opinions publiques aux problèmes de nutrition et de pauvreté en Afrique et en Amérique du Sud.
C’est donc forte d’une exceptionnelle ouverture sur le monde que vous rentrez en Roumanie, où vous choisissez de vous installer, dans une période de grande transformation de la société roumaine. Là, vous n’hésitez pas à prolonger votre engagement en créant, avec votre père, la Fondation Princesse Margareta de Roumanie, à la tête de laquelle vous vous êtes tellement distinguée par votre dynamisme qu’aujourd’hui la fondation compte, en plus de Bucarest, des bureaux à Londres, Genève, Bruxelles, New York et Paris, pour soutenir plus de 10 projets et centres communautaires implantés dans votre pays.
Ce succès de votre fondation n’est pas étranger non plus, je le crois, à la conception sur laquelle elle s’appuie, celle de la responsabilité sociale des entreprises. Elle est, il faut le souligner, d’une grande actualité puisque les conséquences de la crise que nous connaissons aujourd’hui rappellent qu’aucune réussite financière ou économique n’est durable sans une relation équilibrée et harmonieuse avec la société.
J’aimerais à ce titre citer ne serait-ce que deux chiffres que je me suis permis de relever dans les documents de la fondation, car, aidée du Prince, vous avez le talent de la communication et vous savez comment frapper les esprits : «1.50€ paye le repas et le logement quotidien d’un enfant» «5.70€ payent la scolarité d’un enfant, pour un mois». Je suis donc heureux que vous ayez obtenu le soutien de donateurs français tels Gaz de France ou L'Oréal Professionnel, et que la fondation organise depuis 2001 avec le groupe Carrefour une « journée inoubliable » à destination de 200 enfants de communautés défavorisées.
J’ai un grand plaisir, ensuite, à témoigner de l’appréciation de la France pour l’amitié que vous portez à notre pays, depuis, j’ose le croire, vos jeunes années de formation dans un lycée français.
Ainsi, vous avez notamment participé, en 2001 et 2002 à deux conférences données à Paris sur le thème : "Ionesco, un Roumain à Paris ou la Roumanie et la France", contribuant par là à intensifier les échanges culturels entre la France et la Roumanie grâce à la mémoire d’un auteur partagé entre nos deux pays et dont nous célébrons cette année le 100ème anniversaire de sa naissance.
Cela n’est qu’un exemple du dialogue culturel que vous privilégiez, que ce soit pour valoriser la culture roumaine ou pour fédérer les énergies au service de la cause de votre fondation.
J’ajouterai, si vous me le permettez, que vous alliez à ces qualités de dynamisme, de clairvoyance et de détermination, un très grand charme, et que j’ai été personnellement touché par la qualité des échanges particulièrement confiants que vous m’avez fait l’honneur d’entretenir avec cette ambassade depuis mon arrivée en Roumanie.
C’est pour toutes ces raisons que, au nom du Président de la République, je vous remets les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur.