Fête du 14 juillet 2011

Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Ministre,
Messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Votre Altesse Royale,
Mesdames et Messieurs,

Chers  Amis,

Le 14 juillet est pour tous les Français un moment de joie et de ferveur, un moment où nous aimons à nous retrouver ensemble, unis, pour célébrer avec nos amis et nos proches l'honneur de faire partie de notre communauté nationale. C'est bien le cas ici en Roumanie, car les liens qui unissent le pays qui est notre hôte, la Roumanie, et la France, sont des liens très forts et très intimes.

Je vous remercie, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, vous qui êtes de véritables amis de la France et qui l'avez démontré à de nombreuses reprises, d'être parmi nous ce soir pour représenter les autorités roumaines, accompagnés de nombreux et prestigieux invités.

Je me suis souvent demandé, et tout particulièrement à l'occasion d'événements récents, à quoi tenait l'étrange attraction qui unissait la France et la Roumanie, et pour quelles raisons s'était formé ce couple, qui a plus de 130 ans aujourd'hui.

Il y a les raisons du lointain passé, que nous avons célébré à l'occasion de l'exposition sur Napoléon III et les principautés roumaines, ou bien en honorant la mémoire du Général Mathias Berthelot, héros de la première guerre mondiale.

Il y a l'histoire plus récente, qui a vu la France maintenir des relations avec la Roumanie, y compris au moment où elle traversait des heures noires de son histoire, sous le fascisme et sous le communisme, permettant ainsi à de nombreux exilés de se choisir une seconde patrie.

Il y a le long cortège des intellectuels, des savants, des artistes, des philosophes, mais aussi des gens ordinaires qui, nés en Roumanie, ont choisi de travailler, de vivre et de mourir dans mon pays, en contribuant à créer une culture commune.

Il y a aussi ceux de mes compatriotes qui ont choisi de venir vivre ici, d'y fonder une famille et d'y mener des entreprises, grâce à leur seule énergie et à leur courage. Il y a bien sûr les investissements français et les liens économiques qui font de la France le troisième partenaire commercial de la Roumanie.

Il y a le français, cet "idiome idéal pour traduire délicatement des sentiments équivoques ", comme le qualifiait Emil Cioran, autre exilé roumain célèbre dont nous fêtons cette année le centenaire de la naissance. Le français est encore aujourd'hui choisi par de nombreux élèves roumains, fidèles à une tradition séculaire. N'est ce pas le signe d'un véritable  attachement ? C'est peut être le signe d'un amour, ou tout du moins d'un intérêt pour la France ? Napoléon disait en effet "La France, c'est le français quand il est bien écrit."

Mais, pour moi, la France, c'est encore autre chose, et je voudrais vous faire partager cette conviction.

Dans un monde qui est bouleversé par la crise, par des mutations sociales que nous avons du mal à comprendre et à anticiper, la France, c'est un point fixe, qui défend partout des valeurs et des convictions. J'ai eu à coeur de le faire ici, à ma place, pendant le mandat qui est le mien.

Je crois en effet que c'est notre devoir, à nous Français, de porter une parole honnête et sincère, franche et directe, et d'agir pour venir en aide à ceux qui combattent pour la justice. L'heure n'est plus, cher Cioran, aux sentiments équivoques, mais l'heure est venue de dire la vérité. Car, si les peuples se soulèvent aujourd'hui contre les dictatures, c'est parce que leur exigence de justice n'est pas satisfaite, si des discours xénophobes, nationalistes ou populistes, se font entendre ici ou là, c'est parce que nous manquons terriblement de repères. C'est aussi parce que nous avons tous besoin de solidarité. Dans le Monde d'aujourd'hui, les valeurs que portent la République française, la Liberté, l'Egalité et même la Fraternité sont certainement des repères indispensables. 

C'est le sens qu'il faut donner à des initiatives que nous avons prises, comme le Prix des Droits de l'Homme que j'ai eu l'honneur de remettre le mois dernier à la fondatrice et l'animatrice d'une association roumaine qui lutte contre le trafic d'êtres humains GENERATIE TANARA, ou comme la création de l'association franco-roumaine de juristes, ou bien comme la place que j'ai voulu donner lors de cette célébration à l'association PARADA, qui s'occupe des enfants des rues. C'est une des clés de lecture de l'engagement de la France dans le Monde.

Ces valeurs, cet enseignement, j'ai la joie de pouvoir dire qu'ils seront dispensés par le nouveau Lycée français qui sera construit, au cours des deux prochaines années, à Bucarest, grâce à un terrain généreusement mis à la disposition de la Fondation Anna de Noailles par le Gouvernement Roumain. Cet établissement aura au moins 50% d'élèves roumains, et sera certainement une référence et un symbole de notre confiance commune dans l'avenir. Que tous ceux qui contribuent et ont contribué à ce projet soient remerciés ce soir, et, au premier rang d'entre eux le Président Basescu, vous - même Monsieur le Premier ministre et l'ensemble du Gouvernement roumain.

Vive la Roumanie ! Vive la France !