Inauguration de l'exposition Grigorescu au Musée National d'Art de Roumanie (25 octobre 2007)
Permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de m'interroger, en prenant la parole à l'invitation de Roxana Theodorescu, la brillante directrice générale du Musée national, sur les raisons pour lesquelles l'Ambassadeur de France est appelé à s'exprimer à l'inauguration de l'exposition que le musée national d'art de Roumanie consacre au grand peintre GRIGORESCU.
Est-ce, comme l'écrit Emil CIORAN, parce que « au contact des Français, on apprend à être malheureux gentiment » ?
Grigorescu nous en administre avec élégance la preuve contraire. C'est le peintre de la lumière, de la matière, des paysages apaisés, dont témoigne cette œuvre, intitulée «à la lisière du bois », qui illustre joliment le carton d'inauguration de la soirée d'aujourd'hui.
C'est un merveilleux peintre des bords de mer, en Bretagne comme dans la Manche ou sur les bords de la Mer Noire, au point qu'on ne sait dire si la Mer Noire ou la Manche a inspiré une œuvre peinte dans les années 1880. C'est un portraitiste de grand talent, qui sait rendre à merveille la beauté des femmes et leur grâce, mais aussi l'intensité des regards.
Je crois plutôt qu'il a réussi surtout à être lui-même. Les grands peintres français qu'il a côtoyés, l'Ecole de Barbizon, qu'il a fréquentée, lui ont peut-être permis de devenir ce qu'il est, un grand peintre de la nature, de la nature dans toute sa force, celle qui nous donne ce plaisir extrême, celui de la vie, des saisons qui passent et de la terre roumaine, qu'il aime et qu'il exalte.
C'est peut-être alors ce qui justifie ma présence ici, l'intimité naturelle entre la France et la Roumanie, qui va bien au-delà des discours politiques, et que GRIGORESCU exprime à sa manière, pour notre plus grand bonheur.
Je vous remercie.
