Journée européenne du Patrimoine (Târgovişte, 19 septembre 2008)

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président,
Messieurs les Ambassadeurs, Chers collègues,
Chers amis,

Les Journées Européennes du Patrimoine ont 25 ans. Depuis cette date, de plus en plus de pays européens se mobilisent pour faire de cette journée une véritable fête du patrimoine, notre héritage commun. Le Roumanie, bien avant son entrée en Europe, est partie prenante de cette opération. Je salue aujourd’hui les 47 pays qui se mobilisent sous le patronage du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne pour fête ensemble leur patrimoine et l’héritage européen qu’il représente, autour du 20 et 21 septembre de cette année.

Je vous suis très reconnaissant, Monsieur le Ministre, d’avoir bien voulu accepter d’inclure dans le programme des événements liés à ces journées cette visite de la Cour Princière de Targoviste et du monastère Dealu. Avec les ambassadeurs des pays de l’Union Européenne en poste à Bucarest, qui ont accepté de se rendre à notre invitation, je remercie le président du Judet et l’Archevêque de Targoviste de nous accueillir aussi chaleureusement.

Les journées européennes du patrimoine sont l’occasion, partout dans nos pays, d’ouvrir les portes des monuments, d’inviter le grand public à visiter les lieus publics ou privés qui témoignent de l’histoire de nos nations. Elles sont l’occasion pour beaucoup de nos concitoyens de mesurer l’importance qui s’attache à la protection, à la préservation et à la rénovation du patrimoine. Ces journées sont et doivent être populaires. Le patrimoine non seulement monumental, mais urbain et paysager est en effet un bien commun. C’est un des signaux que la Présidence française de l’Union européenne veut adresser aux peuples de l’Europe, et même aux autres peuples du Monde.

Je suis heureux de voir qu’ici en Roumanie, cet appel est non seulement partagé par le Gouvernement, Monsieur le Ministre, mais aussi par le Président, qui vient cette même semaine, de mettre l’accent sur la nécessité de préserver et d’enrichir le patrimoine.

Ces journées sont aussi un formidable encouragement pour tous ceux qui oeuvrent à la sauvegarde, à la restauration et à l’animation de ce patrimoine : responsables politiques, élus locaux dont on ne soulignera jamais assez le rôle déterminant, administrateurs, entrepreneurs, artisans, membres d’associations, propriétaires et mécènes. Le patrimoine nécessite des budgets, une législation adaptée et respectée, une action concertée et beaucoup de passions. Targoviste, de ce point de vue, est un excellent exemple des efforts communs que requiert un grand projet patrimonial : réhabilitation d’un site princier et monacal prestigieux, mais aussi préservation d’un centre historique avec le projet de création d’une Maison du Patrimoine, avec l’aide de tous les pouvoirs publics.

La construction européenne nous a fait prendre conscience du rôle qu’avaient joué dans notre histoire commune et de nos racines certains lieux qui ont été des foyers de formation d’idées, d’échanges spirituels ou de circulation d’esthétiques nouvelles.

Lancé en 2007 par une quinzaine de pays dont la France et la Roumaine, ensemble une fois de plus, le « label du patrimoine européen » est aujourd’hui attribué à une cinquantaine de sites : les chantiers de Gdansk, l’Acropole d’Athènes, l’Abbaye de Cluny, l’Athénée roumain de Bucarest… La France, dans le cadre de la Présidence du Conseil de l’Union Européenne qu’elle exerce, entend faire de ce projet un projet à 27. Nos concitoyens, à travers la fréquentation de ces lieux, doivent avoir le sentiment d’être européens. Un colloque organisé en décembre au Palais des Papes en Avignon visera à constituer le réseau de sites ainsi labellisés.

Je renouvelle mes remerciements à tous les organisateurs de cette visite et je souhaite vivement que ce signal européen donné aujourd’hui, à Targoviste, apporte sa pierre à ce mouvement essentiel d’apprentissage mutuel de l’histoire et de la culture de nos pays.

Je vous remercie./.