Journées Franco-Roumaines de l’Audiovisuel et du Cinéma (18 - 19 octobre 2010)

Monsieur le Secrétaire d’Etat, Cher Vasile Timis,
Monsieur le Président, Cher Michel Herbillon,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Je suis heureux d’ouvrir avec vous les troisièmes Journées Franco-Roumaines de l’Audiovisuel et du Cinéma. S’il y un domaine où les liens entre nos deux pays s’illustrent avec un éclat renouvelé, c’est bien le monde de l’image. 

Depuis plusieurs années, de nouveaux acteurs, des actrices, des réalisateurs roumains sont découverts en France et dans le monde. Je constate aussi que les films et les programmes audiovisuels français sont présents sur le petit et le grand écran ici en Roumanie, en complément de ceux que peut nous offrir TV5, disponible sur le câble. Je suis heureux à cet égard de constater que les représentants des grands médias audiovisuels roumains ont répondu à notre appel.

Pour dynamiser notre relation, j’avais voulu il y a trois ans, un rendez-vous bilatéral bien identifié, en marge des grands marchés internationaux, mais à l'image de ces grandes rencontres plénières qui animent régulièrement le monde de l’audiovisuel et du cinéma. Je suis heureux d'en voir le succès bien établi désormais.

Cette année, en outre, grâce à l’initiative de Thierry Frémaux, délégué général du Festival International de Film de Cannes et de Cristian Mungiu, nos rencontres se doublent des projections d'une sélection de films présentés au dernier festival de Cannes, " Les films de Cannes à Bucarest", et de grands films roumains, dans un dialogue tout à fait enrichissant entre le public, les réalisateurs et les oeuvres. J’ai eu le plaisir d’inaugurer cette manifestation exceptionnelle vendredi dernier, avec la projection de la dernière Palme d'Or, en présence d'un nombreux et jeune public. Nous aurons aussi le plaisir de voir parmi la sélection  trois films français très attendus : Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois, Tournée de Mathieu Amalric et Enter the void de Gaspar Noé. Cette inauguration fut l’occasion de rappeler tous les talents roumains qui, grâce au Festival de Cannes, ont pu connaître et connaissent une carrière internationale. 

Je crois que cette relation franco-roumaine très spéciale a besoin d’un temps à soi, d’un moment d’échange et de réflexion qui permette des réalisations concrètes.

Les Journées Franco-Roumaines de l’Audiovisuel et du Cinéma ont déjà débouché sur des actions concrètes, comme la signature d’un accord de coproduction cinématographique qui a bénéficié aux réalisateurs roumains et français. Elles ont aussi permis la mise en place d’un grand programme d’éducation de lycéens roumains à l’image, soutenu par Cristian Mungiu, Corneliu Porumboiu et bien d’autres.

Alors que la Roumanie vient de se donner la date du 1er janvier 2015 pour la migration vers la télévision numérique et que le nombre de multiplexes et de cinémas 3D se développent fortement,  à Bucarest mais aussi en province, les meilleurs spécialistes français et roumains exposent ici les défis, les risques et les opportunités pour l’industrie et la création audiovisuelle et cinématographique.

Durant ces deux jours, l’Ambassade de France et l’Institut Français de Bucarest, avec l’ensemble des intervenants français et roumains dont je souhaite saluer la disponibilité, invitent à traiter de notre futur numérique.

Michel Herbillon, député, vice-président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l’Assemblée nationale, auteur d’une loi sur le numérique dans le cinéma, nous fait l’amitié de venir parler de la législation et du rôle du politique dans la régulation de l’industrie audiovisuel. 

En effet, le passage au numérique constitue le prochain défi des industries créatives. Dans le secteur du cinéma, la création doit pouvoir s’adapter à de nouvelles formes de production et de diffusion. Dans le secteur des programmes audiovisuels, une évolution considérable se fait jour, telle que le montrent ARTE avec des documentaires interactifs, ou Dailymotion et Trilulilu avec la diffusion de contenu national original sur Internet. 

Dans le domaine du cinéma, le numérique constitue un saut technologique considérable qu'il faut savoir gérer. Comme l'ont montré les débats du dernier conseil européen des ministres de la culture, ainsi que le rappelait vendredi aussi à Bucarest la ministre belge Fadila LANAAN qui le préside en ce moment, il devient de plus en plus urgent de préserver au niveau européen et national un réel réseau de salles pour nos cinémas, et au premier titre pour le cinéma roumain. Cet enjeu de diversité culturelle est évidemment capital.

La France et la Roumanie disposent d’un savoir-faire reconnu dans le domaine des technologies de l’information et des télécommunications. Ce domaine de pointe est d’autant plus important que la convergence entre les télécoms et l'audiovisuel,    en termes de moyens et de support de diffusion, et de contenu de programmes, est désormais réalisée : un programme peut être vu n’importe où, n’importe quand et  sur n’importe quel support.

Je souhaite que ces deux jours nous permettent de renforcer ces relations privilégiées et d’accroître le niveau de coopération dans un secteur en pleine expansion. L’image est pour la France comme pour la Roumanie un sorte de patrie commune. Je vous souhaite de fructueux débats et des échanges, qui,je l’espère ,aboutiront à établir de réels liens personnels.