Ouverture des journées franco-roumaines du cinéma et de l’audiovisuel (26 septembre 2008)

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Secrétaire d’Etat,
Messieurs les Présidents,
Madame la Conseillère,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

Je suis particulièrement heureux d’ouvrir à vos côtés, M. le Ministre, M. le Secrétaire d’Etat, ces premières journées franco-roumaines du cinéma et de l’audiovisuel. D’abord parce que ces journées permettront de débattre de sujets qui sont au cœur du développement des industries culturelles dans nos pays ; ensuite parce que cette rencontre me permet d’accueillir, aujourd’hui, à Bucarest, des acteurs de premier plan du cinéma et de l’audiovisuel en France qui sont, par ailleurs, pour beaucoup, des amis personnels. Permettez moi de remercier tout particulièrement mon ami Michel Boyon, ancien Président de Radio France et Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui nous fait l’honneur d’être présent parmi nous ces deux jours.
A toutes ces personnalités françaises, je souhaite un bon séjour à Bucarest. Vous  constaterez, comme moi, l’extraordinaire mutation de ce pays européen, et je suis sûr que, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, vous allez céder à son charme.
Ces journées sont le fruit d’une collaboration étroite entre l’Ambassade de France et votre Département, Monsieur le Ministre, le Ministère roumain de la Culture et des Cultes. Je remercie tout particulièrement Mme Delia MUCICA de sa contribution à l’organisation de nos travaux.
Nos travaux bénéficient également du précieux concours du Ministère de la Communication et des Technologies de l’information.
Ils se sont, enfin, enrichis des suggestions, idées, propositions de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel roumain, à qui je sais gré du grand intérêt qu’ils ont pris à ce projet dès son lancement, et qui, eux aussi, sont pour beaucoup devenus des amis.

L’audiovisuel en France, en Roumanie, et dans l’ensemble des pays développés, est en pleine révolution.

Plusieurs des grands enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de ce secteur seront évoqués aujourd’hui et demain :
- La convergence des industries des télécommunications et des industries de programmes, portée par les avancées technologiques ;
- Les changements dans les pratiques culturelles induits par le développement des nouveaux canaux d’accès aux films et aux programmes, tout particulièrement d’internet et de la téléphonie mobile ;
- La place des créateurs et la défense des droits d’auteurs, dans cette nouvelle économie ;
- Le rôle déterminant dans ce contexte en rapide mutation des autorités nationales de régulation.

La France, dans le cadre de la Présidence de l’Union Européenne qu’elle exerce, a d’ailleurs inscrit plusieurs de ces sujets parmi ses priorités. Elle s’est fixée 3 objectifs d’ici décembre :
- Faire progresser la réflexion européenne sur les contenus créatifs en ligne et la lutte contre le piratage sur Internet ; cette ambassade organisera d’ailleurs sous la PFUE un séminaire sur le piratage le 27 novembre prochain à Bucarest ;
- Faire adopter une position commune sur la révision des textes réglementaires touchant la régulation des réseaux et services de communication électronique ;
- Promouvoir, dans ce cadre, la diversité culturelle essentielle au maintien d’une création vivante nationale et européenne.
Un colloque européen sur « Les contenus créatifs en ligne » vient de se tenir à Paris. Plusieurs d’entre vous y ont participé. Un Forum « Culture, médias et économie en Europe », sera  organisé à Avignon les 17 et 18 novembre prochains. Nous sommes à la disposition de nos amis roumains pour faciliter leur inscription à ce colloque.

Ces journées seront donc l’occasion d’aborder plusieurs de ces questions, en référence bien sûr au cadre européen, où la France et la Roumanie les traitent aujourd’hui, mais au plan bilatéral. Depuis le mois de février de cette année, nos deux pays sont engagés dans un partenariat stratégique qui fonctionne. C’est le cadre idéal pour dialoguer sur ces sujets d’avenir.

Mais ces journées ont aussi pour vocation de permettre à tous les professionnels qui ont répondu à notre invitation de mieux de se connaître pour mieux travailler ensemble. Elles deviendront annuelles, si vous le voulez bien et y trouvez intérêt.

Tous ensemble nous devons répondre à des questions essentielles, parmi lesquelles : 

Comment donner à nos créateurs les moyens de réaliser leurs œuvres et de les diffuser dans ce paysage en mutation ?

Comment construire l’Europe si n’avons pas la possibilité d’accéder aux oeuvres que nos voisins réalisent et produisent ?

Comment façonner une conscience européenne si nos télévisions publiques n’ouvrent pas largement leur programmation à des œuvres venues des pays qui ont fait le choix de l’Union et comment faire pour qu’elles intensifient leur collaboration ?

La Roumanie et la France ont vécu une exceptionnelle symbiose culturelle au XIX ème et durant une partie du XX ème siècle.

Dans le contexte totalement différent de ce début du XXI ème siècle, mon vœu est que les professionnels de l’audiovisuel et du cinéma français et roumains prennent le relais des écrivains qui les ont précédés. Le formidable élan du jeune cinéma roumain offre l’occasion d’approfondir les échanges, de favoriser la circulation des œuvres, de tisser des liens nouveaux.

Les échanges professionnels que vous aurez contribueront à nourrir les relations déjà établies, et, je l’espère, à en susciter de nouvelles. La rencontre programmée samedi après-midi entre producteurs et réalisateurs devrait, elle aussi, favoriser des projets concrets.
 
En renouvelant mes remerciements à tous les contributeurs à ces journées, je souhaite que nos travaux soient utiles et enrichissants pour la relation franco-roumaine et le dialogue de nos deux pays au sein de l’Europe.